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EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة
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DADOU



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MessagePosté le: Dim 9 Jan - 18:02 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

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MessagePosté le: Dim 9 Jan - 18:02 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 10 Jan - 12:52 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

'Ali Ibn Abi Tâlib - عَلِيّ بْن أَبِي طَالِب



***Son nom et sa généalogie

Il se nomme Abou l-Haçan 'Ali Ibn Abi Talib Ibni 'Abdi l-Mouttalib Ibni Hachim Ibni 'Abdi Manaf.
C'est le cousin paternel du Messager de Dieu.
Sa mère est Fatima Bint 'Asad Ibni Hachim.

***Sa naissance

Il est né dix ans avant que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ne reçoive la révélation.

***Son enfance

Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit à son oncle Al-'Abbâs : "Ton frère Abû Tâlib à une famille nombreuse. Comme tu le vois les gens ont été affligés par la terrible sécheresse et souffrent de la famine. Allons trouver Abû Tâlib afin de le soulager un peu des charges de sa famille. Je prendrai un de ses fils et tu pourras en prendre un autre, et nous prendrons soin d'eux".
"Ce que tu suggères est certainement sage et louable", répondit Al-'Abbâs, et ils s'en allèrent ensemble trouver Abû Tâlib et lui dirent : "Nous voulons te soulager du fardeau que représente ta famille jusqu'à ce que cette période difficile se soit dissipée".
Abû Tâlib acquiesca et dit : " Permettez -moi de garder 'Aqîl (un de ses fils qui était plus âgé que 'Ali) vous pourrez ensuite faire comme bon vous semble".
Ce fut ainsi que Mohammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) prit 'Ali (que Dieu l'agrée) sous sa tutelle, tandis qu'Al-'Abbâs (que Dieu l'agrée) se chargeait de Ja'far (que Dieu l'agrée).
Il fut éduqué entre les mains du Prophète et dans sa maison. Il était surnommé "Haydara" comparativement au lion mais le Prophète l'avait surnommé "Abou Tourab" le père de la terre, c'est le surnom qu'il préférait.

***Sa conversion

Il est le premier à être entré en Islam après Khadija alors qu'il était jeune.

***Son assistance au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dès le début de l'Islam (-10 H. ; 10 ans)

'Ali (que Dieu l'agrée) a fait ce récit : "Quand le verset : {Et prévient ta proche tribu} a été révélée, le Messager de Dieu m'a appelé et a dit : "Ali, certainement Dieu a commandé que je prévienne ma proche tribu, et je sens la difficulté de cette mission. Je sais que quand je les affronterai avec cet avertissement, je n'aimerai pas leur réponse". Alors le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a invité les membres de son clan pour dîner avec lui sur une petite quantité de nourriture et peu de lait. Il y en avait quarante d'entre eux. Après qu'ils avaient mangé, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) leur a parlé : "Ô Enfants d'Abdul Muttalib, par Dieu, je ne connais pas de jeune homme venant des Arabes qui a apporté à son peuple mieux que je ne vous apporté. Je vous ai apporté la bonté de ce monde et de l'Au-delà. Le Tout-puissant a commandé que je vous invite à lui. Qui parmi vous m'aidera dans cette mission et deviendra mon frère, mon exécuteur testamentaire, et mon successeur ?"
Personne n'accepta l'invitation, et j'ai ('Ali) dit : "Ô Messager de Dieu, je serai votre assistant".
Il a tenu mon cou et leur dit : "Celui ci est mon frère, mon exécuteur testamentaire, mon successeur parmi vous. Ainsi écoutez-le et obéissez-lui".
Ils rirent et dirent à Abou Talib : "Il (Muhammad) vous a commandé d'écouter votre fils et de lui obéir"". (Tabari, Ibn Athir 2/62, Ibn Asakir 1/85, As-Souyouti dans Durr al-Manthur 5/97, al-Bayhaqi dans Dalail al-Nabawiya 1/428 et 430, et Ibn Ishaq)

***Son remplacement du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lors de l'hégire, et sa propre hégire ensuite

Lorsque le Prophète fit l'Hégire de La Mecque à Médine, il ordonna à 'Ali de passer la nuit dans son lit, de rester là-bas trois jours pour rendre à leurs propriétaires les dépots confiés au Prophète et de le rejoindre ensuite à Médine. Il émigra de La Mecque à Médine à pied.

***Son mariage avec Fâtima (2 H. ; 21 ans)

'Ali (que Dieu l'agrée), le fils d'Abou Tâlib, rassembla alors son courage et vint demander sa main au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). En présence du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pourtant, il se laissa intimider et perdit sa langue. Il ne quitta pas le sol des yeux et ne put dire un mot.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui demanda alors : "Pourquoi es-tu venu ? As-tu besoin de quelque chose ?"
'Ali (que Dieu l'agrée) ne pouvait toujours pas parler alors le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) suggéra : "Peut-être es-tu venu pour demander Fâtima (رضي الله عنها) en mariage ?"
"Oui" répondit 'Ali (que Dieu l'agrée).
Selon ce qu'on rapporte, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit simplement : "Bienvenue dans la famille" et cela fut prit comme l'approbation du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) par 'Ali (que Dieu l'agrée) et par les Ansars qui l'attendaient dehors.
On rapporte aussi que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) approuva et demanda à 'Ali (que Dieu l'agrée) s'il avait quelque chose à donner en dot. 'Ali (que Dieu l'agrée) répondit que non. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui rappela qu'il avait un bouclier qu'il pouvait vendre.
Ali (que Dieu l'agrée) vendit le bouclier à 'Othman pour quatre dirhams et pendant qu'il se dépêchait de retourner chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pour lui remettre la dot, 'Othman l'arrêta et lui dit : "Je te rends ton bouclier comme cadeau de ma part pour ton mariage avec Fâtima (رضي الله عنها)".
Fâtima (رضي الله عنها) et 'Ali (que Dieu l'agrée) se marièrent donc probablement au début de l'an 2 de l'Hégire. Elle avait environ 19 ans à ce moment, et 'Ali (que Dieu l'agrée) en avait environ 21.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui-même dirigea la cérémonie du mariage. Pour le repas de noce, on servit aux invités des dattes, des figues et une mixture de dattes et de beurre gras appelé hais. Un membre dirigeant des Ansars offrit un bélier et d'autres firent des dons de céréales.
Pour son mariage, on rapporte que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) offrit à Fâtima (رضي الله عنها) et à 'Ali (que Dieu l'agrée) un lit de bois entrelacé de feuilles de palmes, une couverture de lit en velours, un coussin en cuir rempli de fibres de palmes, une peau de mouton, une marmite, une outre en peau et une meule manuelle pour moudre le grain.
Dans l'humble demeure d'Ali (que Dieu l'agrée) il y avait seulement une peau de mouton en guise de lit. Le matin qui suivit la nuit de noces, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) vint chez 'Ali (que Dieu l'agrée) et toqua à la porte. Barakah sortit et le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui dit : "Ô Oum Ayman ? Appelle mon frère pour moi"
"Ton frère ? C'est celui à qui tu as marié ta fille ?" demanda Barakah de façon quelque peu dubitative comme si elle se demandait : "Pourquoi le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) appelle 'Ali (que Dieu l'agrée) son frère ?"
Il faisait référence à 'Ali (que Dieu l'agrée) comme son frère seulement parce que faisant partie des musulmans qui se joignirent à la fraternité après l'hègire, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et 'Ali (que Dieu l'agrée) était donc liés comme des frères.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) répéta ce qu'il venait de dire à plus haute voix. 'Ali (que Dieu l'agrée) vint et le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fit une invocation, invoquant les bénédictions de Dieu sur lui. Puis il demanda Fâtima (رضي الله عنها). Elle arriva se faisant presque toute petite, dans un mélange de respect et de timidité et le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui dit : "Je t'ai marié à la personne de ma famille qui m'est le plus cher", de cette façon il cherchait à la rassurer. Elle ne commençait pas à vivre avec un parfait étranger mais avec quelqu'un qui avait grandi dans la même famille, qui était l'un des premiers à être devenu musulman à un jeune âge, qui était connu pour son courage, sa bravoure et sa moralité, et que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) décrivait comme "son frère dans ce monde et dans l'au-delà".

**Ses enfants avec Fâtima (رضي الله عنها)

Il eut d'elle 4 enfants : al Hasan, al hussein, zaynab al kubra, et oum kalthum al kubra.

**Il n'épousa aucune autre femme durant la vie de Fâtima (رضي الله عنها), après elle il épousa

- khawla bint ja'far ibn qis (il a 1 fils muhammad al akbar)
- layla bint mas'oud (2 fils, 'ubaid allah et abu bakr)
- oum al banin bint hazzam (4 fils, al 'abbas al akbar, 'uthman, ja'far et 'abdullah)
- asma bint 'amis (2 fils yahya et 'awn)
- oum habib bint rabî'a (1 fils 'Omar al akbar et 1 fille rouqayya)
- amamat bint abi l-'as (1 fils muhammad al awsat)
- oum said bint 'ourwa (2 filles oum al hasan et ramlat al kubra)
- muhayyat fille de amri qis (des filles : um hani, maymuna, zeinab asughra, ramla asughra, um kathum as sughra, fatima, umamat, khadija, um al kiram, um salam, um ja'far, jumana, naqisat et une fille qui n'a pas eu de nom)
- Il eu épousa également une esclave qui lui donna une fils [oum walad] (1 fils, muhammad al asghar)

***La bataille d'Ouhoud (3 H ; 22 ans)

L'homme qui commença la bataille d'Ouhoud s'appelait Talha bin Abi Talha, un grand guerrier de l'armée d'Abou Soufyân. Il s'engagea dans le champ de bataille et défia les Musulmans à se battre un contre un. Le défi fut accepté par 'Ali (que Dieu l'agrée) et en moins de deux le corps inerte de Talha gisait sur le sol. L'étendard fut pris par deux de ses frères, mais les deux furent abattus par les flèches des Musulmans.
Neuf Mecquois prirent l'étendard, l'un après l'autre, mais chacun d'eux fut envoyé en Enfer par 'Ali (que Dieu l'agrée). Ensuite, un soldat Ethiopien du nom de Sawaab s'avança sur le champ. Il avait un visage effrayant et en le voyant aucun Musulman n'osa avancer. Cet homme fut tué par 'Ali (que Dieu l'agrée) d'un seul coup.

***Il est choisi pour porter l'étandard des musulmans le jour de la bataille de Khaybar (7 H ; 26 ans)

Selon Abou hourayra (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit le jour de la bataille de Khaybar : "Je donnerai certainement la bannière à un homme qui aime Dieu et Son Messager. Dieu donnera par lui Sa victoire".
'Omar (que Dieu l'agrée) dit : "Je n'ai jamais aimé le commandement sauf ce jour-là".
Je me suis donc précipité à l'avant dans l'espoir d'être appelé à porter l'étendard. Mais le Messager de Dieu appela 'Ali Ibn Abi Tâlib et lui donna la bannière en lui disant : "Marche sans te retourner jusqu'à ce que Dieu te donne la victoire"
'Ali se mit en marche puis s'arrêta un moment sans se retourner et cria : "Ô Messager de Dieu! A propos de quoi dois-je combattre ces gens?"
Il dit : "Combats-les jusqu'à ce qu'ils attestent qu'il n'y a de dieu q ue Dieu et que Mohammad est le Messager de Dieu. Dès qu'ils font cela, ils ont mis à l'abri (de toi) leur sang et leurs biens sauf pour ce qui est de leurs redevances légales et c'est uniquement à Dieu de leur demander des comptes"". (Mouslim)

***Il est chargé d'intercepter une lettre lors de la conquète de la Mecque (8 H ; 27 ans)

Hateb ibn Abi Baltaâ voyant tout ce qui se passait, écrivit une missive pour les Chefs Qoraichites afin de les prévenir de l'attaque des Musulmans.
Ali (que Dieu l'agrée) raconte : "Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) nous convoqua Al Miqdad, Az Zoubayr et moi et nous dit : "Allez à Radwat Khakh où vous rencontrerez une femme portant une lettre, prenez lui cette lettre !"".
Nous partimes au galop et à l'endroit désigné, nous rencontrâmes une femme et nous lui demandâmes de nous remettre la lettre qu'elle portait. Elle nous répliqua qu'elle ne portait point de lettre. Nous la menaçames de la fouiller si elle ne nous montrait pas la lettre. Elle la sortit de ses cheveux, où elle la tenait cachée. Nous retournâmes à Médine et nous remîmes la lettre au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lut la lettre qui contenait des informations sur les plans de l'expédition. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fit venir Hateb et lui dit "Qu'as tu fait ?".
Hateb répondit : "Je n'ai fait cela non dans le but de te trahir ou de renier l'Islam mais uniquement pour que ma famille restée à la Mecque obtiennent une protection de la part des Qouraychites".

***Il est choisi pour garder Médine pendant la bataille de Taboûk (9 H ; 28 ans)

Après le départ du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), les Hypocrites, s'évertuèrent à se moquer de 'Ali en lui disant que le messager de Dieu l'avait laissé derrière lui pour porter son fardeau. Voulant se démontrer que les Hypocrites disaient là des mensonges, 'Ali décida d'aller voir le Prophète. Lorsqu'il rejoignit ce dernier à Jaraf, il lui expliqua la raison de sa venue et la moquerie des Hypocrites.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui dit : "Les Hypocrites sont des menteurs. Je suis venu ici après t'avoir désigné comme mon député. Ô 'Ali! N'es-tu pas content que ton grade soit monté! Tu es à moi ce que Hârûn fut à Mûsâ, à cette différence près qu'il n'y aura pas de Prophète après moi".
Après cette explication, 'Ali retourna à Médine et le Prophète se dirigea vers Taboûk qui se trouvait à une distance de dix étapes de Damas et de Médine à la fois, et sur la frontière de l'Empire romain de l'époque.

***Son pélerinage

En revenant de TAbouk, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pensa au pélerinage. Puis il dit : "Les Polythéistes font la circumambulation tout en étant complètement nus, je redoute le pélerinage à cause d'eux".
Il envoya Abou Bakr (que Dieu l'agrée) à la Mecque et le fit suivre de 'Ali (que Dieu l'agrée) avec pour mission d'interdire désormais le pélerinage aux polythéistes, et de leur accorder un délai de quatre mois pour se convertir, au bout duquel, la guerre serait déclarée entre eux et les Musulmans, s'ils ne se convertissaient pas.
Il est rapporté que 'Ali (que Dieu l'agrée) récita aux Polythéistes des versets de la sourate "Le repentir" (9) le jour de Arafa en ajoutant : "Après cette année, aucun polythéiste ne pourra plus tourner nu autour de la Ka'ba, que seuls les Croyants entreraient au Paradis. Que celui qui a conclu un pacte avec l'Envoyé de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) sache que la durée de ce pacte ne dépasse pas les quatre mois, après l'écoulement de cette période, Dieu et Son Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) désavoueront les polythéistes. C'est bien là ce que Dieu voulait dire par ce verset : {Proclamation de Dieu et de Son Prophète adressée aux hommes le jour du pélerinage : "Dieu et Son Prophète désavouent les polythéistes. Si vous vous repentez, ce sera un bien pour vous ; mais si vous vous détournez, sachez que vous ne réduirez pas Dieu à l'impuissance". Annonce un châtiment douloureux aux incrédules}" (9/1~3).

***L'hommage que lui rend le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lors de son pèlerinage d'adieu (10 H. ; 29 ans)

Dans son pèlerinage d'adieu, et en la présence de plus de cent mille pèlerins au lieu dit de Ghadir Khum, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a déclaré : "N'ai-je pas plus de droit sur les croyants qu'ils n'ont sur eux même ?"
Les gens ont pleuré et ont répondu : "Oui, Ô Messager de Dieu".
Alors le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a levé la main de 'Ali et a dit : "De quiconque je suis son Maître, 'Ali est son Maître. Ô Dieu, aimez ceux qui l'aiment, et soyez hostile à ceux qui lui sont hostile". (At-Tirmidhi, Ibn Mâja, Ahmad, Al-Hakim, An-Nasâi, Al-Haythami, Abou Nou'aym, et At-Tabarani)

***Lors de la maladie de mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), il le trouve proche de la guérison

Selon Ibn 'Abbàs (رضي الله عنهما), 'Ali (que Dieu l'agrée) sortit de chez le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) au cours de sa maladie qui a été suivie de sa mort. Les gens lui dirent : "Ô Abou Hasan! Comment va ce matin le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui)?"
Il dit : "Il est ce matin, par la grâce de Dieu, tout près de la guérison". (Al-Boukhâri)

***Abou Bakr s'excuse d'avoir accepté le califat et 'Ali et Zoubayr affirment qu'il en est le plus digne (11 H)

Sa'd Ibn Ibrahim Ibn 'Abdirrahmân Ibn 'Awf (que Dieu l'agrée) rapporte : 'Abdarrahmân Ibn 'Awf était avec 'Omar Ibn Alkhattab (que Dieu l'agrée) quand Mouhammad Ibn Maslèma cassa le sabre de Zoubayr Ibn Al-'Awwâm, que Dieu l'agrée. Puis Abou Bakr As-Siddiq (que Dieu l'agrée) se leva, sermonna les musulmans et s'excusa auprès d'eux en disant : "Par Dieu! Jamais je n'ai voulu être émir, même pas un seul jour ou une seule nuit. Je ne l'ai jamais désiré et je ne l'ai jamais demandé à Dieu, publiquement ni secrètement, mais j'ai craint la zizanie. Être émir n'est pas pour moi un soulagement, mais on m'a fait porter une responsabilité immense. Je n'ai pas la capacité ni les moyens de l'assumer sauf si Dieu puissant et glorieux me fortifie. J'aurais voulu que la personne la plus capable de l'assumer soit à ma place en ce jour". Les mouhajirins acceptèrent ses paroles et ses excuses. 'Ali et Zoubayr, que Dieu les agrée, déclarèrent : "Nous avons été fâchés uniquement parce que nous n'avons pas assisté à la concertation, mais nous savons qu'Abou Bakr est la personne qui le mérite le plus après le Messager de Dieu, prière et paix sur lui. C'est lui le compagnon dans la grotte et le {Deuxième de deux} (9/40), nous connaissons bien ses vertus et son âge. De plus, de son vivant, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui a ordonné de diriger la prière".

***Ce qui se passa entre 'Ali et Abou Soufyân au sujet du califat d'Abou Bakr (11 H)

Souwèyd Ibn Rafla (que Dieu l'agrée) rapporte : Abou Soufyân entra auprès de 'Ali et 'Abbâs, que Dieu les agrée, et dit : "Ali! Et toi, 'Abbâs! Comment se fait-il que le pouvoir soit pris par le clan le plus vil et le moins nombreux de Qouraych?! Par Dieu! Si tu veux, je lui enverrai (à Abou Bakr) une troupe immense de cavaliers et d'hommes".
'Ali répondit : "Non, par Dieu! Je ne veux pas que tu lui envoies une troupe immense de cavaliers et de soldats. Si nous n'avions pas considéré qu'Abou Bakr en était digne, nous ne l'aurions pas laissé prendre le pouvoir. Abou Soufyân! Les croyants sont des gens qui se veulent le bien et qui sont compatissants les uns avec les autres, même si leurs demeures et leurs personnes sont éloignées. Les hypocrites, par contre, sont des gens qui se trompent les uns les autres même si leurs demeures et leurs corps sont proches. Nous avons prêté serment à Abou Bakr et il en est digne".
Ibn Abjèr rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr As-Siddiq, Abou Soufyân vint voir 'Ali et dit : "Comment la plus vile famille de Qouraych a-t-elle pu vous prendre le pouvoir?! Par Dieu! Je vais leur envoyer une immense armée de chevaux et d'hommes si tu veux".
'Ali répliqua : "Tu es encore l'ennemi de l'Islam et des musulmans?! Cela ne nuira en rien à l'Islam et aux musulmans. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".
Morra Attayyib rapporte : Abou Soufyân Ibn Harb vint chez 'Ali Ibn Abou Talib et dit : "Comment se fait-il que le pouvoir est pris par le clan le moins nombreux et le plus vil de Qouraych (il voulait dire Abou Bakr)? Par Dieu! Si tu veux, je lui enverrai une immense armée de cavaliers et d'hommes".
'Ali répliqua : "Abou Soufyân! Tu as longtemps été l'ennemi de l'Islam et des musulmans, et cela n'a nui en rien à l'Islam. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".

***'Ali répond à Abou Bakr : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas"

Aboul Jahhaf rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr (que Dieu l'agrée) il s'enferma pendant trois jours. Il sortait chaque jour et disait : "Musulmans! J'ai annulé votre serment! Prêtez serment à qui vous voulez". À chaque fois, 'Ali Ibn Abou Talib (que Dieu l'agrée) lui répondait : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Puisque le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) t'a placé à l'avant, qui donc te fera reculer?"
Zayd Ibn 'Ali rapporte : Abou Bakr, que Dieu l'agrée se leva sur le minbar du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et appela : "Y a-t-il une personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne?" Il répéta cela trois fois.
'Ali Ibn Abou Talib (que Dieu l'agrée) se leva alors et répondit : "Non, par Dieu! Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Qui donc pourra te faire reculer alors que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) t'a placé à l'avant?"

***Il convainc Abou Bakr de ne pas sortir en personne pour le combat (11 H)

Aïcha (رضي الله عنها) raconte : mon père partit sur sa monture en brandissant son sabre vers Dhoul Qasça. 'Ali Ibn Abou Talib (que Dieu l'agrée) vint et attrapa les rênes de sa monture en disant : "Où vas-tu, calife du Messager de Dieu?! Je te dis comme t'a ordonné le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) le jour d'Ouhoud : range ton sabre et ne nous cause pas la calamité de ta mort. Par Dieu! S'il nous arrivait un malheur en ta personne, l'ordre de l'Islam ne sera jamais plus rétabli après toi". Abou Bakr retourna alors et envoya l'armée.

***Sa désignation au poste de calife (35 H. ; 55 ans)

Lorsque 'Othman Ibn 'Affan, que Dieu l'agrée, fut assassiné, Talha, Az-Zoubayr et la plupart des Emigrants (Al-Mouhajiroun) et des Partisans (Al-Ansar) se réunirent et vinrent auprès de 'Ali lui prêter serment. Le premier à lui prêter serment fut Talha, puis Az-Zoubayr et le reste des gens, et il fit après le serment un discours pour les gens, les conseilla, puis rentra chez lui. Ceci eut lieu le jeudi, cinq jours avant la fin de dhou l-hijjah, la trente-cinquième année de l'Hégire.
Il racontera à des hommes venus le questionner sur ce qui s'était passé : "Des gens ont attaqué cet homme ['Othmân] et l'ont tué; j'étais à l'écart d'eux; puis ils m'ont nommé dirigeant; n'était la crainte pour [l'avenir de] l'Islam, je n'aurais pas accédé à leur demande". (Fath Al-Bâri 13/72)

***Le jugement des meurtriers de 'Othmân (que Dieu l'agrée)

La discorde va naître de la divergence quant à l'attitude à adopter face aux meurtriers de 'Othmân. C'est un droit des parents de la victime que de réclamer aux autorités que les meurtriers de leur parent soient jugés et exécutés. Malheureusement Alî n'a pour le moment pas les moyens de juger les insurgés et de leur appliquer le talion. En effet, il sent bien qu'appliquer le talion en pareilles circonstances risque de provoquer un embrasement généralisé; il pense donc laisser les choses se calmer et juger plus tard les meurtriers (Fath Al-Bâri 13/107)
Quelques mois passent ainsi. C'est cette absence d'application du talion qui va être mal interprétée par d'illustres personnages : Aïcha, Talha, Az-Zoubayr, Mu'âwiya, Amr Ibn al-As, lesquels vont d'autant plus se méprendre sur les intentions de Alî du fait que les insurgés lui ont massivement fait allégeance, le soutiennent et évoluent dans son entourage.

***La bataille du chameau (36 H.)

Dans la ville de La Mecque, où ils se sont rendus, Talha et Az-Zoubayr vont rencontrer Aïcha, qui y était allée pour le pèlerinage. Ils ne comprennent pas les intentions de Alî et - en toute bonne foi - croient que c'est parce que les insurgés le soutiennent qu'il refuse de leur appliquer le talion. A la tête de tout un groupe, ils partent donc de La Mecque pour l'Irak - pour la ville de Bassora précisément -, pensant y appeler les gens à soutenir leur demande de l'application du talion. (Fath Al-Bâri 12/354, 13/71).
Quand il apprend la nouvelle du départ de ces trois personnages pour l'Irak, 'Ali craint que cela soit le point de départ d'une division de la communauté. (Fath Al-Bâri 13/72)
Alî décide alors, avec l'objectif de clarifier les choses, d'aller, à la tête lui aussi d'un groupe, trouver les trois compagnons partis pour Bassora. Son fils Al-Hassan l'implore de ne pas quitter Médine et d'attendre que les choses se calment d'elles-mêmes (Ibn al-Athîr), mais Alî part quand même; Al-Hassan n'aura d'autre choix que celui de se joindre à son père à coeur défendant.
Si les deux groupes sont sortis avec des effectifs, nul n'a l'intention d'en découdre avec l'autre : Kulayb al-jarmî raconte que les gens de 'Ali disaient : "Nous ne sommes pas sortis pour les combattre - car nous ne combattrons que si eux nous attaquent en premier - mais pour apaiser"; Alî lui-même lui a dit des propos allant dans le même sens. (Fath Al-Bâri 13/72)
Abou Mûssa al-Ach'arî - qui était gouverneur de la ville de Kufa avant l'accession de 'Alî au poste de calife, et que 'Alî a gardé à ce poste - pense pour sa part que la situation est délicate et, bien que 'Ali lui demande de mobiliser des gens de Kufa pour venir grossir ses effectifs, il n'est pas décidé à le faire. 'Ali respecte son choix et envoie alors à Kufa son fils al-Hassan ainsi que 'Ammâr Ibn Yâssir pour mobiliser des gens. (Fath Al-Bâri 13/73).
Arrivés face à face, Alî parle en aparté avec Az-Zoubayr et lui demande : "N'avais-tu pas entendu le Prophète dire, alors que tu pliais ma main : "Tu le combattras alors qu'il sera dans son droit, puis il aura le dessus ?"
- "J'avais effectivement entendu cela ; je ne te combattrai donc pas" répond Az-Zoubayr. (Fath Al-Bâri 13/70)
Il quitte alors les lieux et prend le chemin de Médine (Fath Al-Bâri 6/276).
La situation est en bonne voie d'être résolue pacifiquement. Malheureusement, pendant la nuit, des insurgés parmi les fauteurs de trouble contre 'Othmân, présents dans le camp de 'Alî, attaquent le camp de 'Aïcha. (Fath Al-Bâri 13/72)
Pensant être attaqué par 'Alî, le groupe de 'Aïcha prend les armes pour se défendre. Voyant le groupe de Aïcha l'attaquer sans raison apparente, 'Alî appelle son groupe à prendre à son tour les armes pour se défendre. Et c'est le début de la bataille dite du Chameau (parce que Aïcha sera, au cours du combat, dans un palanquin sur un chameau). La bataille ne dure qu'une journée et se termine en faveur du groupe de Alî. Alî proclame : "N'achevez aucun blessé, ne tuez aucun fuyard et n'entrez dans aucune demeure". (Fath Al-Bâri 13/72).
Az-Zoubayr, dont nous avons vu qu'il avait pris le chemin de Médine avant que les combats débutent, a été tué pendant son sommeil par Amr Ibn Jurmûz, un homme qui était dans le groupe de 'Alî, qui avait retrouvé Az-Zoubayr et qui croyait bien faire en l'assassinant; quand Amr Ibn Jurmûz apporte la nouvelle à Alî, celui-ci lui annonce que le Prophète (sur lui la paix) lui avait dit un jour : "Celui qui tuera le fils de Safiyya (Az-Zoubayr), fais-lui l'annonce de la géhenne". (Fath Al-Bâri 6/276, 7/104).
Aïcha est traitée par 'Alî avec tous les égards qui lui sont dus; il demande à Muhammad Ibn Abî Bakr, frère de Aïcha, de la conduire à Médine. Le Prophète lui avait dit un jour : "Quelque chose surviendra entre toi et Aïcha.
- Je serai alors le plus malchanceux des humains ! s'était exclamé Alî.
- Non, mais quand cela arrivera, fais-la retourner à son lieu de sécurité" (Fath Al-Bâri 13/70).

***La bataille de Siffin (36 H.)

'Ali exige la reconnaissance immédiate de son autorité califale. Il pense que le calife a le droit de combattre ceux qui, sous forme de groupe constitué, ne reconnaissent pas son autorité, même s'ils ne le combattent pas.
Al-Hassan, fils de Alî, implore de nouveau son père : "Ne marche pas contre Mu'âwiya". (Al-Bidâya wan-nihâya cité dans WK p. 50).
Mais Alî décide de le faire pour établir l'autorité califale sur l'ensemble des terres musulmanes. (Fath Al-Bâri 6/753)
Questionné au sujet de la marche qu'il a ainsi entreprise, avait-elle comme source un dire du Prophète ou un avis personnel, Alî répondra : "Le Prophète ne m'a rien recommandé à ce sujet, ce n'est qu'un avis personnel". (Abou Dâoûd 4666).
Les deux groupes se font face à Siffîn en dhul-hijja 36. Ils parlementent, essaient de trouver une issue pacifique à la crise. Ils n'y parviennent cependant pas, et en safar 37, c'est le début des combats.
La bataille tourne à la faveur de Alî. Amr Ibn al-As recommande alors à Mu'âwiya d'appeler à un arbitrage sur la base du Coran pour mettre fin au différend qui existe entre eux. Alî, confiant dans le fait qu'il est dans son droit, accepte en disant : "J'ai priorité pour cela ; que le livre de Dieu soit donc entre nous !". (Fath Al-Bâri 8/748)
Il est prévu que, dans le but de cesser de faire couler le sang, deux hommes soient désignés comme arbitres, l'un du groupe de Alî et l'autre de celui de Mu'âwiya, et que leur décision fasse autorité. Muâwiya présente Amr Ibn al-As, tandis que Alî est représenté par Abou Mûssa al-Ash'arî (il avait proposé un autre personnage mais il a dû céder devant l'avis de son groupe). L'arbitrage doit se dérouler en ramadan 37 à Dûmat al-jundul, à Adhruh.
Ceux qui - dans le groupe de Alî - refusent l'arrêt des combats et cet arbitrage quittent, mécontents, ses rangs ; cela leur vaudra le nom de "kharidjites", "les sortants". Ils étaient déjà opposés à Mu'âwiya et à Amr Ibn al-As; ils sont maintenant opposés à Alî aussi.
En ramadan 37, les deux arbitres, Abou Mûssa al-Ash'arî et Amr Ibn al-As, se rencontrent à l'endroit prévu. Al-Mughîra Ibn Shu'ba s'y rend lui aussi. Les deux arbitres envoient appeler Abdullâh Ibn Omar et Abdullâh Ibn az-Zubayr. D'autres personnalités de Quraysh s'y rendent elles aussi. (Abdour-Razzâq)
L'arbitrage ne donne pas de résultats concrets. (Fath Al-Bâri 12/356)

***Retourné à Kufa, il doit faire face à l'insurrection des kharidjites

Ibn Hajar relate comment Alî fait tous les efforts possibles pour montrer aux kharijites qu'ils se trompent, qu'ils reprennent une parole de vérité ("Dieu seul est l'Arbitre") mais la comprennent et l'appliquent de façon entièrement erronée.
Alî dépêche auprès d'eux Ibn 'Abbâs ; celui-ci leur parle et 20.000 d'entre eux reviennent, pendant que 4.000 persistent dans leur déviance. Alî leur dit alors : "Nous vous garantissons malgré tout trois droits : nous ne vous empêcherons pas de venir dans les mosquées, nous ne vous priverons pas de votre part dans la redistribution fiscale (fay'), et nous ne vous combattrons pas tant que vous-mêmes ne créerez pas l'oppression".
Les kharijites se réunissent ensuite à Ctésiphon. Alî ne cesse de correspondre avec eux pour leur demander de revenir. Ils refusent et lui demandent de reconnaître d'abord qu'il a, lui, apostasié, et donc de se repentir. Alî continue sa correspondance, mais cette fois ils sont à deux doigts d'assassiner son émissaire. Puis ils prennent comme résolution que tout musulman n'appartenant pas à leur groupe pourra être tué et volé. Et ils se mettent effectivement à tuer ceux qui passent près du lieu où ils se sont établis. C'est seulement alors que Alî part les combattre. Il les écrase à Nehrawân, en l'an 38 (Fath Al-Bâri 12/355-356, 12/369-372)

***Sa mort (40 H. ; 60 ans)

Il est mort le 21 Ramadhan de l'an 40H, à 60 ans. Il fut tué par la main d'un kharijite (parmi le peu qu'il en restait) dont le nom était 'Abdou r-Rahman Ibn Mouljam Al-Mouradiyy. Son califat dura quatre ans et neuf mois.
Al-Haçan, Al-Houçayn, et Abdoûllah Ibn Ja'far s'occupèrent de son lavage. Al-Haçan dirigea la prière funéraire qu'ils firent pour lui et il fut enterré peu avant l'aube. Certains disent en face de la Qibla de la mosquée de Koufa. Certains disent devant le palais des gouverneurs et d'autres ont dit au Najaf. Mais la vérité est qu'ils ont dissimulé sa tombe honorée par crainte des nuisances de la part des kharijites.

***Ses mérites

Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) disait à 'Ali (que Dieu l'agrée) : "Ta position envers moi est comme celle de Aron à Moise, mais il n'y aura aucun Prophète après moi". (Al-Boukhari, Mouslim, Ibn Mâja, Ahmad, An-Nasâi, At-Tahawi)
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Certainement Dieu ma commandé d'aimer quatre personnes et m'a informé qu'Il les aime".
Les compagnons ont demandé : "Ô Messager de Dieu qui sont ces quatre personnes".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "'Ali en fait partie -le Prophète le répéta trois fois-, Abou Dhar, Salman al-Farsi, et Miqdad ". (Ibn Mâja n°149, Al-hâkim, Ahmad)
Il a aussi été rapporté que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Le Paradis désire ardemment trois hommes : 'Ali, 'Ammar et Salmân". (at-tirmidhi n°3884)
Le Calife 'Omar, répétait souvent : "Que je ne sois jamais confronté à un problème complexe sans trouver Abou l-Hassan pour le résoudre". (Tabaqât Ibn Sa`d, 2/339)

***Sa description physique

Il était, que Dieu l'agrée, mat de peau, ses yeux étaient grands et noirs, avec un beau visage, de taille moyenne, avec un peu de ventre, poilu, la barbe large.




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MessagePosté le: Lun 10 Jan - 13:41 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

Abou Hourayra - أَبُو هُرَيْرَة


***L'origine de son surnom

Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) éprouve beaucoup d'affection pour les animaux, et plus particulièrement pour les chatons : Il en garde d'ailleurs constamment un en sa compagnie; c'est ce qui explique son surnom (qui signifie littéralement "le père des chatons"), qui lui a été donné par le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui).

***Sa conversion

Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) se convertit à l'Islam en l'année de Khaybar (7 H) alors qu'il appartenait au chef de la tribu des Daws. Cette tribu vivait dans la région de Tihamah qui s'étendait le long de la Mer Rouge, au sud de l'Arabie Saoudite. Quand At-Tufayl retourna à son village après sa rencontre avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et sa conversion à l'Islam, au tout début de la mission, Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) fut l'un des premiers à répondre à son appel, contrairement aux autres membres de la tribu qui s'entêtèrent longtemps dans leurs anciennes croyances.
Souvent, il louait Dieu pour sa bonne fortune et disait : "Louange à Dieu qui a guidé Abou Hourayra à l'Islam, gloire à Dieu qui a enseigné à Abou Hourayra le Coran. Louange à Dieu qui a accordé à Abou Hourayra la compagnie de Mouhammad, que Dieu le bénisse et lui accorde la paix".

***Sa première rencontre avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)

Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) accompagnait At-Tufayl lorsque ce dernier se rendit de nouveau à la Mecque. Il y eut le privilège et l'honneur de rencontrer le noble Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui lui demanda :
- "Quel est ton nom ?
- Abdu Chams- serviteur du soleil, répondit-il.
- Remplace-le par Abdur-Rahman - serviteur du Tout Miséricordieux, dit le Prophète.
- Ca sera donc Abdur-Rahman, ô Messager de Dieu, acquiesça-t-il."
Il continua néanmoins à être connu sous le nom d'Abou Hourayra (que Dieu l'agrée), car comme le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) il affectionnait les chats et depuis l'enfance, il a toujours eu un chat pour jouer. Abou Hourayra demeura à Tihamah pendant plusieurs années avant de partir pour Médine en l'an 7 de l'Hégire avec les autres membres de sa tribu.

***L'invocation du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) en sa faveur concernant la science

Zayd Ibn Thabit (que Dieu l'agrée), le notable compagnon du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) rapportait : "Nous étions Abou Hourayra, un ami et moi-même en train de prier Dieu Tout Puissant et d'effectuer le dhikr dans le Masjid, lorsque le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) apparut. Il se joignit à nous. Nous nous tûmes et il dit : "Poursuivez ce que vous étiez en train de faire". Alors mon ami et moi fîmes une invocation à Dieu et le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) de dire amin à nos duas. Ce fut ensuite au tour d'Abou Hourayra (que Dieu l'agrée).
Il fit la supplication suivante : "Ô Seigneur, je Te demande ce que mes deux compagnons t'ont demandé et je Te demande le savoir qui ne sera pas oublié".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit amin. Ensuite, nous répétâmes : "Et nous demandons à Dieu le savoir qui ne sera pas oublié".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) répondit : "Le jeune Dawsi a demandé cela avant vous".

***La conversion de sa mère et son comportement avec elle

Un jour, alors qu'il l'invitait à avoir foi en Dieu seul et à suivre Son Prophète, elle dit des choses sur le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui attristèrent grandement Abou Hourayra (que Dieu l'agrée). Les yeux pleins de larmes, il se rendit chez le saint Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui lui demanda :
" Qu'est-ce qui te fait pleurer, Ô Abou Hourayra ?
- Je n'ai pas cessé d'appeler ma mère à l'Islam mais elle me repousse toujours. Aujourd'hui, je l'ai une fois de plus invitée à l'Islam et je l'ai entendue dire des mots que je n'aime pas. S'il te plait, implore Dieu le Tout-Puissant d'incliner le cœur de la mère d'Abou Hourayra à l'Islam".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit alors : "Ô Dieu ! Guide la mère de Abou Hourayra".
Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) racontait : "Je suis rentré chez moi et j'ai trouvé la porte fermée. J'ai entendu l'eau éclabousser. Lorsque j'ai essayé d'entrer, ma mère me dit de rester où j'étais. Une fois habillée, elle me laissa entrer dans la pièce et là elle dit : "Je témoigne qu'il n'y a d'autre dieu que Dieu et je témoigne que Muhammad est son Serviteur et Son Messager".
Je suis retourné chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), pleurant de joie alors que l'heure précédente je pleurais de tristesse. " J'ai de bonnes nouvelles, Ô messager de Dieu. Dieu a répondu à ta prière et a guidé la mère d'Abou Hourayra à l'Islam". (Mouslim)
Puis il ajouta : "Ô Messager de Dieu ! Demande à Dieu de faire en sorte que moi-même et ma mère, nous soyons aimés des croyants et des croyantes". Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) s'adresse alors à Dieu en ces termes : "Ô Dieu ! Fais que cet humble serviteur que tu as là ainsi que sa mère soient aimés par chaque croyant et croyante".
Toute sa vie durant Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) se comporta avec gentillesse et courtoisie envers sa mère. Chaque fois qu'il sortait, il s'arrêtait au seuil de sa chambre pour lui dire : "la paix soit sur toi mère ainsi que la clémence et la bénédiction divine".
Elle répondait par : "et sur toi soit la paix, mon fils, ainsi que la clémence et la bénédiction divine".
Souvent, il ajoutait : " Que Dieu soit miséricordieux envers toi tout comme tu m'as soigné lorsque j'étais enfant".
Elle répondait : " Que Dieu soit miséricordieux envers toi comme tu m'as délivrée de l'erreur alors que j'étais vieille. " Abou Hourayra encourageait toujours les comportements doux et bons envers les parents.
Un jour, il vit deux hommes, l'un plus vieux que l'autre marchant ensemble. Il demanda au plus jeune : " Qui est cet homme pour toi ? "
- "Mon père", répondit-il.
- "Ne l'appelle pas par son nom. Ne marche pas devant lui et ne t'assois pas avant lui", conseilla Abou Hourayra.

***Les ahâdîths qu'il rapporte du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)

Pendant les quatre années qu'il passa en compagnie du saint Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Abou Hourayra réussit, grâce à sa formidable mémoire, à mémoriser les joyaux de sagesse émanant de la bouche du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Conscient de son don, il décida de l'employer au service de l'Islam.
Cette faculté, Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) va l'utiliser au service de la propagation des enseignements prophétiques. Ainsi, comme il n'exerce pas d'activité professionnelle –il le dit lui-même, il n'a ni terre à cultiver (contrairement à ses frères Ansâr), ni commerce à entretenir (contrairement à ses frères Mouhâjirin) -, il profite de sa disponibilité pour rester constamment en compagnie du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), à écouter et, surtout, à retenir ses moindres propos.
Il avait du temps libre car contrairement aux autres Muhajirin (Emigrés), il ne s'affairait pas sur les marchés et contrairement aux Ansar, il n'avait pas de terre à cultiver. Il préférait de fait accompagner le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dans ses voyages et expéditions. Impressionnés par sa mémorisation des hadiths, certains compagnons l'interrogeaient souvent sur la période et le contexte d'un hadith.
Avec les compagnons tels que Abdullah fils d'Omar, Anas fils de Malik, la Mère des Croyants Aisha, Jabir Ibn Abdullah et Abou Sa'îd Al-Khudri, il fait partie des principaux transmetteurs de Hadîth. Ils ont transmis plus de mille paroles du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui).
Il est rapporté que lui-même, son épouse et sa fille ont pour habitude de se relayer toute la nuit - chacun occupant un tiers de celle-ci - pour prier et accomplir des actes de dévotion. Ainsi, il ne se passe pas un instant sans n'il y ait quelqu'un qui ne fasse la salât, le dhikr ou la récitation du Coran chaque nuit dans la maison de Abou Hourayra (que Dieu l'agrée).

***Les souffrances qu'il subit pour la cause de Dieu


Il disait : " Lorsque je souffrais sévèrement de la faim, j'allais trouver un compagnon du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) à propos d'un verset du Coran. Je restais en sa compagnie pour l'étudier et pour qu'il m'emmène chez lui et me donne à manger. Un jour, j'avais tellement faim que j'ai mis une pierre sur mon estomac. Je me suis ensuite assis en attendant le passage des compagnons.
Abou Bakr (que Dieu l'agrée) approcha : je l'interrogeais sur un verset du Coran afin qu'il m'invite, mais il ne l'a pas fait. Ensuite, 'Omar Ibn Al-Khattab (que Dieu l'agrée) passa. De même, je l'interrogeais sur un verset. Lui non plus ne m'invita pas. Enfin, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu soient sur lui) passa et se rendit compte que j'avais faim.
Il dit : " Abou Hourayra ! ".
"A ton service, répliquais-je en le suivant jusque chez lui".
Il trouva un bol de lait et interrogea sa famille sur sa provenance. "Quelqu'un te l'a Envoyé", répondit-on.
"Ô Abou Hourayra, va trouver les Ahl as-Suffah et invite-les", proposa alors le Prophète. "
Abou Hourayra les invita et tous burent du lait.
Vint, bien sûr, un temps où les musulmans furent comblés d'une grande richesse et du confort matériel. Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) put également jouir de sa part de richesse. Il se maria, eut un enfant et un foyer confortable. Toutefois, cette fortune ne changea rien à sa personnalité. Il n'oublia, en effet, pas pour autant les jours de dénuement.
Il disait : " J'ai grandi en orphelin, j'ai émigré en tant que pauvre et indigent. J'ai nourri mon estomac de la nourriture pourvue par Busrah Bint Ghazwan. J'ai servi les gens lorsqu'ils revenaient de voyage et conduit leurs chameaux lorsqu'ils se mettaient en route. Ensuite, Dieu fit que j'épouse Busrah. Gloire à Dieu qui a renforcé la religion d'Abou Hourayra et a fait de lui un imam". [Cette citation est une référence à l'époque où il devint gouverneur de Médine pendant le règne de Marwân Ibn Al Hakam.]

***Ses actes de dévotion

Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) passait une grande partie de son temps en exercices spirituels et d'actes de dévotion pour Dieu. Lui, son épouse et sa fille avaient l'habitude d'effectuer Qiyâm Al-Layl (c'est-à-dire passer la nuit en prières et divers actes d'adoration). Il veillait pendant un tiers de la nuit, son épouse un tiers et sa fille un autre tiers. Ainsi, pas une heure de la nuit ne s'écoulait dans la maison d'Abou Hourayra sans dévotion, dhikr ou prière.

***Après la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu soient sur lui), il est soucieux de la transmission des ahadith

Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) se souciait d'enseigner et de transmettre les hadiths en particulier et ses connaissances de l'Islam en général. On raconte qu'un jour alors qu'il passait par le sud de Médine, il y vit les gens captivés, comme à l'accoutumée, par le commerce.
" Que vous êtes faibles, o gens de Médine ! S'exclama-t-il.
- Quelle faiblesse vois-tu en nous, Abou Hourayra ? Demandèrent-ils.
- L'héritage du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu soient sur lui) est distribué et vous restez ici ! N'irez-vous donc pas chercher votre part ?
- Ou donc, Ô Abou Hourayra ?
- Dans le Masjid."
Ils s'y empressèrent. Abou Hourayra (que Dieu l'agrée) attendit qu'ils reviennent. A leur retour, ils dirent : "Ô Abou Hourayra, nous sommes allés au Masjid et rien n'y était distribué".
" Vous n'avez donc vu personne au Masjid ? Demanda-t-il.
- Si, des gens y faisaient la salat, certains lisaient le Coran et d'autres discutaient de ce qui était halal (licite) et haram (illicite).
- Malheur à vous, répondit Abou Hourayra, c'est justement là l'héritage de Mouhammad, puisse Dieu lui accorder paix et bénédictions".

***Son époque en temps que gouverneur

Durant son califat, 'Omar (que Dieu l'agrée) le désigna gouverneur de Bahrayn. 'Omar (que Dieu l'agrée) était très pointilleux dans ses choix de gouverneurs. Il veillait à ce que ses gouverneurs vivent simplement et ne s'enrichissent pas démesurément quand bien même en toute légalité.
Or, à Bahrayn, Abou Hourayra accumula rapidement des richesses. 'Omar l'apprit et convoqua Abou Hourayra à Médine. S'imaginant qu'il avait acquis sa richesse illicitement, 'Omar l'interrogea sur l'origine de sa fortune. Abou Hourayra expliqua qu'elle provenait de l'élevage de chevaux et de cadeaux reçus.
"Cède ce que tu as accumulé au trésor des musulmans, ordonna 'Omar".
Abou Hourayra s'exécuta. Il leva les mains au ciel et pria : "Ô Seigneur, pardonne au Commandant des Croyants".
'Omar lui demanda ensuite de reprendre sa fonction de gouverneur, mais Abou Hourayra déclina son offre.
'Omar l'interrogea sur la raison de son refus, il répondit : "Afin que mon honneur ne soit pas entaché, ma richesse spoliée et mon dos battu". Il ajouta : "Je crains de juger sans savoir et de parler sans sagesse".

***Sa mort

Il (que Dieu l'agrée) décéda à l'âge de 78 ans, en l'an 57 de l'Hégire, à Médine, et fut enterré à Al-Baqî'.


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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 15:40 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

'Ammâr Ibn Yâsir - عَمَّار بْن يَاسِر


***Sa généalogie

Il était aussi connu sous le nom d’Abou Yaqzan.
Le Mecquois, de Moudhhij (Yémen), affranchi d'Abou Houdheyfa le Makhzoumite.
Sa mère
Le nom de sa mère était Soumayya (que Dieu l'agrée).

***Sa conversion (-13 H)

Lui et ses parents étaient des pionniers dans l'embrassement de l'Islam, et il était la septième personne à avoir déclaré sa foi. Ses parents ont été torturés et exécutés par les incroyants de la Mecque, à cause de leurs conversions à l'Islam, mais 'Ammar a réussi à s'échapper à Médine.
Quand le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a entendu que 'Ammar (que Dieu l'agrée) et ses parents ont été torturés dans la Mecque, il (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Membres de la famille de Yasir, soyez patient. Votre destination est le Paradis". (al-Tirmidhi)

***L'annonce de son martyr lors de la construction de la mosquée de Médine

Le Messager vint vers lui, lui essuya la poussière de ces mains et s’écria "Malheur à Ibn Somaya, le groupe inique le tuera".
Un mur s'effondra sur Amar, ses compagnons crurent qu’il était mort mais le Messager les rassura en disant "Il n’est pas mort mais le groupe inique le tuera".

***La bataille de Badr

***Le gouvernement de Kouffa

Jâbir Ibn Samoura (que Dieu l'agrée) rapporte : "Les habitants de Koufa se plaignirent de Sa'd (Ibn Abi Waqqàs) (que Dieu l'agrée) auprès de 'Omar Ibn Al-Khattâb (que Dieu l'agrée) qui le destitua et leur nomma un nouveau gouverneur en la personne de 'Ammâr (Ibn Yâser). Mais ils se plaignirent encore de 'Ammâr et, parmi les arguments qu'ils invoquèrent contre lui, ils prétendirent qu'il ne savait pas faire la prière. 'Omar envoya donc le chercher et lui dit : "Ô Abou Isaâc! Ces gens prétendent que tu ne sais pas faire la prière".
Il dit : "Pour ce qui me concerne, je jure par Dieu que je présidais à leur prière exactement à la manière du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) sans rien en diminuer. Quand je faisais les deux prières du soir, je prolongeais la lecture dans les deux premières unités de prière et je la raccourcissais dans le reste".
Il lui dit : "C'est ce que nous avons toujours pensé de toi".
Il envoya avec lui quelqu'un (ou quelques-uns) à Koufa pour interroger sur lui ses habitants. Cet homme ne laissa pas une mosquée sans s'y renseigner sur lui. Tout le monde ne disait de lui que du bien. Il entra enfin dans une mosquée appartenant aux Béni 'Abs. L'un d'eux se leva, du nom de Ousâma Ibn Qatàda, surnommé Abou Sa'da.
Il dit : "Puisque tu nous demandes notre avis sur lui, Sa'd ne marche pas avec les expéditions militaires, ne partage pas équitablement le butin et n'est pas impartial dans ses jugements".
Sa'd dit alors : "Je me contenterai de faire contre toi ces trois invocations : "Seigneur Dieu! Si ton esclave que voici est menteur et ne cherche par son intervention qu'à se montrer et à se faire connaître, allonge-lui sa vie, allonge-lui sa pauvreté et expose-le aux tentations!"
Plus tard, quand on lui demandait qui il était, il disait : "Un pauvre vieux soumis aux tentations et frappé de la malédiction de Sa'd".
'Abdul Mâlik Ibn 'Omeyr qui rapporte ce Hadith de Jâbir dit : "Je l'ai vu de mes propres yeux alors que ses sourcils tombaient sur ses yeux à cause de l'âge. Il se mettait sur le chemin des jeunes filles pour croiser ses doigts avec les leurs". (Al-Boukhâri, Mouslim)

***La bataille du chameau (93 ans)

'Ammar a lutté au côté de 'Ali (que Dieu l'agrée) dans la bataille du Chameau.
Abû Mûssa al-Ach'arî - qui était gouverneur de la ville de Kufa avant l'accession de 'Alî au poste de calife, et que 'Alî a gardé à ce poste - pense pour sa part que la situation est délicate et, bien que 'Ali lui demande de mobiliser des gens de Kufa pour venir grossir ses effectifs, il n'est pas décidé à le faire. 'Ali respecte son choix et envoie alors à Kufa son fils al-Hassan ainsi que 'Ammâr Ibn Yâssir pour mobiliser des gens. (Fath Al-Bâri 13/73).

***Sa mort (93 ans)

Au coté de 'Ali (que Dieu l'agrée) dans la guerre de Siffin où il a été tué sur-le-champ de la bataille comme lui avait indiqué l'Envoyé de Dieu (Saluts et bénédictions d'Allah sur lui), plus de trente ans avant, lors de la construction de la Mosquée à Médine.

***Ses mérites

'Ali (que Dieu l'agrée) a dit : "J'étais assis dans la maison du Prophète et 'Ammar a demandé de Le voir. Alors le Prophète a dit : "Bien venu le bon et le purifié"". (Ibn Mâja)
'Aicha (que Dieu l'agrée) a rapporté que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Toutes les fois qu'Ammar a donné deux alternatives, il choisit toujours la plus vertueuse des deux". (Ibn Mâja)
Il a aussi été rapporté que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Le Paradis désire ardemment trois hommes, 'Ali, 'Ammar et Salmân". (at-tirmidhi n°3884)

***Sa description physique

On disait de lui qu’il était long de taille aux yeux bleus, aux épaules larges.


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MessagePosté le: Mar 11 Jan - 22:58 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

Khâlid Ibn Al-Walîd - خَالِدِ بْن الْوَلِيد


***Son nom et sa généalogie

Abou Soulaymân, aussi connu sous le nom de Khalid Ibn Walîd appartenait au plus respectable des clans des Qouraych, Makhzoûm.
Neveu, par la sœur, de Maymoûna, épouse de Muhammad (saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

***Son père

Son père, Abdou-ch-chams Al-Walîd Ibn Al-Moughira, était connu pour son éloquence et sa bravoure dans toute l'Arabie. Cela dit, il a été un ennemi déclaré de l'Islâm et des musulmans jusqu'à sa mort.

***Avant sa conversion

Khalid qui n'avait guère plus de 17 ans à la naissance de l'Islam, manifestait un grand intérêt pour l'art de la guerre, y compris pour les chevaux et le tir, dans lequel il gagna bientôt une grande réputation.

***La bataille d'Ouhoud contre les musulmans (3 H ; 33 ans)

Les Musulmans continuèrent à attaquer l'ennemi avec succès et les Mecquois commencèrent à perdre confiance. Après avoir perdu beaucoup d'hommes, ils décidèrent de se retirer et se prirent la fuite.
Ce fut à ce moment-là que les Musulmans commirent une grossière erreur qui leur coûta beaucoup : au lieu d'obéir au Saint Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et de poursuivre l'ennemi en dehors du champ de bataille, ils déposèrent les armes et se mirent à ramasser le butin.
Pensant que la bataille était finie, la majorité des archers bloquant le passage vers les collines quittèrent leurs postes pour ramasser le butin, malgré les ordres de leur chef.
Un des commandants Mecquois, Khalid bin Walid, fuyait lorsqu'il saisit l'opportunité d'attaquer les Musulmans par l'arrière. Il rassembla ses hommes et lança une furieuse attaque par l'arrière.
Les Musulmans furent tellement surpris qu'ils ne savaient plus que faire. Dans la confusion, leurs rangs furent désordonnés. Les Mecquois qui s'étaient retirés se rassemblèrent à nouveau pour une attaque frontale.

***Sa conversion (8 H ; 38 ans)

Khalid Ibn Walîd (que Dieu l'agrée) embrassa l'Islam en l'an 8 de l'hégire avec 'Amr Ibn Al 'آs et 'Othmân Ibn Talha.
Une fois rendus tous trois chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Khâlid et 'Othmân lui prêtèrent serment de fidélité, tandis que 'Amr s'en abstint. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui demanda alors : "Qu'est-ce que te prend, 'Amr?!". Et celui-ci de répondre : "Est-ce qu'en vous prêtant ce serment, Dieu m'absoudra tous mes péchés antérieurs?".
"L'adhésion à l'islam et l'Hégire absolvent tout ce qui a été commis dans l'entre-temps", répliqua le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) à qui 'Amr prêta aussitôt serment.

***La conquète de la Mecque (8 H ; 38 ans)

A l'entrée de la Mecque, Khalid Ibn Al Walid rencontra une résistance et dut se défendre contre un groupe de polythéistes. La conquête de la Mecque fit au total 28 morts.

***La bataille de Mouta - poste frontière de la Syrie (8 H ; 38 ans)

Sa première apparition comme soldat de l'Islam fut lors de la bataille de Mut'ah, en 8 de l'hégire, lors de laquelle il montra son exceptionnelle bravoure et ses talents militaires. Les musulmans, avec à peine 300 hommes affrontèrent une armée romaine de 150.000 soldats bien entraînés. Les premiers commandants musulmans furent tués sur le champs de bataille et le commandement des musulmans fut confié à Khalid Ibn Walîd , qui combattit comme un lion. Prenant une action d'arrière garde, Khalid Ibn Walîd montra ses talents militaires et sortit ses hommes de la bataille.
Khalîd Ibn Al Walîd (que Dieu l'agrée) rapporte : "Dans la bataille de Mou'ta neuf sabres se sont brisés dans ma main. Il ne resta dans ma main qu'une lame yéménite". (Al-Boukhàri)

***La prise de la Mecque

La rupture de l'accord par les Qouraych de la Mecque conduisit à l'invasion de la ville sainte lors de laquelle le commandement du flan droit de l'armée musulmane fut confié à Khalid. Les musulmans entrèrent dans la ville sainte sans aucune résistance et le Prophète de l'islam (paix et bénédiction de Dieu sur lui) au bon cœur a pardonné aux insurgés.

***Ses autres batailles pendant la vie du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)

Les autres campagnes auxquelles Khalid prit une part active durant la vie du Prophète sont les batailles de Hounayn, de Najran et la prise de Taif.

***Ses batailles pendant le califat d'Abou Bakr (que Dieu l'agrée)

La mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) provoqua la tristesse parmi les musulmans. Avec la disparition de l'autorité centrale, les tribus arabes se révoltèrent contre leur nouvelle foi. Abou Bakr (que Dieu l'agrée) qui fut élu premier calife de l'Islam était inflexible dans insistance d'une reddition inconditionnelle des sécessionnistes ou de la guerre jusqu'à annihilation. Khalid Ibn Walîd fut le héros de ces guerres. En six mois de commandement il avait réduit à la soumission les tribus de l'Arabie centrale (Hitti).
Khalid Ibn Walîd (que Dieu l'agrée), le sabre de Dieu, comme le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) l'appela une fois, fut le héros des campagnes successives contre les tribus arabes sécessionnistes. Il joua un rôle important dans la pacification de l'Arabie. Taleiha, Mousaylama l'imposteur, et Malik Ibn Nawera, furent vaincus les uns après les autres dans de difficiles combats.
D'après les premiers historiens de l'Islam, la campagne contre les 40.000 féroces guerriers menés par Mousaylama, fut le plus dur jamais combattu par les premiers guerriers de l'islam lors duquel l'extraordinaire bravoure et les talents militaires de Khalid gagnèrent la journée et Mousaylama fut tué dans un jardin adjacent, lors d'une bataille connue sous le nom de "Bataille du jardin de la mort". Cette victoire établit une fois de plus la supériorité de l'islam sur toute l'Arabie.
L'armée musulmane mal équipée et sous entraînée avait combattu sur deux front en même temps au début du règne du second calife. Sur le front de l'Irak, ils avaient affronté les grandes armées de Crosoes, le puissant empereur perse et sur le front syrien ils avaient été déployés contre une formidable force de l'empereur byzantin.
Les musulmans combattirent pendant toute une journée contre les formidables forces romaines en syrie. A la fin la situation fut équilibrée. Les guerriers musulmans se rassemblèrent dans leur campement pour revoir leur progression du jour. A la fin un vaillant soldat se leva et s'adressa à eux d'une voix résolue : "Mes frères ! Dieu est avec nous. Nous combattons pour l'établissement d'un régime basé sur l'égalité, la fraternité et la justice. Demain je veux donner une leçon aux hordes romaines".
"Quoi?" demanda une voix.
"Je propose d'affronter les 60 000 robuste guerriers de Jablah, chef des Ghassans, avec seulement 30 musulmans".
"Es-tu sérieux, Abou Soulaymân?" demanda le vieux Abou Soufiân.
"Oui", répondit Khalid Ibn Walîd dont le surnom était Abou Soulaymân.
"Je pense que tu as surestimé ta force. De cette façon tu jouerais avec les vies précieuses des musulmans", répondit Abou Soufiân.
"Non, pas du tout. En réalité, je veux sauver les vies précieuses des musulmans. De cette façon, je veux impressionner l'ennemi qui est fier de la supériorité de sa force et de son équipement militaire", répondit Khalid Ibn Walîd.
A la fin Abou 'Ubaidah le commandant des forces musulmanes intervint et on se mit d'accord sur le fait que Khalid Ibn Walîd au cœur de lion affronterait les 60.000 soldats féroces et bien équipés de Jablah Ibn Ghassan avec 60 musulmans au lieu de 30. Le lendemain Khalid Ibn Walîd avec ses 59 compagnons combattit dans une bataille mémorable sans parallèle dans l'histoire militaire contre les 60.000 chrétiens. La bataille fit rage toute la journée et les 60 musulmans étaient perdus dans une mer d'hommes armés et ils combattirent comme des lions contre les vagues déferlantes des forces ennemies décidées à les écraser sous leur pieds. De temps en temps le cri [Allahou Akbâr] (Dieu est Grand) s'élevait au dessus du tumulte de la bataille témoignant de leur existence à leurs frères combattants qui regardaient la progression de la bataille avec beaucoup d'anxiété.
A la fin, dans un dernier effort Khalid Ibn Walîd qui combattait comme un héros, gagna la journée et les chrétiens furent mis en déroute avec de lourdes pertes. Khalid gagna une bataille mémorable sans précédant dans l'histoire de la guerre. La victoire établit la supériorité des musulmans sur les romains en dépit de leur infériorité exceptionnelle en nombre et en équipement.
Les empires voisins perse et romain, qui jusqu'ici se moquaient et sous estimaient la force militaire de l'Arabie, voyaient maintenant une menace pour leurs intérêts dans l'avènement de la puissance de l'islam. La pacification du nord de l'Arabie mit les musulmans en conflit avec les Perses qui gouvernaient l'Irak arabe et qui étaient reconnus comme seigneurs par les tribus arabes nomades habitants les régions voisines. Les perses incitèrent ces tribus à se lever contre l'Islam. De telles machinations de la part des perses contre l'Islam, obligea le vertueux calife au bon cœur, Abou Bakr , à envoyer en le 12 de Muharram 12 A.H ses forces sous le commandement de Khalid Ibn Walîd . Le premier à s'opposer à eux fut Hormuz, un tyran détesté par ses sujets arabes qui gouvernait la région du Delta. Khalid divisa ses troupes en trois parties, mettant Muthanna aux commandes de la colonne avançant, 'Adi Ibn Hatim pour la seconde et lui-même levant l'arrière. Il avança stratégiquement sur Al Hafir, le poste militaire de la frontière de l'empire perse. "La dessus Hormuz défia Khalid", écrit Sir William Muir "en un combat singulier. Il organisa traîtreusement une embuscade mais fut égorgé lors de l'affrontement. Les musulmans se ruèrent alors en avant et un grand massacre fit fuir l'ennemi. Ils les poursuivirent jusqu'aux rives des Euphrates', ("Le Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute "). La bataille fut nommée 'Zaat as-Salasil' (La maîtresse des chaînes) parce qu'une grande partie de l'armée perse fut enchaînée pour que les soldats ne s'enfuient pas".

***La bataille de Tigris

Dans une autre campagne près du canal de Tigris lors de laquelle une petite colonne volante sous le commandement d'Al-Muthanna fut en grand danger, Khalid arriva à temps pour soulager son lieutenant, vainquit l'armée perse renforcée avec de lourdes pertes, un grand nombre de soldats ennemis étant tués ou noyés.
La perse était maintenant en alerte à cause des victoires inattendues d'une poignée de musulmans mal entraînés et sous équipés contre leur force pourtant bien supérieure en nombre et en organisation. L'empereur perse leva une taxe auprès des clans arabes loyaux et déploya rapidement une formidable force sous le commandement de Bahman, un général perse vétéran. Les deux armées se rencontrèrent à Al Walaja, près du confluent des deux rivières en Avril 633. Khalid qui divisa son armée en deux, avança sa colonne pour rencontrer l'ennemi alors qu'il garda deux colonnes en réserve et surprit l'ennemi épuisé dans une embuscade située à l'arrière. Ainsi la supériorité tactique et les grands talents militaires de Khalid ganga la journée pour les musulmans contre les forces perses pourtant supérieures.
L'amertume se répandit parmi les tribus bédouines chrétiennes qui appelèrent Ardashir, l'empereur perse pour venger leur défaite. Une grande force conjointe formée de perses et de bédouins fut déployée en hâte sous le commandement du général perse Jaban pour rencontrer la force musulmane à Ulles en mai 633.
Laissant un gros détachement à Al-Hafir, pour garder ses arrières, Khalid marcha rapidement en avant pour rencontrer l'ennemi. La bataille fut acharnée et pendant un long moment le dénouement fut incertain. A la fin, dans une charge acharnée de Khalid, les perses abandonnèrent et s'enfuirent, laissant derrière eux 70.000 morts sur le champ de bataille. En un seul combat, Khalid avait vaincu un guerrier perse réputé pour être l'équivalent de 1000 guerriers.
A cette époque, les Perses étaient largement désillusionnés et leur moral était brisé. Néanmoins, les bédouins chrétiens insistèrent pour expulser les envahisseurs. Khalid surprit Amghisiya, une ville prospère dans la région de Al Hira. Le Calife en apprenant ces victoires des armées musulmanes, s'écria : "O, Qouraych, en vérité votre lion, le lion de l'Islam, a bondi sur le lion perse, et l'a privé de sa proie. Les femmes ne porteront jamais un second Khalid".
Khalid avec un escadron volant se hâta vers le canal pour fermer les écluses et permettre à ses bateaux de remonter le canal. Al Hira fut assiégée par les musulmans et capitula peu après. Un traité fut signé avec les habitants de Hira en 633, qui fut plus tard rectifié par le calife de l'Islam. On fit de Hira le quartier général des forces islamiques et de là Khalid commença la consolidation de ses gains. Les réformes introduites par Khalid en consultation avec le Calife en faveur des agriculteurs et des habitants de des pays conquis fournissent un contraste frappant avec le féodalisme perse qui prévalait jusqu'ici dans ces régions. Ainsi, les musulmans furent bien accueillis comme des bienfaiteurs remplaçant les tyranniques seigneurs perses. Par mesure de précaution, des garnisons musulmanes furent postées ici et toutes les troupes furent gardées prêtes en colonnes mobiles.
La prochaine à être assiégée fut la forteresse d’Anbar, située sur l'Euphrate à environ 80 miles au dessus de Babylone. La fosse profonde attenante à la forteresse fut traversée en y jetant les corps usés des chameaux tombés au combat et la ville capitula sans plus de résistance. Ain-at-Taur, un point vert dans la région d’Anbar, fut aussi capturé par les musulmans.
Khalid avait maintenant atteint Al Firad, située sur la frontière irakienne et syrienne, qui était divisée par une rivière. Les frontières syriennes étaient gardées par une forte garnison byzantine qui, alertée par les succès de Khalid, fit cause commune avec les Perses et les bédouins chrétiens afin de vaincre les envahisseurs musulmans. Un conflit long et difficile s'ensuivit dans lequel les musulmans furent victorieux.
Les victoires de l'islam sur les Perses établissent la suprématie des armes islamiques et du commandement de Khalid Ibn Walîd. Khalid resta en Irak pendant 14 mois et pendant cette période il combattit et gagna 15 batailles contre un ennemi qui était de loin supérieur en armes et en hommes. Les Arabes, qui jusqu'ici se considéraient comme bien inférieurs aux perses dans tous les aspects de la vie et qui les reconnaissaient comme leurs seigneurs, se débarrassèrent de leur complexe d'infériorité et regagnèrent leur confiance. Les victoires éclaires de Khalid en Irak qui paralysaient le vaste et plein de ressources empire perse en si peu de temps, figurent parmi les campagnes les plus glorieuses dans les annales de la guerre et l'ont placé parmi les plus grands généraux de tous les temps. Il avait imaginé plusieurs nouvelles tactiques qui étaient jusqu'ici inconnues dans le monde, parmi lesquelles le fait de charger par les forces de réserve. Il se révéla aussi être un bon administrateur qui consolida ses gains, installa des garnisons militaires à des endroits convenables pour sécuriser la région, effectua des réformes agraires et d'autres réformes avantageuses pour les hommes du commun qui rendirent les musulmans chers aux habitants contrairement à leurs précédents seigneurs féodaux perses. Les musulmans avec leur penchant démocratique étaient préférés aux bureaucrates perses.
Après la défaite des forces conjointes à Firad en janvier 634, la saison du pèlerinage approchant, Khalid essaya d'accomplir en secret le Hajj. Sir William Muir dans son travail bien documenté "Le Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute", écrit : "La saison du pèlerinage à la Mecque arrivant maintenant, Khalid forma le désir de l'accomplir incognito sans même que ne le sache son royal maître. Ainsi, ayant recruté son armée pendant 10 jours sur le champ, il donna des ordres de marcher lentement et par étapes faciles vers Al Hira. Puis il partit secrètement avec une petite escorte pour sa pieuse mission. Sans guide, il traversa le désert avec une merveilleuse sagacité et rapidement. Ayant accompli les rites du pèlerinage, il rebroussa chemin de la Mecque et rentra à Al Hira au début du printemps, juste alors que l'arrière garde arrivait. Ainsi il garda bien son secret, et l'armée pensa toujours qu'il était à Al Firad et qu'il revenait doucement. Même Abou Bakr, qui présida lui-même le pèlerinage, ne fut pas conscient de la présence de son grand général".
L'attitude des armées byzantines aux frontières de la Syrie était aussi menaçante que depuis le temps du Prophète . Les armées byzantines avaient fait des incursions fréquentes dans les territoires arabes bordant la Syrie et avaient emporté leurs troupeaux et leurs biens. Khalid , qui était posté aux frontières syriennes, affronta avec succès les armées byzantines. Le calife Abou Bakr , ayant réalisé le grand danger à l'horizon syrien, demanda aux musulmans de s'enrôler pour le service actif sur le front syrien. Plus d'un millier de compagnons du Prophète, dont une centaine qui avait participé à la bataille de Badr se porta volontaire.
Le calife en personne alla à la plaine de Jurf pour dire adieu à chaque brigade partant pour la Syrie et leur donna l'ordre suivant : "Hommes, j'ai dix ordres à vous donner, que vous devez observer loyalement : Ne trompez personne et ne volez personne; Ne trahissez personne et ne mutilez personne; ne tuez pas les enfants, ni les femmes, ni les personnes âgées; n'écorchez pas et ne brûlez pas les palmiers; Ne coupez pas les arbres fruitiers et ne détruisez pas les champs, les troupeaux ni les chameaux excepté pour avoir de la nourriture. Vous rencontrerez des hommes vivant dans des cellules; laissez les tranquille à ce à quoi ils se sont dévoués...."
Des instructions à caractère plus général furent aussi données au chef de fournir un bon gouvernement aux peuples envahis, et de respecter sa promesse; de ne pas trop rester à chaque fois, et de toujours être franc; de respecter les ambassadeurs, de ne pas les détenir longtemps de peur qu'ils ne deviennent des ennemis; de préserver le secret quand c'est nécessaire, de faire des tour de garde la nuit et le jour et de ne jamais être lâche.
Trois divisions formées de 5.000 soldats chacune furent envoyées sur le front Syrien sous le commandement de Shurjil Ibn Hasana, 'Amr Ibn Al 'Aas, et Yazid Ibn Abou Soufiân. On confia aussi à Abou 'Ubaidah le commandant suprême du front syrien le commandement d'une division séparée. Mais les Byzantins avaient rassemblé une force dans le voisinage de Yarmuk qui était dix fois plus forte que les musulmans. Cela nécessita le transfert vers le front de Khalid Ibn Walîd. Le sage Calife Abou Bakr ordonna à Khalid de partir vite pour le front syrien avec la moitié de ses forces, laissant la seconde moitié en Irak sous le commandement d’Al-Muthanna. D'après les historiens Tabari, Muqaddasi et Balladhuri, le Calife avait désigné Khalid comme commandant suprême des forces musulmanes sur le front syrien. La marche éclair de Khalid et de ses hommes dans un désert sans route, sans eau et impassable entre l'Irak et la Syrie est un des exploits les plus audacieux de l'histoire. Il traversa le désert en cinq jours ce qui lui valu l'éminence de porter le nom de 'Thanniyat ul Ukab' (le passage de l'aigle).
L'armée musulmane en Syrie fut divisée en quatre corps qui opéraient sous le commandement de quatre généraux dans différents secteurs. Abou 'Obayda commandait la division des Homs dont le quartier général était à Jabia, 'Amr Ibn Al 'As commandait la division de Damas et Sharjil Ibn Hassana commandait la division opérant au Jordan. Sur le conseil de 'Omar, le calife Abou Bakr ordonna la concentration de la totalité de la force musulmane à Jaulan près de Yarmuk en avril 634 afin d'y rencontrer un ennemi dont les ressources, les richesses et l'approvisionnement en matériel de combat étaient illimités. Les Romains aussi rassemblèrent tous leurs corps et l'énorme armée romaine campa dans le méandre semi-circulaire de la rivière Yarmuk protégée sur trois cotés par la rivière et ils considéraient que c'était un lieu idéal pour camper. L'armée musulmane arriva plus tard et occupa le col de la bouteille. Les Romains réalisèrent leur erreur mais c'était trop tard. Les deux armées se regardaient depuis deux mois quand Khalid arriva sur les lieux. On lui confia le commandement suprême des forces musulmanes. D'après toutes les sources historiques connues, y compris Tabari, l'armée d'Héraclius comportait 240.000 hommes alors que les musulmans n'étaient que 40.000. L'armée romaine était commandée par de célèbres généraux et guerriers, dont Théodore le Sakkellarius, Bannes et Jarja (George).
Khalid Ibn Walîd, réalisant la supériorité des Romains en nombre et en armes, eut recours à ses tactiques habituelles et divisa son armée 38 corps égaux, tous commandés par des guerriers compétents. Le 30 Août 634, les Romains, inspirés par les prêtres, sortirent de leur camp pour rencontrer les Musulmans. Un carnage terrible s'ensuivit et les Romains furent vaincus dans un massacre épouvantable. D'après Tabari, plus de 120.000 Romans périrent dans la vallée de Wakusa et furent noyés dans la rivière. Avec cette mémorable victoire dans la bataille de Yarmuk, toute la Syrie était aux pieds des musulmans. Lors de cette mémorable bataille, Khalid Ibn Walîd montra un superbe talent militaire, une chevalerie extraordinaire et de rares mouvements stratégiques. Quand la nouvelle du désastre fut transmise à l'empereur Byzantine Héraclius à Antioche, il dit : 'Adieu Syrie, ma blonde province. Vous êtes des ennemis maintenant …quelle terre je laisse à l'ennemi; et il quitta Antioche pour Constantinople. Khalid déclara : 'La Syrie s'assit aussi calme qu'un chameau'. Mais avant la fin de la bataille de Yarmuk, le calife Abou Bakr mourut et lui succéda 'Omar; il arriva un courrier de Médine informant Khalid Ibn l-Walid que le calife Abou Bak (que Dieu l'agrée) était décédé et que lui succédait 'Omar Ibn l-Khattab (que Dieu l'agrée) mais il n'informa personne de la nouvelle du fait qu'ils étaient préoccupés par la bataille.

***Ses batailles pendant le califat de 'Omar (que Dieu l'agrée)

Immédiatement après son élection comme calife, 'Omar (que Dieu l'agrée) donna des ordres pour la déposition de Khalid du commandement suprême. La lettre fut remise à Khalid au milieu de la bataille de Yarmuk et fut gardée secrète jusqu'à la fin. Khalid obtempéra avec plaisir aux ordres du calife et jusqu'à sa mort il combattit comme un soldat ordinaire dans les armées de l'islam. Il montra un sens de la discipline incroyable pour un général de son rang. Ignorant l'humiliation que cet ordre aurait pu provoquer en lui, il continua à servir avec un zèle infatigable comme un soldat croyant de l'Islam dans toutes les campagnes qui eurent lieu ensuite en Syrie.
Pendant le califat de 'Omar, les forces musulmanes remportèrent de brillantes batailles en Syrie, en Irak, en Perse, et en Egypte et la bannière islamique fut portée aux extrémités occidentales de l'Egypte à l'ouest, et aux côtes de la mer Caspienne au nord. Le siège de Damas dura plus de deux mois et une nuit alors que dans la ville on fêtait la naissance d'un enfant de Lord Bishop et que les habitants étaient ivres, Khalid et ses associés escaladèrent les murs et ouvrirent les portes orientales. Le Takbir (cri de Dieu-ou-Akbar) remplit l'air et les festoyeurs ayant compris que situation était critique capitulèrent à Abou 'Ubaidah, le commandant musulman qui gardait les portes occidentales. Les deux armées - l'une menée par Khalid - déclarèrent avoir pris la ville et l'autre commandée par Abou 'Ubaidah qui avait accepté la capitulation de la ville sous certaines conditions, se rencontrèrent au cœur de la ville. En fin, les termes de la capitulation acceptés par Abou 'Ubaidah furent considérés comme bons pour toute la ville et furent ratifiés par le calife 'Omar.
Khalid prit part à plusieurs campagnes en Syrie, dont celles de Homs et de Kansarain. Avec la conquête de Kansarain, la dernière place forte des Byzantins en Syrie, le règne des Byzantins en Syrie s'acheva et l'empereur Héraclius se retira à Constantinople pour ne jamais revenir. La valeur exceptionnelle exhibée par Khalid lors de la campagne de Kansarain obligea 'Omar à changer son opinion à son sujet. Il reconnut ouvertement : 'Que Dieu bénisse Abou Bakr . Il avait un plus grand sens du type d'homme qui convient que moi'.
Le respect montré par les conquérants musulmans envers les races conquises en Irak et en Syrie fut responsable, pour une grande partie, de l'établissement d'un gouvernement et d'une administration stables dans ces régions. Dans " Le Califat, Son avènement, sa grandeur et sa chute ", Sir William Muir reconnaît : 'Si les musulmans avaient maltraités les gens en Syrie ou s'ils avaient persécuté leurs religion, leur position aurait en fait été désespérée; mais leur clémence envers les conquis, leur justice et leur dignité contrastaient avec la tyrannie et l'intolérance des Romains.....Les chrétiens syriens jouissaient de plus de liberté civiles et politiques sous leurs envahisseurs arabes que sous le règne de Héraclius et ils n'avaient aucun désir de retourner à leur ancien état....Les musulmans, quand ils se retirèrent, rendirent les impôts collectés, puisqu'ils n'étaient plus capable de remplir leur part du marché en garantissant la sécurité de la vie et des biens. Un évêque nestorien écrit à propos de l'année 15 : Les Talites (Arabes) à qui Dieu avait accordé de nos jours la domination, sont devenus nos maîtres; mais ils ne combattent pas la religion chrétienne; plutôt ils protègent notre foi, ils respectent nos prêtres et nos hommes saints, et font des cadeaux à nos églises et à nos couvents'. Ainsi, les musulmans en Syrie régnaient sur les corps et les cœurs de leurs sujets en Syrie et en Irak.
La raison derrière la déposition de Khalid n'était pas la malice de la part du grand calife 'Omar. C'était une personne trop grande pour qu'on l'associe à de tels actes. Comme le dit Sir William Muir : "Le chef militaire devait laisser la place au fonctionnaire civil; de l'épée à la plume; de Khalid à Abou 'Ubaidah. Il n'y a pas d'occasion de chercher des motifs ultérieurs qui auraient mené 'Omar à remplacer Khalid par Abou 'Ubaidah. Pas la moindre des haines personnelles ne l'aurait influencé. 'Omar était trop grand pour cela.' 'Omar a essayé d'effacer l'incompréhension créée parmi les gens au sujet de la déposition de Khalid Ibn Walîd. Il envoya une lettre dans les différentes provinces pour annoncer qu'il n'avait pas déposé Khalid à cause d'une faute de sa part, mais parce qu'ils avaient commencé à mettre plus de confiance en Khalid qu'en Dieu".

***Sa mort (21 H ; 51 ans)

D'après Tabari et Ibn 'Asakir, Khalid Ibn Walîd, le sabre de Dieu, mourut à Homs en 21 de l'hégire (644).
"Hélas", murmura-t-il "Moi, qui ai combattu des centaines de batailles et dont le corps porte d'innombrables cicatrices, je n'ai pas pu être béni par le martyr - la plus grande ambition de tout vrai musulman. Je suis allé dans tous les endroits possibles pour la Shahada, mais il était écrit dans mon destin que je mourrai dans mon lit. A mon avis il n'y a pas d'action plus chère que mon attente auprès de mon cheval abrité par la nuit, le ciel scintillant par la pluie, attendant l'aube, afin que je puisse attaquer l'ennemi".
En apprenant la nouvelle de sa mort, le calife 'Omar s'exclama : "La mort de Khalid a créé un vide dans l'islam qui ne peut être comblé".


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MessagePosté le: Mer 12 Jan - 00:02 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

Zayd Ibn Hâritha - زَيْد بْن حَارِثَة


***Son nom et sa généalogie

Il s'appelle Zayd Ibn Hâritha Ibn Chourâhîl Ibn Ka'b Ibn 'Abd Al-'Uzzâ Ibn Umru' ul-Qays Al-Ka'bî.
Il était la tribu de Kalb.

***Son enlévement (8 ans)

Zayd, étant âgé de huit ans, fut amené par sa mère, Sa'dî bint Tha'laba à la visite de sa tribu, les Banû (Ma'in). Sur leur chemin et tout près de leur destination, ils furent surpris par les Banû (Al-Qayn) qui enlevèrent leurs biens, les chameaux et les enfants.

***Sa vente

Zayd fut proposé à la vente lors de la foire de 'Ukâzh, tenue par les Arabes à La Mecque durant les mois sacrés où l'on vendait toutes sortes de marchandises et l'on faisait de la poésie. Il fut acheté par l'un des maîtres de Quraych, à savoir Hakîm Ibn Hizâm ibn Khuwaylid, le neveu de Khadîja bint Khuwaylid (que Dieu soit satisfait d'elle).

***Il se retrouve chez le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue)

Hakîm en fit don à sa tante, Khadîja. Celle-ci, ayant eu l'honneur de s'être liée au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), lui en fit don à son tour. A cette époque, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) n'avait pas encore re¢la mission prophétique.
Zayd se réjouissait auprès du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et lui vouait un profond amour qui était réciproquement partagé.

***Sa prédilection pour le Prophète

Son père, Hâritha Ibn Charâhîl eut vent de la présence de Zayd à La Mecque. Accompagné de son frère Ka'b, il s'y rendit, avec un tas d'argent pour affranchir son fils. Cependant, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) refusa de percevoir cet argent et leur dit : Ne vous suggérai-je pas une autre idée qui voudrait mieux que la ran○?
- Si, laquelle?, répondirent-ils.
- Qu'on lui offre le choix.
- Si son choix porte sur vous, et bien il sera à vous sans ran○. Et s'il préfère rester en ma compagnie, par Dieu, je donnerai mon consentement à sa décision, dit le Prophète.
- Que vous êtes très équitable!, dirent-ils. Mais, Zayd donna sa prédilection pour le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), ce qui rendit son père et son oncle perplexes.
Et son père de lui dire : Malheur à toi ô Zayd! Préfères-tu la servitude à tes parents?!
- Je suis très attaché à cet homme et je ne peux jamais m'en séparer, dit Zayd. Aussitôt que celui-ci eut achevé ses paroles, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) le prit par la main et l'amena à la Maison Sacrée. En se tenant au Sanctuaire, il (paix et bénédiction de Dieu sur lui) déclara au su et au vu de Quraych : Ô les gens de Quraych! Témoignez que désormais Zayd est mon fils adoptif et mon héritier. Ainsi, le père et l'oncle de Zayd donnèrent celui-ci de bon cœur au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et retournèrent chez eux en toute quiétude.
Plus tard, en public, Muhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) proclama la liberté de Zayd (que Dieu l'agrée). Toutefois, Zayd continua de vivre avec lui comme un membre de son foyer et resta à son service.
Zayd fut connu sous le nom de Zayd Ibn Muhammad, jusqu'à l'ce que l'islam prohibat l'adoption par la révélation de ce verset : "Appelez-les du nom de leurs pères". Ainsi fut-il dès lors appelé Zayd Ibn Hâritha.

***Sa conversion

Il est le premier homme à embrasser l'islam après 'Alî Ibn Abî Tâlib.

***L'accompagnement du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) à At-Tâif

Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), en compagnie de son esclave affranchi Zayd Ibn Hârithah et marchant à pieds aller et retour, se rendit à Tâif, localité située à environ 111 km de la Mecque. Il appelait à l'Islam les tribus qu'il croisait sur son chemin mais aucune ne lui répondit. Arrivé à Tâif, il choisit trois frères parmi les chefs de la tribu des Tâifiens à savoir Abd Yâlil, Masaoud et Habib les trois enfants de Amr Ibn Omair Ath-Thakafi. il s'installa parmi eux, les appela à Dieu et à assister l'Islam.
Le premier dit qu'il allait déchirer le voile de la Ka'ba si Dieu l'avait envoyé.
Le deuxième dit : "Dieu n'a-t-il pas trouvé un autre messager que toi?".
Le troisième dit : "Par Dieu, je ne te parlerai jamais. Si tu étais un Messager tu n'aurais pas besoin que je te réponde par la parole. Si tu mentais contre Dieu, il ne conviendrait pas que je te parle".
Sur ces mots, le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se leva et leur dit : "Puisque vous refusez, taisez-vous à mon sujet".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) séjourna pendant dix jours parmi les gens de Tâif. Au cours d'une telle période, son appel n'épargna aucun des notables de la localité.
Ceux-ci lui répondirent : "Sors de notre pays!". Ils incitèrent contre lui les sots et les stupides. Au moment où le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) allait sortir, les sots et les esclaves le suivirent, l'injuriant et lui criant dessus au point d'ameuter les gens autour de lui. Organisés en deux rangs, ils se mirent tous à lui jeter des pierres et à lui adresser des grossièretés. Ils lui jetèrent des pierres aux tendons au point que ses chaussures fussent teintées de sang. Zayd Ibn Hâritha s'offrait en bouclier pour le protéger mais fut blessé à la tête. Les sots et les stupides ne cessèrent de le suivre et de l'acculer au point de le contraindre à aller vers un jardin appartenant à Otba et à Chayba les deux enfants de Rabîa à 5,5 km de Tâif. Après que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se fût réfugié dans ce jardin, les gens s'en retournèrent. Alors, il alla jusqu'à un cep de vigne et s'asseya à son ombre, adossé à un mur.

***Son mariage avec Baraka (que Dieu l'agrée), et la naissance de Ousâma

Le Prophète regarda ses compagnons et demanda : "Si quelqu'un parmi vous désire épouser une femme des gens du paradis, qu'il épouse Oum Ayman".
Tous les compagnons demeurèrent silencieux et ne dirent mot. Oum Ayman n'était ni belle ni attirante. Elle avait à l'époque environ cinquante ans et paraissait plutôt fragile. Zayd ibn al-Harithah (que Dieu l'agrée) s'avan¢cependant et dit : "Messager de Dieu, je me marierai avec Oum Ayman. Par Dieu, elle est mieux qu'une femme gracieuse et belle".
Zayd et Oum Ayman se marièrent et furent bénis par la naissance d'un fils qu'ils nommèrent Usâma. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) aimait Usâma comme son propre fils. Il jouait souvent avec lui, l'embrassait et le nourrissait lui-même. Les musulmans disaient : "Il est le fils bien-aimé du bien-aimé". Dès le plus jeune âge, Usâma (que Dieu l'agrée) se distingua au service de l'Islam et plus tard le Prophète lui confia de lourdes responsabilités.

***Sa mort (8 H)

En l'an 8 de l'Hégire, lors de la bataille de Mûta, Zayd Ibn Hâritha (que Dieu l'agrée) fut le commandant en chef de l'armée musulmane qui comptait 3.000 guerriers. Dès l'arrivée de l'armée à Maan (en Jordanie), l'empereur byzantin, Héraclius lui opposera une armée de 100.000 combattants auxquels s'étaient joints 100.000 autres guerriers parmi les polythéistes arabes. Zayd (que Dieu l'agrée) fut mis à mort et fut par la suite remplacé par Ja'far Ibn Abou Tâlib qui fut bientôt tué. Puis, 'Abdoullah Ibn Ruwâha prit le commandement mais fut également exécuté. Le choix des musulmans tomba donc sur Khâlid Ibn Al-Walîd qui préféra la retraite pour sauver les restes de l'armée.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fut tellement chagriné et désolé pour l'exécution de Zayd et de ses compagnons et versa de chaudes larmes sur la perte de cette personne qui lui était si chère.

***Ses mérites

Le seul Compagnon que Le Très Haut a cité par son nom dans Son Livre ("Al Ahzab" 33,37).

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MessagePosté le: Mer 12 Jan - 00:12 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

'Abdoullah Ibn Salam - عَبْد اللَّه بْن سَلَام



***Son nom et sa généalogie

Abdoullah Al-Husayn Ibn Salâm

***Avant sa conversion

Il était rabbin très respecté et porté en estime par les habitants de Yathrib, juifs et non-juifs. Il était connu pour sa piété, sa bonté, sa droiture et sa sincérité.
Al-Husayn, qui menait une vie paisible, était très minutieux et exigent dans la façon dont il dépensait son temps. Ainsi, chaque jour, il consacrait un temps déterminé à la pratique de la religion, à l’enseignement et à la prédication dans le temple. Puis il s’occupait des dattiers de son verger ; il les taillait et employait quelques techniques pour favoriser la pollinisation. Enfin, pour améliorer sa compréhension et ses connaissances de la religion, il se livrait à l’étude de la Thora.

***Sa conversion

On rapporte que dans son étude, il était particulièrement frappé par quelques versets qui traitaient de la venue d’un Prophète qui viendrait compléter le message des Prophètes précédents.
C’est pourquoi Al-Husayn fut vivement intéressé d’entendre les nouvelles de l’apparition d’un Prophète à La Mecque.
Il raconte ce récit : "Quand j’appris l’existence du Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui - je me mis à enquêter sur son nom, sa généalogie, ses signes particuliers, l’époque à laquelle il est apparu et l’endroit où il se trouvait puis je comparai toutes ces informations avec ce qui se trouve dans nos livres. Ce faisant, je fus convaincu de l’authenticité de sa mission et j’affirmai la vérité de son message. Cependant, je dissimulai mes conclusions aux juifs. Je tins ma langue… Puis vint le jour où le Prophète - paix et bénédictions sur lui - quitta La Mecque pour Yathrib. Au moment où il arriva aux abords de la ville et qu’il s’arrêta à Qubâ, un homme accourut dans la ville, appelant les gens à sortir et annonçant l’arrivée du Prophète - paix et bénédictions sur lui. A ce moment, je me trouvais au sommet d’un dattier à travailler. Ma tante, Khâlida Bint Al-Hârith, était assise sous l’arbre. En apprenant la nouvelle, je m’écriai : "Allâhu akbar ! Allâhu akbar !, Dieu est le plus Grand ! Dieu est le plus Grand !"
Lorsque ma tante entendit ma proclamation de la Grandeur de Dieu, elle me le reprocha : "Malheur à toi ! Par Dieu, si tu avais entendu que Moïse - paix sur lui - était venu, tu n’aurais pas été aussi enthousiaste.
- Ma tante !, Par Dieu il est vraiment le frère de Moïse et il suit sa religion. Il a été envoyé avec la même mission que Moïse."
Elle demeura silencieuse pendant quelques instants puis elle dite : "S’agit-il du Prophète dont tu nous as parlé, celui qui serait envoyé pour confirmer la vérité prêchée par les précédents Prophètes et pour compléter le message de Son Seigneur ?
-Oui, répondis-je."
Sans plus attendre, je sortis à la rencontre du Prophète - paix et bénédictions sur lui. Je vis une foule de gens à sa porte. Je me frayai un chemin pour m’approcher de lui. Les premiers mots que je l’entendis prononcer furent : "Ô gens ! Répandez la paix… Partagez la nourriture… Priez durant la nuit pendant que les gens dorment… et vous entrerez au Paradis en paix…"
Je l’examinai attentivement. Je fus convaincu que son visage n’était pas celui d’un imposteur. Je m’approchai davantage de lui et fis la profession de foi : "Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est le Messager de Dieu."
Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - se tourna vers moi et demanda : "Quel est ton nom ?
- Al-Husayn Ibn Salâm, répondis-je.
- Ton nom sera désormais `Abd Allâh Ibn Salâm, dit-il me donnant un nouveau nom.
- Oui, acceptai-je. Qu’il en soit ainsi. Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, je ne souhaite avoir d’autre nom à partir d’aujourd’hui."
Je retournai chez moi et je parlai de l’islam à ma femme, à mes enfants et au reste de mon foyer. Ils se convertirent tous, y compris ma tante Khâlida qui était alors une vieille femme. Cependant, je leur conseillai de cacher notre conversion aux juifs jusqu’à ce que je leur en donne la permission. Ils acceptèrent.

***L'appel de son peuple à l'Islam

Plus tard, je retournai auprès du Prophète - paix et bénédictions sur lui - et lui dit : "Ô Messager de Dieu ! Ces juifs sont des gens enclins à la calomnie et au mensonge. J’aimerais que tu invites les personnalités éminentes de leur communauté à te rencontrer. Pendant la rencontre, il faudra que je me dissimule à leurs regards dans une de tes pièces. Demande-leur qui je suis et quel est mon statut parmi eux avant qu’ils n’apprennent ma conversion à l’islam. Puis invite-les à l’islam. S’ils apprenaient que j’étais devenu musulman, ils me blâmeraient, ils me porteraient de fausses accusations et ils me calomnieraient."
Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - me garda dans une de ses pièces et invita les personnalités éminentes juives à lui rendre visite. Il leur présenta l’islam et leur recommanda d’avoir foi en Dieu mais ils commencèrent à lui chercher querelle et à le contester sur la vérité. Le Prophète - paix et bénédictions sur lui - réalisa qu’ils n’étaient pas enclins à accepter l’islam. Il leur demanda alors : "Quel est le statut d’Al-Husayn Ibn Salâm parmi vous ?
- Il est notre chef et le fils de notre chef. C’est notre rabbin et notre savant, le fils de notre rabbin et de notre savant.
- Si vous veniez à apprendre qu’il s’est converti à l’islam, accepteriez-vous l’islam également ?
- Que Dieu nous pardonne. Il n’accepterait pas l’islam. Que Dieu le préserve d’accepter l’islam, dirent-ils horrifiés."
A cet instant, je parus devant eux et leur annonçai : "Ô assemblée de juifs ! Craignez Dieu et acceptez ce que Muhammad a apporté ! Par Dieu, vous savez certainement qu’il est le Messager de Dieu et vous pouvez trouver des prophéties sur lui et la mention de son nom et de ses caractéristiques dans votre Thora. Pour ma part, je déclare qu’il est le Messager de Dieu. J’ai foi en lui et je crois en sa sincérité. Je le reconnais."
"Tu es un menteur ! s’écrièrent-ils. Par Dieu, tu es une personne malfaisante et ignorante."
Puis ils continuèrent à m’insulter de toutes les façons concevables…"

***Après la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)

Il assista avec 'Umar Ibn Al Khattab à l'entrée à Beyt Al Maqdis (Jérusalem) et la prise d'Al Jabia (Non loin du Golan).
Plus tard, prenant une épée en bois, il s'écarta de la "fitna".

***Sa mort

Il mourut à Médine l'an 43H

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MessagePosté le: Mer 12 Jan - 00:22 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

'Omar Ibn Al-Khattâb - عُمَر بْن الْخَطَّاب



***Son nom et sa généalogie

Il se nomme Abou Hafs 'Omar Ibn l-Khattab Ibni Nafil.
Sa mère est Houthma bintou Hachim.
Son arbre généalogique rejoint celui du noble Prophète à Ka'b Ibn Lou'ayy.

***Sa naissance

Il est né, que Dieu l'agrée, treize années après l'année de l'éléphant.

***Avant l'Islam

A l'époque de la Jahiliyya, il était ambassadeur de Quraych aux tribus. Il était dur envers les musulmans.

***Sa conversion (-10 H ; 27 ans)

Il embrassa l'Islam trois années après la révélation, il avait alors vingt-sept ans.
Un jour, alors que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) était réuni avec ses compagnons dans quelque demeure, 'Omar apprit cela et sortit de chez lui, brandissant son épée, porté par la colère et l'ardeur de l'Ignorance. Sur son chemin, il croisa un homme de sa tribu, du nom de Nu'aym Ibn An-Nahâm, qui avait embrassé l'Islam secrètement.
Ce dernier s'enquit : " Où vas-tu, 'Omar ? "
Il rétorqua : "Je veux voir Muhammad, celui qui a divisé Quraysh, s'est moqué de ses idéaux, a critiqué sa religion et a injurié ses divinités, pour le tuer. "
Nu'aym lui répondit : " Par Allâh, 'Omar, tu es tombé sur la tête... Penses-tu que le clan des Banû 'Abd Manâf t'épargnera si jamais tu tues Muhammad ?! Ne retournerais-tu pas plutôt chez toi pour redresser les tiens ? "
Et 'Omar de s'exclamer : " Les miens ? Qu'ont-ils ? "
Nu'aym dit : "Ta sœur, Fâtima Bint Al-Khattâb et son époux, Sa'îd Ibn Zayd Ibn 'Amr - ton cousin - par Dieu, tous deux ont embrassé l'Islam et suivi Muhammad dans sa religion. Occupe-toi d'eux plutôt... "
'Omar rebroussa chemin et se dirigea vers la maison de sa sœur qui, en compagnie de son époux, recevait Khabbâb Ibn Al-Aratt qui leur faisait réciter la sourate Taha à partir d'un parchemin. Lorsque 'Omar s'approcha de la maison et qu'ils sentirent sa présence, Khabbâb se trouva une cachette et Fâtima s'empressa de cacher le parchemin. 'Omar entra et, sur un ton inquisiteur, questionna : " Qu'étaient ces murmures que j'ai entendus ? "
Elle lui dit que ce n'était rien. Mais 'Omar insista : "Si ! Par Allâh, j'ai appris que vous aviez suivi Muhammad dans sa religion ! "
Il s'en prit alors à son cousin Sa'îd, mais Fâtima s'interposa entre lui et son époux. 'Omar lui porta un coup qui fit couler le sang de son visage. C'est alors que les deux époux se révoltèrent en avouant : " Oui, nous avons embrassé l'Islam et nous croyons en Dieu et en Son Messager. Agis donc comme bon te semble ! "
À la vue du sang de sa sœur, 'Omar, confus, fut saisi de regret et lui demanda avec douceur : " Donne-moi ce parchemin que vous lisiez, que je vois ce que Muhammad prêche... "
Elle lui dit : " Mais nous craignions que tu l'abîmes. "
Il jura de le lui rendre. Elle lui dit qu'il était toujours païen et que seuls les gens purifiés étaient en droit de toucher ce parchemin. 'Omar prit un bain et saisit le parchemin que lui tendit sa sœur.
Il lut le début de la sourate Taha et dit : " Que ces paroles sont belles et nobles ! "
Entendant cela, Khabbâb sortit de sa cachette et lui dit : " Par Allâh, je souhaite qu'Allâh te choisisse pour soutenir le message de Son Prophète, car hier je l'entendis dire : "Ô Allâh ! Renforce l'Islam par Abou Al-Hakam Ibn Hishâm ou 'Omar Ibn Al-Khattâb." 'Omar ! Tu t'exposes là à un bienfait immense. "
'Omar répondit à Khabbâb : " Dis-moi où trouver Muhammad, afin que j'aille embrasser l'Islam auprès de lui. "
Khabbâb lui indiqua le chemin et 'Omar pressa son pas, avec un cœur attendri et apaisé, subjugué par la magnificence suprême des versets qu'il avaient lus, la noblesse du sens qu'ils véhiculent et la grandeur de leur message. Il frappa à la porte de la maison où se trouvait le Prophète. Un homme regarda au travers d'une fente dans la porte et annonça effrayé : " Ô Messager d'Allâh, c'est 'Omar, brandissant son épée".
Hamzah Ibn 'Abd Al-Muttalib dit : "S'il est venu à la recherche de quelque bien, nous le lui octroierons volontiers. Mais s'il nous veut du mal, c'est avec son épée que nous le tuerons".
Avec la permission du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), 'Omar entra et annonça sa conversion à l'Islam. Alors le Prophète et ceux qui étaient en sa compagnie s'écrièrent avec joie " Allâhu Akbar ! ".
'Omar sortit et rendit sa conversion publique. Il refusa que les musulmans pratiquent secrètement leur religion ou qu'ils se rendent dans les maquis de la Mecque pour accomplir la prière, loin de la persécution infligée par Quraysh. Il s'attela ainsi à la lutte contre Quraysh, si bien qu'il accomplit la prière ouvertement près de la Ka'bah et les musulmans purent enfin se joindre à lui.

***La bataille de Badr (2 H)

Anas (que Dieu l'agrée) dit : "Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : "Dieu le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux..."
'Omar Ibn al-Khattab (que Dieu l'agrée) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se détourna de lui. Puis il reprit la parole : "Ô gens, Dieu le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.."
'Omar Ibn al-Khattab (que Dieu l'agrée) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l'adresse de ses compagnons.
Abou Bakr (que Dieu l'agrée) se leva alors et dit : "Ô Messager de Dieu, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon...."
Le visage du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fut débarrassé de l'expression de souci qui l'avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Dieu, le Puissant, le Majestueux révéla : {N'eût-été une prescription préalable de Dieu, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)} (8/67)". (Ahmad n°13143)

***Son souhait de tuer le compagnon qui à voulu prévenir les mecquois de l'arrivée de l'armée musulmane (8 H ; 45 ans)

Ali (que Dieu l'agrée) raconte : "Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) nous convoqua Al Miqdad, Az Zoubayr et moi et nous dit : "Allez à Radwat Khakh où vous rencontrerez une femme portant une lettre, prenez lui cette lettre !".
Nous partimes au galop et à l'endroit désigné, nous rencontrâmes une femme et nous lui demandâmes de nous remettre la lettre qu'elle portait. Elle nous répliqua qu'elle ne portait point de lettre. Nous la menaçames de la fouiller si elle ne nous montrait pas la lettre. Elle la sortit de ses cheveux, où elle la tenait cachée. Nous retournâmes à Médine et nous remîmes la lettre au Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lut la lettre qui contenait des informations sur les plans de l'expédition. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) fit venir Hateb et lui dit "Qu'as tu fait ?".
Hateb répondit : "Je n'ai fait cela non dans le but de te trahir ou de renier l'Islam mais uniquement pour que ma famille restée à la Mecque obtienne une protection de la part des Qoraïchites".
Omar intervint et dit : "Laisse moi nous débarrasser de cet hypocrite!".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit : "Cet homme est sincère, et il s'est battu à Badr. Qui sait, Dieu a peut être pardonné leurs erreurs à tous ceux qui se sont battus à Badr".

***Son choc lors de la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avant de revenir à la raison (11 H ; 48 ans)

'Omar (que Dieu l'agrée) s'est trouvé à la Mosquée du Prophète, et a dit : "Il y a des hypocrites qui prétendent que le Messager de Dieu est mort. Certainement le Messager de Dieu n'est pas mort, mais il est allé à son Seigneur, comme Moise, fils d'Imran, est allé à son Seigneur (pour recevoir les commandements célestes). Par Dieu, Muhammad reviendra comme Moise est revenu, et il coupera les mains et jambes de ceux qui ont prétendu que le Messager de Dieu est mort". (Ibn Hicham, 2/655)
'Orwa Ibn Zoubayr, que Dieu les agrée, rapporte : Puis (Abou Bakr) sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar (que Dieu l'agrée) s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : "Dieu puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Dieu puissant et glorieux. Dieu élevé a dit : {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Dieu; et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants} (3/144).
-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Dieu! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!
Ibn al-Musayyib rapporte que 'Omar (que Dieu l'agrée) a dit : "Par Dieu, dès que j'ai entendu la parole d'Abu Bakr, je suis tombé à terre. Je me suis senti comme si mes jambes ne pouvaient plus me porter, ainsi je me suis effondré quand je l'ai entendu le dire. Seulement alors j'ai réalisé que muhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) était vraiment mort". (Al-Boukhâri n°641)

***Discours de 'Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 48 ans)
Anas (que Dieu l'agrée) raconte : j'ai entendu le deuxième discours de 'Omar (que Dieu l'agrée) le lendemain de la mort du Messager de Dieu, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. 'Omar dit : "J'espérais que le Messager de Dieu vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Dieu a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Dieu a guidé Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et Abou Bakr est le compagnon du Messager de Dieu et le {Deuxième de deux} (9/40). Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)".
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa'ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu 'Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : "Monte sur le minbar". 'Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.
Anas (que Dieu l'agrée) rapporte : on prêta serment à Abou Bakr (que Dieu l'agrée) dans la cour, et le lendemain il s'assit sur le minbar. 'Omar (que Dieu l'agrée) se leva et parla avant lui. Il loua Dieu et le félicita comme il le mérite puis dit : "Musulmans! Hier, je vous ai dit une parole fausse : je ne l'ai pas prise du livre de Dieu et le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ne me l'avait pas confiée, mais j'avais cru que le Messager de Dieu partirait après nous tous. Dieu a laissé parmi vous son Livre par lequel il a guidé le Messager de Dieu; si vous y tenez Dieu vous guidera vers ce quoi il a guidé son Prophète. Dieu vous a aussi unis avec le meilleur d'entre vous : le compagnon du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40). Levez-vous et prêtez-lui serment".
Puis Abou Bakr prit la parole. Il loua Dieu et le félicita comme il le mérite puis dit : "Musulmans! On m'a placé en tant que votre chef et je ne suis point le meilleur parmi vous. Si j'agis bien aidez-moi, et si j'agis mal, redressez-moi. Dire la vérité est une responsabilité dont il faut s'acquitter, et mentir est une trahison. Le faible parmi vous est fort à mes yeux jusqu'à ce que je lui donne son droit par la volonté de Dieu. Le fort parmi vous est faible à mes yeux jusqu'à ce que je prenne ce qu'il doit par la volonté de Dieu. Tous gens qui laissent le jihèd pour la cause de Dieu, Dieu les châtiera par l'humiliation. Tous gens parmi lesquels se propage la turpitude, Dieu leur infligera une calamité qui les frappera tous. Obéissez-moi tant que j'obéis à Dieu et à son Messager. Si je désobéis à Dieu et à son Messager, vous ne devez plus m'obéir. Levez-vous pour la prière, que Dieu vous fasse miséricorde".
***Discussion au sujet du califat dans la cour

Ibn 'Abbâs, que Dieu les agrée, rapporte : 'Omar (que Dieu l'agrée) raconta : voilà ce qui s'est passé quand le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) mourut. On vint nous dire que les Ançars s'étaient réunis dans la cour des Banou Sa'ida pour prêter serment à Saâd Ibn 'Oubèda, que Dieu l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou 'Oubeyda Ibn Al-jarrah, que Dieu les agrée. Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des ançars : 'Ouwaym Ibn Sa'ida et Maâan Ibn آadiy, que Dieu les agrée. Ils demandèrent : "Où allez-vous?"
Nous répondîmes : "Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent".
Ils proposèrent : "Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez".
Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn 'Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : "Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!"
Houbèb Ibn Almondhir dit : "C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Dieu! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!"
Abou Bakr dit : "Doucement".
Je voulus parler mais il dit : "Ecoute, 'Omar!"
Il loua Dieu et le félicita puis dit : "Ô ançars! Par Dieu! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Dieu! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou 'Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance".
Par Dieu! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Dieu! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr.
Puis je dis : "Ô ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres". Puis je pris sa main et un homme des ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn 'Oubèda.

***Abou Bakr et 'Omar se rejettent le califat dans la cour

Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et 'Omar, que Dieu les agrée, rejoignirent les ançars.
Abou Bakr dit : "Ô ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Dieu! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à 'Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna 'Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à 'Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua 'Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr".
'Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et 'Omar répondit : "Ma force est à ton service en plus de ta supériorité".
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, que Dieu l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou 'Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : "Vous venez vers moi alors que le {Deuxième de deux} (9/40) est parmi vous!"

***Abou Bakr dit à 'Omar : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité"

Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr (que Dieu l'agrée) s'assit tristement dans sa maison. 'Omar (que Dieu l'agrée) entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité" et il se plaint de devoir juger entre les gens.
'Omar lui dit : "Mais tu sais bien que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : si le gouverneur s'efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s'il s'efforce et se trompe, il a une récompense". Abou Bakr fut alors un peu soulagé.

***Son poste de calife après la mort d'Abou Bakr (que Dieu l'agrée)

Il prit le califat par désignation de Abou Bakr As-Siddiq, que Dieu les agrée tous deux. Il lui fut prêté serment de son vivant, puis il dirigea les affaires du califat avec loyauté, justice et excellentes gestion et stratégie.

***La conquête de Damas (14 H.)

Lorsque l'affaire de Yarmouk fut réglée, les musulmans se dirigèrent vers Damas, ils l'assiégèrent durant soixante-dix nuits de ses quatre côtés. Une nuit, par surprise, Khalid Ibn l-Walid escalada le mur avec ceux qui étaient avec lui, tua les sentinelles gardant la porte et prit d'assaut la ville avec les soldats, puis il dit : "Allahou 'Akbar" et ils dirent : "Allahou 'Akbar". Les gens de la ville se réfugièrent auprès de leurs chefs qui appelèrent à faire un pacte de paix. Les musulmans entrèrent donc par les différents côtés de la cité grâce à ce pacte et se retrouvèrent avec Khalid Ibn l-Walid au centre de la ville. La partie de la ville pénétrée par Khalid fut elle aussi prise grâce à un pacte de paix. Cela eut lieu la quatorzième année de l'Hégire. Puis les soldats continuèrent leurs conquêtes, ils conquirent Tabariyah et Baysan grâce à un pacte de paix, sans effusion de sang, ainsi que Qayçariyyah, Ghazzah, Sibastiyyah. Ils conquirent aussi NAbouls, Ar-Ramlah, Loudd, 'Amwas, Bayt Habroun, Yafa et toute la région jusqu'à Gaza.

***La conquête de Jérusalem

Ensuite Abou 'Oubayda marcha sur la Jordanie, réunit les armées et se dirigea vers Jérusalem. Il leur écrivit un puis les attendit. Mais ils refusèrent de se rendre. Il partit donc à leur rencontre, établit son camp à proximité d'eux et les assiégea. Lorsque le siège fut trop éprouvant pour eux, ils demandèrent la paix, ce qu'il accepta. Ils dirent : "Envoie un message à ton gouverneur afin que ce soit lui qui nous donne le pacte de paix".
Abou 'Oubayda ayant écrit à l'Emir des croyants pour l'en informer, 'Omar réunit les grands compagnons et leur demanda leur opinion : devait-il s'y rendre ou non ? Ils lui suggérèrent tous d'y aller. C'est ainsi qu'il réunit une troupe et s'en alla après avoir nommé 'Ali Ibn Abi Talib, que Dieu l'agrée, à sa place au commandement de Médine l'Illuminée.
L'Emir des croyants entra à Jérusalem et c'est à ce moment là qu'eut lieu l'accord de paix entre les croyants et les chefs de la population de Jérusalem, moyennant le paiement de la jizyah - impôt - et d'autres conditions précises. Il fit mettre sur papier tous les points sur lesquels l'accord fut établi.
Lorsque l'Emir des croyants, 'Omar Ibn l-Khattab, que Dieu l'agrée, entra à Jérusalem avec l'extraordinaire armée des musulmans, il dégagea le Rocher et ordonna d'y construire une mosquée. Passant près du Mihrab de Dawoud, l'alcôve située à la porte de la ville dans la fortification, il y accomplit une prière, récita la Sourat Sad et se prosterna. Ensuite il changea l'orientation de la mosquée en direction de la Ka'bah. C'est à cette époque-là que furent conquises toutes les régions des pays du Cham.
Puis, il nomma 'Alqama Ibn Hakim à la tête de la moitié de la Palestine et fit de Ar-Ramlah sa capitale; d'autre part il nomma 'Alqamah Ibn Mahriz à la tête de l'autre moitié et l'installa à Jérusalem (Baytou l-Maqdis).

***La désignation de 'Othmân comme successeur

'Omar avait désigné un collège de six illustres compagnons qui devraient choisir entre eux-mêmes celui qui lui succéderait et deviendrait le troisième calife.
Ce collège s'étant réuni, trois d'entre ses six membres expriment leur accord pour que quelqu'un parmi les autres soit calife : en fait ces trois membres remettent leur possibilité d'être nommé calife aux trois autres; restent donc Ibn Awf, 'Othmân et 'Alî. Ibn Awf se désiste lui aussi par rapport à la fonction de calife et propose à 'Othmân et à Alî de choisir le calife parmi eux. Ils acceptent. Il se met à consulter pendant trois jours les compagnons présents à Médine. La troisième nuit, il réveille al-Miswar ibn Makhrama, l'envoie appeler az-Zoubayr et Sa'd, avec qui il s'entretient. Puis il envoie al-Miswar quérir 'Alî, avec qui il s'entretient longuement, puis 'Othmân avec qui il s'entretient longuement aussi (Al-Bukhârî n°7207).
Il dit notamment à chacun de ces deux personnages : "Fais serment par Dieu que si tu es nommé dirigeant tu seras juste et si l'autre est nommé tu obéiras". (Al-Boukhâri n°3700)

***Sa mort

Il est mort dans le mois de Dhou Al Hijjah de l'an 23H, à 63 ans.

***Son enterrement

Il fut le dernier à être enterré, après autorisation de 'Aïcha, au côté de l'Envoyé d’Allah (Saluts et bénédictions d'Allah sur lui) et d'Abou Bakr (qu'Allah soit satisfait d’eux).

***Sa description physique

Il était grand, blanc de peau avec beaucoup de rougeur, la barbe fournie mais légère au niveau des favoris, très fournie au niveau des moustaches, l'iris des yeux très rouge.

***Ses mérites

Selon Abou Hourayra (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Il y avait dans les communautés qui vous ont précédés des hommes-inspirés de Dieu. S'il y a un tel homme dans ma nation, c'est bien 'Omar". (Al Boukhâri n°3282 et Mouslim n°2389)
On rapporte au sujet de Abou Mousa Al-Ach'ari (que Dieu l'agrée) qu'il dit : "Or voilà que quelqu'un faisait bouger la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "'Omar Ibn Al-Khattâb".
Je dis : "Attends un peu!" Je vins auprès du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui), le saluai et lui dis : "'Omar demande l'autorisation d'entrer".
Il dit : "Fais-le entrer et annonce-lui le Paradis".
Je retournai à 'Omar et lui dis : "Tu peux entrer et le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) t'annonce le Paradis".
Il entra donc et s'assit sur la margelle à gauche du Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Il plongea comme lui ses pieds dans le puits". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Selon Muhammad ibn Sa'd ibn Abi Waqqas, son père rapporta que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit aussi à 'Omar (que Dieu l'agrée) : "Dès que le Diable te voit prendre une voie, il en prend aussitôt une autre". (Al-Boukhâri)
Houdhayfa (que Dieu l'agrée) a rapporté que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et 'Omar !". (Tirmidhi et Al-Hakim)
Il dit encore : "s'il devrait y avoir un Prophète après moi, ça aurait été Omar". (At-Tirmidhi et Ahmad)
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Dieu a placé la vérité sur la langue et dans le coeur de Omar". (Abou Dâwoûd, Tirmidhi, Ibn Mâja, Ahmad et Ibn Sa'd)
Ibn 'Abbas (que Dieu agrée le père et le fils) raconte : "'Ouyayna Ibn Hisn vint une fois à Médine chez son neveu Al Hourr Ibn Qays qui était parmi les rares personnes que 'Omar rapprochait de lui. Les lecteurs du Coran formaient en effet l'entourage de 'Omar et étaient ses conseillers, qu'ils fussent en âge mûr ou des adolescents. 'Ouyayna dit à son neveu : "Mon neveu! Tu es introduit auprès de 'Omar; demande-lui de m'accorder une audience!".
'Omar la lui accorda; une fois entré chez 'Omar, il lui dit : "Gare à toi, ô Ibn Al Khattab! Par Dieu tu ne nous donnes pas en abondance et tu ne juges pas équitablement entre nous".
'Omar se fâcha tellement qu'il était sur le point de le frapper de sa colère.
Al Hourr lui dit alors : "Ô Prince des Croyants! Dieu Le Très-Haut à dit à Son Prophète : {Accepte ce qu'on t'offre de raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants.} (7/199) et cet homme fait partie des insensés".
Par Dieu! 'Omar, au simple rappel de ce verset, ne le transgressa pas d'un pouce. Il respectait en effet scrupuleusement les prescriptions du Livre de Dieu exalté". (Al-Boukhâri)
Al-Abbas Ibn Abd l-Mouttalib (que Dieu l'agrée) a dit : "J'ai été un voisin de 'Omar Ben Al-Khattab. Je n'ai jamais vu dans ma vie un homme meilleur que lui. Il veillait ses nuits en priant, ses jours en jeûnant et il vaquait aux besoins des gens. Quand il mourut, j'ai demandé à Dieu de me le faire voir en songe. En effet, une certaine nuit, je l'ai vu venant du marché de Médine, je l'ai salué et il m'a rendu le salut, puis je lui ai dit : "Comment vas-tu?"
"Bien", m'a-t-il répondu. En lui demandant sur ce qu'il a trouvé, dans l'autre monde, il m'a dit : "Je viens maintenant de rendre compte de toutes mes oeuvres. Si je n'avais pas trouvé un Seigneur Miséricordieux, j'aurais été parmi les perdants". (Abou Na'im)
Ibn 'Omar (que Dieu agrée le père et le fils) a dit : "Je n'ai jamais entendu 'Omar (que Dieu l'agrée) dire à propos d'une chose : "Je crois que c'est ainsi", sans qu'elle ne fût exactement ainsi".



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Dernière édition par titi le Mer 12 Jan - 01:11 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 12 Jan - 00:37 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

Khâlid Ibn Al-Walîd - خَالِدِ بْن الْوَلِيد



***Son nom et sa généalogie

Abou Soulaymân, aussi connu sous le nom de Khalid Ibn Walîd appartenait au plus respectable des clans des Qouraych, Makhzoûm.
Neveu, par la sœur, de Maymoûna, épouse de Muhammad (saluts et Bénédictions d’Allah sur lui).

***Son père

Son père, Abdou-ch-chams Al-Walîd Ibn Al-Moughira, était connu pour son éloquence et sa bravoure dans toute l'Arabie. Cela dit, il a été un ennemi déclaré de l'Islâm et des musulmans jusqu'à sa mort.

***Avant sa conversion

Khalid qui n'avait guère plus de 17 ans à la naissance de l'Islam, manifestait un grand intérêt pour l'art de la guerre, y compris pour les chevaux et le tir, dans lequel il gagna bientôt une grande réputation.

***La bataille d'Ouhoud contre les musulmans (3 H ; 33 ans)

Les Musulmans continuèrent à attaquer l'ennemi avec succès et les Mecquois commencèrent à perdre confiance. Après avoir perdu beaucoup d'hommes, ils décidèrent de se retirer et se prirent la fuite.
Ce fut à ce moment-là que les Musulmans commirent une grossière erreur qui leur coûta beaucoup : au lieu d'obéir au Saint Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et de poursuivre l'ennemi en dehors du champ de bataille, ils déposèrent les armes et se mirent à ramasser le butin.
Pensant que la bataille était finie, la majorité des archers bloquant le passage vers les collines quittèrent leurs postes pour ramasser le butin, malgré les ordres de leur chef.
Un des commandants Mecquois, Khalid bin Walid, fuyait lorsqu'il saisit l'opportunité d'attaquer les Musulmans par l'arrière. Il rassembla ses hommes et lança une furieuse attaque par l'arrière.
Les Musulmans furent tellement surpris qu'ils ne savaient plus que faire. Dans la confusion, leurs rangs furent désordonnés. Les Mecquois qui s'étaient retirés se rassemblèrent à nouveau pour une attaque frontale.

***Sa conversion (8 H ; 38 ans)

Khalid Ibn Walîd (que Dieu l'agrée) embrassa l'Islam en l'an 8 de l'hégire avec 'Amr Ibn Al 'آs et 'Othmân Ibn Talha.
Une fois rendus tous trois chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Khâlid et 'Othmân lui prêtèrent serment de fidélité, tandis que 'Amr s'en abstint. Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui demanda alors : "Qu'est-ce que te prend, 'Amr?!". Et celui-ci de répondre : "Est-ce qu'en vous prêtant ce serment, Dieu m'absoudra tous mes péchés antérieurs?".
"L'adhésion à l'islam et l'Hégire absolvent tout ce qui a été commis dans l'entre-temps", répliqua le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) à qui 'Amr prêta aussitôt serment.

***La conquète de la Mecque (8 H ; 38 ans)

A l'entrée de la Mecque, Khalid Ibn Al Walid rencontra une résistance et dut se défendre contre un groupe de polythéistes. La conquête de la Mecque fit au total 28 morts.

***La bataille de Mouta - poste frontière de la Syrie (8 H ; 38 ans)

Sa première apparition comme soldat de l'Islam fut lors de la bataille de Mut'ah, en 8 de l'hégire, lors de laquelle il montra son exceptionnelle bravoure et ses talents militaires. Les musulmans, avec à peine 300 hommes affrontèrent une armée romaine de 150.000 soldats bien entraînés. Les premiers commandants musulmans furent tués sur le champs de bataille et le commandement des musulmans fut confié à Khalid Ibn Walîd , qui combattit comme un lion. Prenant une action d'arrière garde, Khalid Ibn Walîd montra ses talents militaires et sortit ses hommes de la bataille.
Khalîd Ibn Al Walîd (que Dieu l'agrée) rapporte : "Dans la bataille de Mou'ta neuf sabres se sont brisés dans ma main. Il ne resta dans ma main qu'une lame yéménite". (Al-Boukhàri)

***La prise de la Mecque

La rupture de l'accord par les Qouraych de la Mecque conduisit à l'invasion de la ville sainte lors de laquelle le commandement du flan droit de l'armée musulmane fut confié à Khalid. Les musulmans entrèrent dans la ville sainte sans aucune résistance et le Prophète de l'islam (paix et bénédiction de Dieu sur lui) au bon cœur a pardonné aux insurgés.

***Ses autres batailles pendant la vie du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)

Les autres campagnes auxquelles Khalid prit une part active durant la vie du Prophète sont les batailles de Hounayn, de Najran et la prise de Taif.

***Ses batailles pendant le califat d'Abou Bakr (que Dieu l'agrée)

La mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) provoqua la tristesse parmi les musulmans. Avec la disparition de l'autorité centrale, les tribus arabes se révoltèrent contre leur nouvelle foi. Abou Bakr (que Dieu l'agrée) qui fut élu premier calife de l'Islam était inflexible dans insistance d'une reddition inconditionnelle des sécessionnistes ou de la guerre jusqu'à annihilation. Khalid Ibn Walîd fut le héros de ces guerres. En six mois de commandement il avait réduit à la soumission les tribus de l'Arabie centrale (Hitti).
Khalid Ibn Walîd (que Dieu l'agrée), le sabre de Dieu, comme le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) l'appela une fois, fut le héros des campagnes successives contre les tribus arabes sécessionnistes. Il joua un rôle important dans la pacification de l'Arabie. Taleiha, Mousaylama l'imposteur, et Malik Ibn Nawera, furent vaincus les uns après les autres dans de difficiles combats.
D'après les premiers historiens de l'Islam, la campagne contre les 40.000 féroces guerriers menés par Mousaylama, fut le plus dur jamais combattu par les premiers guerriers de l'islam lors duquel l'extraordinaire bravoure et les talents militaires de Khalid gagnèrent la journée et Mousaylama fut tué dans un jardin adjacent, lors d'une bataille connue sous le nom de "Bataille du jardin de la mort". Cette victoire établit une fois de plus la supériorité de l'islam sur toute l'Arabie.
L'armée musulmane mal équipée et sous entraînée avait combattu sur deux front en même temps au début du règne du second calife. Sur le front de l'Irak, ils avaient affronté les grandes armées de Crosoes, le puissant empereur perse et sur le front syrien ils avaient été déployés contre une formidable force de l'empereur byzantin.
Les musulmans combattirent pendant toute une journée contre les formidables forces romaines en syrie. A la fin la situation fut équilibrée. Les guerriers musulmans se rassemblèrent dans leur campement pour revoir leur progression du jour. A la fin un vaillant soldat se leva et s'adressa à eux d'une voix résolue : "Mes frères ! Dieu est avec nous. Nous combattons pour l'établissement d'un régime basé sur l'égalité, la fraternité et la justice. Demain je veux donner une leçon aux hordes romaines".
"Quoi?" demanda une voix.
"Je propose d'affronter les 60 000 robuste guerriers de Jablah, chef des Ghassans, avec seulement 30 musulmans".
"Es-tu sérieux, Abou Soulaymân?" demanda le vieux Abou Soufiân.
"Oui", répondit Khalid Ibn Walîd dont le surnom était Abou Soulaymân.
"Je pense que tu as surestimé ta force. De cette façon tu jouerais avec les vies précieuses des musulmans", répondit Abou Soufiân.
"Non, pas du tout. En réalité, je veux sauver les vies précieuses des musulmans. De cette façon, je veux impressionner l'ennemi qui est fier de la supériorité de sa force et de son équipement militaire", répondit Khalid Ibn Walîd.
A la fin Abou 'Ubaidah le commandant des forces musulmanes intervint et on se mit d'accord sur le fait que Khalid Ibn Walîd au cœur de lion affronterait les 60.000 soldats féroces et bien équipés de Jablah Ibn Ghassan avec 60 musulmans au lieu de 30. Le lendemain Khalid Ibn Walîd avec ses 59 compagnons combattit dans une bataille mémorable sans parallèle dans l'histoire militaire contre les 60.000 chrétiens. La bataille fit rage toute la journée et les 60 musulmans étaient perdus dans une mer d'hommes armés et ils combattirent comme des lions contre les vagues déferlantes des forces ennemies décidées à les écraser sous leur pieds. De temps en temps le cri [Allahou Akbâr] (Dieu est Grand) s'élevait au dessus du tumulte de la bataille témoignant de leur existence à leur frères combattants qui regardaient la progression de la bataille avec beaucoup d'anxiété.
A la fin, dans un dernier effort Khalid Ibn Walîd qui combattait comme un héros, gagna la journée et les chrétiens furent mis en déroute avec de lourdes pertes. Khalid gagna une bataille mémorable sans précédant dans l'histoire de la guerre. La victoire établit la supériorité des musulmans sur les romains en dépit de leur infériorité exceptionnelle en nombre et en équipement.
Les empires voisins perse et romain, qui jusqu'ici se moquaient et sous estimaient la force militaire de l'Arabie, voyaient maintenant une menace pour leurs intérêts dans l'avènement de la puissance de l'islam. La pacification du nord de l'Arabie mit les musulmans en conflit avec les Perses qui gouvernaient l'Irak arabe et qui étaient reconnus comme seigneurs par les tribus arabes nomades habitants les régions voisines. Les perses incitèrent ces tribus à se lever contre l'Islam. De telles machinations de la part des perses contre l'Islam, obligea le vertueux calife au bon cœur, Abou Bakr , à envoyer en le 12 de Muharram 12 A.H ses forces sous le commandement de Khalid Ibn Walîd . Le premier à s'opposer à eux fut Hormuz, un tyran détesté par ses sujets arabes qui gouvernait la région du Delta. Khalid divisa ses troupes en trois parties, mettant Muthanna aux commandes de la colonne avançant, 'Adi Ibn Hatim pour la seconde et lui-même levant l'arrière. Il avança stratégiquement sur Al Hafir, le poste militaire de la frontière de l'empire perse. "La dessus Hormuz défia Khalid", écrit Sir William Muir "en un combat singulier. Il organisa traîtreusement une embuscade mais fut égorgé lors de l'affrontement. Les musulmans se ruèrent alors en avant et un grand massacre fit fuir l'ennemi. Ils les poursuivirent jusqu'aux rives des Euphrates', ("Le Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute "). La bataille fut nommée 'Zaat as-Salasil' (La maîtresse des chaînes) parce qu'une grande partie de l'armée perse fut enchaînée pour que les soldats ne s'enfuient pas".

***La bataille de Tigris

Dans une autre campagne près du canal de Tigris lors de laquelle une petite colonne volante sous le commandement d'Al-Muthanna fut en grand danger, Khalid arriva à temps pour soulager son lieutenant, vainquit l'armée perse renforcée avec de lourdes pertes, un grand nombre de soldats ennemis étant tués ou noyés.
La perse était maintenant en alerte à cause des victoires inattendues d'une poignée de musulmans mal entraînés et sous équipés contre leur force pourtant bien supérieure en nombre et en organisation. L'empereur perse leva une taxe auprès des clans arabes loyaux et déploya rapidement une formidable force sous le commandement de Bahman, un général perse vétéran. Les deux armées se rencontrèrent à Al Walaja, près du confluent des deux rivières en Avril 633. Khalid qui divisa son armée en deux, avança sa colonne pour rencontrer l'ennemi alors qu'il garda deux colonnes en réserve et surprit l'ennemi épuisé dans une embuscade située à l'arrière. Ainsi la supériorité tactique et les grands talents militaires de Khalid ganga la journée pour les musulmans contre les forces perses pourtant supérieures.
L'amertume se répandit parmi les tribus bédouines chrétiennes qui appelèrent Ardashir, l'empereur perse pour venger leur défaite. Une grande force conjointe formée de perses et de bédouins fut déployée en hâte sous le commandement du général perse Jaban pour rencontrer la force musulmane à Ulles en mai 633.
Laissant un gros détachement à Al-Hafir, pour garder ses arrières, Khalid marcha rapidement en avant pour rencontrer l'ennemi. La bataille fut acharnée et pendant un long moment le dénouement fut incertain. A la fin, dans une charge acharnée de Khalid, les perses abandonnèrent et s'enfuirent, laissant derrière eux 70.000 morts sur le champ de bataille. En un seul combat, Khalid avait vaincu un guerrier perse réputé pour être l'équivalent de 1000 guerriers.
A cette époque, les Perses étaient largement désillusionnés et leur moral était brisé. Néanmoins, les bédouins chrétiens insistèrent pour expulser les envahisseurs. Khalid surprit Amghisiya, une ville prospère dans la région de Al Hira. Le Calife en apprenant ces victoires des armées musulmanes, s'écria : "O, Qouraych, en vérité votre lion, le lion de l'Islam, a bondi sur le lion perse, et l'a privé de sa proie. Les femmes ne porteront jamais un second Khalid".
Khalid avec un escadron volant se hâta vers le canal pour fermer les écluses et permettre à ses bateaux de remonter le canal. Al Hira fut assiégée par les musulmans et capitula peu après. Un traité fut signé avec les habitants de Hira en 633, qui fut plus tard rectifié par le calife de l'Islam. On fit de Hira le quartier général des forces islamiques et de là Khalid commença la consolidation de ses gains. Les réformes introduites par Khalid en consultation avec le Calife en faveur des agriculteurs et des habitants de des pays conquis fournissent un contraste frappant avec le féodalisme perse qui prévalait jusqu'ici dans ces régions. Ainsi, les musulmans furent bien accueillis comme des bienfaiteurs remplaçant les tyranniques seigneurs perses. Par mesure de précaution, des garnisons musulmanes furent postées ici et toutes les troupes furent gardées prêtes en colonnes mobiles.
La prochaine à être assiégée fut la forteresse de Anbar, située sur l'Euphrate à environ 80 miles au dessus de Babylone. La fosse profonde attenante à la forteresse fut traversée en y jetant les corps usés des chameaux tombés au combat et la ville capitula sans plus de résistance. Ain-at-Taur, un point vert dans la région de Anbar, fut aussi capturée par les musulmans.
Khalid avait maintenant atteint Al Firad, située sur la frontière irakienne et syrienne, qui était divisée par une rivière. Les frontières syriennes étaient gardées par une forte garnison byzantine qui, alertée par les succès de Khalid , fit cause commune avec les Perses et les bédouins chrétiens afin de vaincre les envahisseurs musulmans. Un conflit long et difficile s'ensuivit dans lequel les musulmans furent victorieux.
Les victoires de l'islam sur les Perses établit la suprématie des armes islamiques et du commandement de Khalid Ibn Walîd. Khalid resta en Irak pendant 14 mois et pendant cette période il combattit et gagna 15 batailles contre un ennemi qui était de loin supérieur en armes et en hommes. Les Arabes, qui jusqu'ici se considéraient comme bien inférieurs aux perses dans tous les aspects de la vie et qui les reconnaissaient comme leurs seigneurs, se débarrassèrent de leur complexe d'infériorité et regagnèrent leur confiance. Les victoires éclaires de Khalid en Irak qui paralysaient le vaste et plein de ressources empire perse en si peu de temps, figurent parmi les campagnes les plus glorieuses dans les annales de la guerre et l'ont placé parmi les plus grands généraux de tous les temps. Il avait imaginé plusieurs nouvelles tactiques qui étaient jusqu'ici inconnues dans le monde, parmi lesquelles le fait de charger par les forces de réserve. Il se révéla aussi être un bon administrateur qui consolida ses gains, installa des garnisons militaires à des endroits convenables pour sécuriser la région, effectua des réformes agraires et d'autres réformes avantageuses pour les hommes du commun qui rendirent les musulmans chers aux habitants contrairement à leurs précédents seigneurs féodaux perses. Les musulmans avec leur penchant démocratique étaient préférés aux bureaucrates perses.
Après la défaite des forces conjointes à Firad en janvier 634, la saison du pèlerinage approchant, Khalid essaya d'accomplir en secret le Hajj. Sir William Muir dans son travail bien documenté "Le Califat --- Son avènement, sa grandeur et sa chute", écrit : "La saison du pèlerinage à la Mecque arrivant maintenant, Khalid forma le désir de l'accomplir incognito sans même que ne le sache son royal maître. Ainsi, ayant recruté son armée pendant 10 jours sur le champ, il donna des ordres de marcher lentement et par étapes faciles vers Al Hira. Puis il partit secrètement avec une petite escorte pour sa pieuse mission. Sans guide, il traversa le désert avec une merveilleuse sagacité et rapidement. Ayant accompli les rites du pèlerinage, il rebroussa chemin de la Mecque et rentra à Al Hira au début du printemps, juste alors que l'arrière garde arrivait. Ainsi il garda bien son secret, et l'armée pensa toujours qu'il était à Al Firad et qu'il revenait doucement. Même Abou Bakr, qui présida lui-même le pèlerinage, ne fut pas conscient de la présence de son grand général".
L'attitude des armées byzantines aux frontières de la Syrie était aussi menaçante que depuis le temps du Prophète . Les armées byzantines avaient fait des incursions fréquentes dans les territoires arabes bordant la Syrie et avaient emporté leurs troupeaux et leurs biens. Khalid , qui était posté aux frontières syriennes, affronta avec succès les armées byzantines. Le calife Abou Bakr , ayant réalisé le grand danger à l'horizon syrien, demanda aux musulmans de s'enrôler pour le service actif sur le front syrien. Plus d'un millier de compagnons du Prophète , dont une centaine qui avait participé à la bataille de Badr se porta volontaire.
Le calife en personne alla à la plaine de Jurf pour dire adieu à chaque brigade partant pour la Syrie et leur donna l'ordre suivant : "Hommes, j'ai dix ordres à vous donner, que vous devez observer loyalement : Ne trompez personne et ne volez personne; Ne trahissez personne et ne mutilez personne; ne tuez pas les enfants, ni les femmes, ni les personnes âgées; n'écorchez pas et ne brûlez pas les palmiers; Ne coupez pas les arbres fruitiers et ne détruisez pas les champs, les troupeaux ni les chameaux excepté pour avoir de la nourriture. Vous rencontrerez des hommes vivant dans des cellules; laissez les tranquille à ce à quoi ils se sont dévoués...."
Des instructions à caractère plus général furent aussi données au chef de fournir un bon gouvernement aux peuples envahis, et de respecter sa promesse; de ne pas trop rester à chaque fois, et de toujours être franc; de respecter les ambassadeurs, de ne pas les détenir longtemps de peur qu'ils ne deviennent des ennemis; de préserver le secret quand c'est nécessaire, de faire des tour de garde la nuit et le jour et de ne jamais être lâche.
Trois divisions formées de 5.000 soldats chacune furent envoyées sur le front Syrien sous le commandement de Shurjil Ibn Hasana, 'Amr Ibn Al 'Aas, et Yazid Ibn Abou Soufiân. On confia aussi à Abou 'Ubaidah le commandant suprême du front syrien le commandement d'une division séparée. Mais les Byzantins avaient rassemblé une force dans le voisinage de Yarmuk qui était dix fois plus forte que les musulmans. Cela nécessita le transfert vers le front de Khalid Ibn Walîd. Le sage Calife Abou Bakr ordonna à Khalid de partir vite pour le front syrien avec la moitié de ses forces, laissant la seconde moitié en Irak sous le commandement de Al-Muthanna. D'après les historiens Tabari, Muqaddasi et Balladhuri, le Calife avait désigné Khalid comme commandant suprême des forces musulmanes sur le front syrien. La marche éclair de Khalid et de ses hommes dans un désert sans route, sans eau et impassable entre l'Irak et la Syrie est un des exploits les plus audacieux de l'histoire. Il traversa le désert en cinq jours ce qui lui valu l'éminence de porter le nom de 'Thanniyat ul Ukab' (le passage de l'aigle).
L'armée musulmane en Syrie fut divisée en quatre corps qui opéraient sous le commandement de quatre généraux dans différents secteurs. Abou 'Obayda commandait la division des Homs dont le quartier général était à Jabia, 'Amr Ibn Al 'As commandait la division de Damas et Sharjil Ibn Hassana commandait la division opérant au Jordan. Sur le conseil de 'Omar, le calife Abou Bakr ordonna la concentration de la totalité de la force musulmane à Jaulan près de Yarmuk en avril 634 afin d'y rencontrer un ennemi dont les ressources, les richesses et l'approvisionnement en matériel de combat étaient illimités. Les Romains aussi rassemblèrent tous leurs corps et l'énorme armée romaine campa dans le méandre semi-circulaire de la rivière Yarmuk protégée sur trois cotés par la rivière et ils considéraient que c'était un lieu idéal pour camper. L'armée musulmane arriva plus tard et occupa le col de la bouteille. Les Romains réalisèrent leur erreur mais c'était trop tard. Les deux armées se regardaient depuis deux mois quand Khalid arriva sur les lieux. On lui confia le commandement suprême des forces musulmanes. D'après toutes les sources historiques connues, y compris Tabari, l'armée d'Héraclius comportait 240.000 hommes alors que les musulmans n'étaient que 40.000. L'armée romaine était commandée par de célèbres généraux et guerriers, dont Théodore le Sakkellarius, Bannes et Jarja (George).
Khalid Ibn Walîd, réalisant la supériorité des Romains en nombre et en armes, eut recours à ses tactiques habituelles et divisa son armée 38 corps égaux, tous commandés par des guerriers compétents. Le 30 Août 634, les Romains, inspirés par les prêtres, sortirent de leur camp pour rencontrer les Musulmans. Un carnage terrible s'ensuivit et les Romains furent vaincus dans un massacre épouvantable. D'après Tabari, plus de 120.000 Romans périrent dans la vallée de Wakusa et furent noyés dans la rivière. Avec cette mémorable victoire dans la bataille de Yarmuk, toute la Syrie était aux pieds des musulmans. Lors de cette mémorable bataille, Khalid Ibn Walîd montra un superbe talent militaire, une chevalerie extraordinaire et de rares mouvements stratégiques. Quand la nouvelle du désastre fut transmise à l'empereur Byzantine Héraclius à Antioche, il dit : 'Adieu Syrie, ma blonde province. Vous êtes des ennemis maintenant …quelle terre je laisse à l'ennemi; et il quitta Antioche pour Constantinople. Khalid déclara : 'La Syrie s'assit aussi calme qu'un chameau'. Mais avant la fin de la bataille de Yarmuk, le calife Abou Bakr mourut et lui succéda 'Omar; il arriva un courrier de Médine informant Khalid Ibn l-Walid que le calife Abou Bak (que Dieu l'agrée) était décédé et que lui succédait 'Omar Ibn l-Khattab (que Dieu l'agrée) mais il n'informa personne de la nouvelle du fait qu'ils étaient préoccupés par la bataille.

***Ses batailles pendant le califat de 'Omar (que Dieu l'agrée)

Immédiatement après son élection comme calife, 'Omar (que Dieu l'agrée) donna des ordres pour la déposition de Khalid du commandement suprême. La lettre fut remise à Khalid au milieu de la bataille de Yarmuk et fut gardée secrète jusqu'à la fin. Khalid obtempéra avec plaisir aux ordres du calife et jusqu'à sa mort il combattit comme un soldat ordinaire dans les armées de l'islam. Il montra un sens de la discipline incroyable pour un général de son rang. Ignorant l'humiliation que cet ordre aurait pu provoquer en lui, il continua à servir avec un zèle infatigable comme un soldat croyant de l'Islam dans toutes les campagnes qui eurent lieu ensuite en Syrie.
Pendant le califat de 'Omar, les forces musulmanes remportèrent de brillantes batailles en Syrie, en Irak, en Perse, et en Egypte et la bannière islamique fut portée aux extrémités occidentales de l'Egypte à l'ouest, et aux côtes de la mer Caspienne au nord. Le siège de Damas dura plus de deux mois et une nuit alors que dans la ville on fêtait la naissance d'un enfant de Lord Bishop et que les habitants étaient ivres, Khalid et ses associés escaladèrent les murs et ouvrirent les portes orientales. Le Takbir (cri de Dieu-ou-Akbar) remplit l'air et les festoyeurs ayant compris que situation était critique capitulèrent à Abou 'Ubaidah, le commandant musulman qui gardait les portes occidentales. Les deux armées - l'une menée par Khalid - déclarèrent avoir pris la ville et l'autre commandée par Abou 'Ubaidah qui avait accepté la capitulation de la ville sous certaines conditions, se rencontrèrent au cœur de la ville. En fin, les termes de la capitulation acceptés par Abou 'Ubaidah furent considérés comme bons pour toute la ville et furent ratifiés par le calife 'Omar.
Khalid prit part à plusieurs campagnes en Syrie, dont celles de Homs et de Kansarain. Avec la conquête de Kansarain, la dernière place forte des Byzantins en Syrie, le règne des Byzantins en Syrie s'acheva et l'empereur Héraclius se retira à Constantinople pour ne jamais revenir. La valeur exceptionnelle exhibée par Khalid lors de la campagne de Kansarain obligea 'Omar à changer son opinion à son sujet. Il reconnut ouvertement : 'Que Dieu bénisse Abou Bakr . Il avait un plus grand sens du type d'homme qui convient que moi'.
Le respect montré par les conquérants musulmans envers les races conquises en Irak et en Syrie fut responsable, pour une grande partie, de l'établissement d'un gouvernement et d'une administration stables dans ces régions. Dans " Le Califat, Son avènement, sa grandeur et sa chute ", Sir William Muir reconnaît : 'Si les musulmans avaient maltraités les gens en Syrie ou s'ils avaient persécuté leurs religion, leur position aurait en fait été désespérée; mais leur clémence envers les conquis, leur justice et leur dignité contrastaient avec la tyrannie et l'intolérance des Romains.....Les chrétiens syriens jouissaient de plus de liberté civiles et politiques sous leurs envahisseurs arabes que sous le règne de Héraclius et ils n'avaient aucun désir de retourner à leur ancien état....Les musulmans, quand ils se retirèrent, rendirent les impôts collectés, puisqu'ils n'étaient plus capable de remplir leur part du marché en garantissant la sécurité de la vie et des biens. Un évêque nestorien écrit à propos de l'année 15 : Les Talites (Arabes) à qui Dieu avait accordé de nos jours la domination, sont devenus nos maîtres; mais ils ne combattent pas la religion chrétienne; plutôt ils protègent notre foi, ils respectent nos prêtres et nos hommes saints, et font des cadeaux à nos églises et à nos couvents'. Ainsi, les musulmans en Syrie régnaient sur les corps et les cœurs de leurs sujets en Syrie et en Irak.
La raison derrière la déposition de Khalid n'était pas la malice de la part du grand calife 'Omar. C'était une personne trop grande pour qu'on l'associe à de tels actes. Comme le dit Sir William Muir : "Le chef militaire devait laisser la place au fonctionnaire civil; de l'épée à la plume; de Khalid à Abou 'Ubaidah. Il n'y a pas d'occasion de chercher des motifs ultérieurs qui auraient mené 'Omar à remplacer Khalid par Abou 'Ubaidah. Pas la moindre des haines personnelles ne l'aurait influencé. 'Omar était trop grand pour cela.' 'Omar a essayé d'effacer l'incompréhension créée parmi les gens au sujet de la déposition de Khalid Ibn Walîd. Il envoya une lettre dans les différentes provinces pour annoncer qu'il n'avait pas déposé Khalid à cause d'une faute de sa part, mais parce qu'ils avaient commencé à mettre plus de confiance en Khalid qu'en Dieu".

***Sa mort (21 H ; 51 ans)

D'après Tabari et Ibn 'Asakir, Khalid Ibn Walîd, le sabre de Dieu, mourut à Homs en 21 de l'hégire (644).
"Hélas", murmura-t-il "Moi, qui ai combattu des centaines de batailles et dont le corps porte d'innombrables cicatrices, je n'ai pas pu être béni par le martyr - la plus grande ambition de tout vrai musulman. Je suis allé dans tous les endroits possibles pour la Shahada, mais il était écrit dans mon destin que je mourrai dans mon lit. A mon avis il n'y a pas d'action plus chère que mon attente auprès de mon cheval abrité par la nuit, le ciel scintillant par la pluie, attendant l'aube, afin que je puisse attaquer l'ennemi".
En apprenant la nouvelle de sa mort, le calife 'Omar s'exclama : "La mort de Khalid a créé un vide dans l'islam qui ne peut être comblé".






AU NOM DE ALLAH LE CLEMENT LE MISERICORDIEU J'EN PLEURE DE LIRE TOUT CA.


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MessagePosté le: Mer 12 Jan - 00:44 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

'Othmân Ibn 'Affân - عُثْمَان بْن عَفَّان


***Son nom et sa généalogie

Il se nomme Abou 'Amr 'Othman Ibn 'Affan Ibn Abi l-'As.
Qoreychite d'Omeyya. Sa mère est 'Arwa Bintou Kariz et son arbre généalogique rejoint celui du Prophète à 'Abdou Manaf.

***Sa naissance

Il est né à At-Tâif, six ans après l'année de l'éléphant.

***Sa conversion (-13 H. ; 39 ans)

Il fut parmi les premiers convertis à l'Islam, par Abou Bakr, que Dieu les agréé tous deux. Il avait à ce moment-là trente neuf ans.

***Ses combats dans la voie de Dieu (le Très-Haut)

Il assista à tous les grands évènements avec le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) sauf la bataille de Badr car sa femme Rouqayya (رضي الله عنها) était malade. Ainsi le Prophète lui ordonna de rester à son chevet à Médine ; il le compta cependant parmi les participants à la bataille de Badr et lui donna sa part du butin.

***Son éléction en tant que calife (23 H.)

Il lui fut prêté serment comme successeur à la tête des musulmans trois nuits après l'enterrement de 'Omar Ibn l-Khattab, que Dieu l'agrée.
Arrive l'heure de la prière de l'aube. Après l'avoir accomplie, Ibn Awf envoie quérir tous les Emigrants et les Auxiliaires présents à Médine, tous les chefs des armées - ils étaient venus accomplir le pèlerinage à la Mecque avec le défunt calife Omar - et tout ce monde se réunit dans la mosquée du Prophète. Ibn Awf déclare alors qu'après avoir consulté les gens, il a constaté "qu'ils ne considèrent personne comme étant du même niveau que 'Othmân".
Il fait alors allégeance à ce dernier, et les responsables présents la lui font eux aussi (Al-Boukhâri 7207). Alî aussi lui fait allégeance (Al-Boukhâri n°3700).

***Les expéditions qu'il envoie

Beaucoup de pays furent conquis à son époque, comme l'Arménie et la Tripoli occidentale.
'Othman prépara une armée pour la conquête de l'Ifriqiya - l'actuelle Tunisie -. Le roi de cette région était Jarjir, un représentant d’Héraclius à qui il envoyait chaque année un tribut. Lorsque ce roi apprit la nouvelle, il réunit une armée de cent vingt mille hommes et vint à la rencontre des musulmans à Soubaytoulah, la capitale de son royaume. Ils l'appelèrent à l'Islam ou à payer la jizyah mais il fit preuve d'orgueil.
Puis 'Othman envoya 'Abdoullâh Ibn z-Zoubayr avec des soldats en renfort. Jarjir eut vent de l'arrivée des renforts et prit peur. Les affrontements commencèrent, la bataille fit rage. Ils prirent d'assaut les campements romains et les mirent en déroute, beaucoup d'entre eux furent tués. 'Abdoullâh Ibn z-Zoubayr tua Jarjir, conquit Soubaytoulah, puis les habitants de l'Ifriqiyah demandèrent la paix moyennant deux millions cinq cent mille dinars.

***Les problèmes qu'Il dut affronter en tant que calife

C'est durant le califat de notre maître 'Othman, que Dieu l'agrée, que commençèrent les critiques vis-à-vis des gouverneurs qu'il avait nommés dans différentes contrées. Les gens reprochaient des erreurs de la part des gouverneurs et les amplifiaient; ces propos se propagèrent entre certains résidents de ces contrées qui commencèrent à parler à haute voix d'oppression et d'injustice de la part des gouverneurs mis en place par 'Othman dans les différentes contrées et régions. Ces paroles finirent par parvenir aux plus grands compagnons à Médine. Ils parlèrent à 'Othman en lui demandant de révoquer certains gouverneurs afin de faire cesser cette dissension. Alors 'Othman envoya des observateurs dans les différentes contrées qui lui rapporteraient les informations réelles. Entre autres, il envoya Mouhammad Ibn Maslamah à Koufa, Ousama Ibn Zayd à Bassora, 'Abdoullâh Ibn 'Omar au Cham et 'Ammar Ibn Yasir en Egypte. Ils partirent et revinrent en disant : " Nous n'avons rien vu de blâmable".
Les instigateurs pervers de la dissension cachaient intérieurement ce qu'ils recélaient de fourberies dans le cœur, ils faisaient croire aux gens qu'ils voulaient faire apparaître la vérité et la justice. Leur leader dans cette affaire était 'Abdoullâh Ibn Saba connu sous le nom de " Ibn as-Sawda". C'était un juif d'Irak, montrant hypocritement l'apparence de l'Islam dans le but de semer la dissension et la division dans la communauté musulmane. Lorsque les gens de Bassora le démasquèrent, ils l'expulsèrent de cette ville, il se rendit alors à Koufa puis au Cham, d'où il fut de nouveau expulsé. Ibn Sawda se dirigea vers l'Egypte et s'y implanta. C'est là-bas que le nombre de ses adeptes augmenta. Sa nuisance envers 'Othman redoubla car son but était de faire diverger la parole des musulmans.
Les cerveaux de l'intrigue n'ont aucun scrupule pour parvenir à leurs objectifs : ils n'hésitent pas à écrire des faux qu'ils signent du nom d'illustres compagnons et qu'ils envoient à des gens pour les soulever. Ils prétendront ainsi que Alî leur a écrit une lettre critiquant 'Othmân.
Alî s'exclamera : "Par Dieu je ne vous ai jamais envoyé de lettre".
Pareillement, alors que Masrûq reproche à Aïcha d'avoir écrit aux gens pour les soulever contre 'Othmân, elle proteste et dit : "Par Celui en qui les croyants ont foi et que les incroyants renient, je ne leur ai pas écrit une seule lettre !".
Il met en place dans chaque grande ville un registre public destiné à recevoir les doléances des administrés, il invite ceux qui ont des plaintes à venir les faire entendre lors du pèlerinage; mais il refuse que pour le défendre on entreprenne quelque chose susceptible de faire couler le sang.
Mu'âwiya lui proposera d'envoyer une petite armée assurer l'ordre à Médine car celle-ci pourrait être la proie de ceux dont on sent bien qu'ils sont en train de faire naître une lame de fond. 'Othmân refuse. Plus tard d'autres compagnons lui proposeront de le défendre contre les insurgés. 'Othmân refusera encore de faire le premier des pas qui feront couler le sang.

***Sa maison prise en siège pendant 40 jours

Les critiques se multiplièrent ainsi que les "on-dit" à Médine. Les chefs meneurs de la dissension contactèrent leurs adeptes dans les différentes villes, leur disant de se présenter à Médine. Ces derniers entrèrent à Médine sous le prétexte du pèlerinage, en cachant leur complot visant à porter atteinte à 'Othman, que Dieu l'agrée.
'Othmân leur demande : "Que voulez-vous ?"
Ils font part de leurs exigences, et 'Othmân finit par s'engager à les respecter : il y a notamment le fait de ne plus nommer que les gens que ces insurgés estiment dignes des postes administratifs; il y a aussi le fait de répartir les recettes fiscales de façon égale. Pour leur part les insurgés prennent l'engagement de reconnaître son autorité en tant que calife.
Ils repartent alors de Médine satisfaits, mais bientôt ils interceptent un cavalier porteur d'une lettre signée de 'Othmân qui demande au gouverneur d'Egypte de mettre à mort les insurgés. Ils reviennent alors à Médine. Des insurgés viennent rencontrer Alî et lui disent qu'ils vont se soulever contre 'Othmân et qu'il doit les aider dans cette entreprise. Devant son refus, ils lui disent : "Eh bien pourquoi nous as-tu donc envoyé la lettre ?
- Par Dieu je ne vous ai jamais envoyé de lettre !" proteste Alî.
Les insurgés vont demander des explications au calife 'Othmân. Celui-ci jure ne pas être à l'origine de la missive qu'ils ont interceptée. Ils lui demandent alors de leur remettre Marwân Ibn al-Hakam, son secrétaire. 'Othmân refuse. Les insurgés assiègent 'Othmân dans sa maison.
Ils l'assiégèrent durant quarante jours, allant jusqu'à l'empêcher de se procurer de l'eau. 'Ali se mit en colère et fit apporter de l'eau, puis envoya Al-Haçan, Al-Housayn et un groupe de fils des compagnons monter la garde devant la maison de 'Othman, craignant qu'on la prenne d'assaut. Les rebelles attaquèrent en se ruant sur la porte de 'Othman, mais ils en furent empêchés par Al-Hasan, Al-Housayn, Az-Zoubayr, Talha et d'autres, puis ils escaladèrent les murs et prirent d'assaut la maison en passant par la maison de 'Amr Ibn Hazim et ceux qui gardaient la porte ne s'en aperçurent pas.
Mouhammad Ibn Abi Bakr entra et parla avec 'Othman, alors 'Othman lui dit : "Si ton père Abou Bakr te voyait il n'accepterait pas cela", alors il eut honte et sortit en regrettant.
Il a refusé les trois propositions de Al-Mughîra Ibn Su'ba dont l'une est d'employer la force pour combattre les insurgés présents à Médine (Ahmad n°451).
Quant à ces insurgés, 'Othmân leur dit : "Si vous me tuez, alors vous ne pourrez plus vous aimer les uns les autres, vous ne prierez plus sous la direction des uns et des autres et vous ne serez plus unis face à vos ennemis". (At-Tabarî)
'Othmân rappelle aux insurgés que le Prophète a interdit de verser le sang de l'homme, sacré par nature, sauf dans des cas précis; or aucun de ces motifs n'est présent en lui; "Pour quelle raison allez-vous donc me tuer ?" questionne-t-il (At-Tirmidhî n°2158, Abou Dâoûd n°4502, An-Nasâi n°4019, Ibn Mâja n°2533).
'Othmân leur rappelle aussi que, du temps du Prophète, alors que les musulmans devaient auparavant acheter leur eau, il a, sur la demande du Prophète, acheté et offert aux musulmans le puits de Rûma à Médine et qu'aujourd'hui les insurgés lui interdisent de bénéficier de l'eau de la ville ; qu'il a acheté une parcelle de terrain pour la joindre à celle de la mosquée du Prophète et qu'aujourd'hui ils lui interdisent d'accomplir ne serait-ce qu'une prière dans cette même mosquée ; qu'un jour, alors que le Prophète, Abou Bakr, Omar et lui-même se trouvaient sur une colline de la Mecque, que celle-ci avait eu une secousse et que le Prophète avait alors dit à la colline de se tenir tranquille car elle portait un Prophète, un juste et deux martyrs. Ses ennemis ayant reconnu tout ce qu'il leur dit, 'Othmân s'exclame : "Allâhu Akbar ! Ils sont témoins, en ma faveur, par le Seigneur de la Kaaba, que je suis martyr !". (At-Tirmidhî n°3703, An-Nasâi 3608)

***Sa mort (35 H. ; 81 ans)

Puis, les effrontés semeurs de discorde entrèrent chez lui et l'un d'entre-eux le frappa de son sabre alors qu'il lisait le Coran, sa femme Na'ilah se précipita sur lui et eut les doigts de la main sectionnés, puis ils le tuèrent, l'insurrection fit rage et la maison fut pillée.
Il est mort le vendredi 18 de Dhou l-Hijja en l'an 35 H, à 81 ans. Son califat dura douze ans moins un jour.
'Othman, que Dieu l'agrée, avait dit avant son assassinat : "Hier, j'ai vu le Messager de Dieu en rêve ainsi que Abou Bakr et 'Omar qui m'ont dit : Patiente, car tu déjeuneras auprès de nous la nuit prochaine".

***Son enterrement

Il resta dans sa maison trois jours puis Hakim Ibn Houzam et Jabir Ibn Mout'am vinrent auprès de 'Ali qui les autorisa à préparer ses funérailles et à l'enterrer, il fut enterré entre al-maghrib et al-'icha dans un jardin que 'Othman, que Dieu l'agrée, avait acheté et qu'il intégra au cimetière de Baqi'ou l-Gharqad.

***Sa description physique

Il était de taille moyenne, avait un beau visage, blanc avec une rougeur, sur lequel apparaissaient des cicatrices suite à la variole. Il avait la barbe épaisse, les épaules larges, les bras longs et recouverts de poils.

***Ses mérites

On rapporte au sujet de Abou Musa Al Ash'ari (que Dieu l'agrée) qu'il dit : "Si Dieu veut du bien à mon frère. Il le fera venir à cette heure".
Juste à ce moment quelqu'un fit bouger la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "'Othmàn Ibn 'Affàn".
Je dis : "Attends un peu!" Je partis l'annoncer au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) qui dit : "Laisse-le entrer et annonce-lui le Paradis ainsi qu'une épreuve qui le touchera".
Je revins et dis : "Entre! Le Messager de Dieu t'annonce le Paradis ainsi qu'une épreuve qui te touchera".
Il entra et, ayant trouvé ce côté de la margelle déjà occupé, s'assit sur le côté d'en face". (Al-Boukhâri, Mouslim)
Selon 'Âicha (رضي الله عنها) : "Le Prophète était assis avec une cuisse découverte, Abou Bakr lui demanda permission d'entrer et il lui accorda sans changer de position, ensuite lui demanda 'Omar et il lui accorda sans changer de position, ensuite lui demanda 'Othmân et il recouvrit sa cuisse. Quand ils sont sortis je lui est demandé : "Ô Messager de Dieu, Abou Bakr et 'Omar t'ont demandé la permission d'entrer et tu leur a accordé sans changé ta posture; mais quand te l'a demandé 'Othmân tu t'es recouvert" ?
Il dit : "Ô 'Âicha, ne devrais-je pas avoir honte d'un homme duquel, par Dieu, les anges ont honte de lui"". (Ahmad, Al-Boukhâri en a également parlé)



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MessagePosté le: Mar 18 Jan - 02:15 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

Abou Dharr - أَبُو ذَرّ



***Son nom et sa généalogie

Joundub Ibn Junadah, surnommé Abou Dharr Al-Ghiffâri, appartenait à la tribu de Waddan.
Abou Dharr disait lui-même : "Mon vrai nom est Joundoub Ibn Jounada, mais après ma conversion à l'Islam, le Saint Prophète m'a donné le nom de `Abdoullâh, et c'est le nom que j'aime le plus".
Les historiens s'accordent pour affirmer qu'Abou Dharr était le fils d'Ibn Qays اaghîr Ibn Hazm Ibn Ghifâr et que sa mère s'appelait Ramla Bint Waqî'a Al-Ghifâriya.

***Le rejet du polythéisme

Lors d'une période de grande famine, les chefs de la tribu de Ghifâr se réunirent pour concerter et réfléchir au moyen de faire face à la terrible situation, due à la longue absence de pluie et dans laquelle les bêtes étaient devenues décharnées et maigres, et les provisions et les stocks épuisés. Dans cette réunion, on se demandait : "Pourquoi notre dieu (l'Idole Manât) s'est-il fâché contre nous, alors que nous avons prié pour la descente de la pluie, sacrifié des chameaux en offrande et fait tout notre possible pour gagner sa faveur? La saison de pluie arrive à son terme. Pourtant il n'y a pas trace d'un nuage dans le ciel. Il n'y a eu ni tonnerre ni averse ces temps-ci, ni même une goutte de pluie ou une bruine! Que faut-il penser? Sommes-nous devenus si pervers pour mériter la colère de dieu? Pourquoi se sent-il si en colère contre nous, alors que nous avons offert tant de sacrifices pour lui faire plaisir?"
Les gens se mirent à réfléchir sur le sujet et à échanger leurs vues. Ils pensèrent : "L'homme ne peut rien contre la volonté du ciel. Personne ne peut faire venir des nuages et de la pluie du ciel. Seul "Manât"en est capable. C'est pourquoi, nous n'avons d'autre alternative que de sortir, hommes et femmes, pour le pèlerinage, afin de prier et d'implorer le pardon de "Manât". Peut-être nous pardonnera-t-il et fera-t-il descendre la pluie pour que la terre redevienne verte après la période de stérilité, notre pauvreté se transforme en prospérité, notre malheur en bonheur et nos difficultés en aisance et confort.
Aussi toute la tribu commença à préparer une journée de prière et un voyage auprès de Manât. Ceux qui dormaient se réveillèrent et accoururent pour installer les litières sur leurs chameaux. Ounays (le frère d'Abou Dhar) enfourcha lui aussi son chameau pour rejoindre la caravane qui se dirigeait déjà vers les côtes de la mer, Mushalsal et Qadîd qui relient la Mecque et Médine et où se dressait Manât. Ounays cherchant autour de lui son frère et ne le trouvant pas fit s'asseoir son chameau et courut à pied pour voir s'il était resté à la maison. En y arrivant, il cria : "Jundab! Jundab!". Lorsqu'il vit son frère allongé tranquillement sur son lit, il lui dit, étonné :
- N'as-tu pas entendu "l'appel" au voyage?
- Si, mais que dois-je faire lorsque je me sens fatigué et que de plus je n'ai pas envie d'aller en pèlerinage à Manât, répondit Abou Dhar.
- Tais-toi! Demande pardon au dieu. Ne crains-tu pas qu'il t'entende et qu'il envoie sur toi son courroux? le gronda Ounays.
- Mais es-tu sûr que Manât puisse nous entendre et nous voir? lui rétorqua Abou Dhar.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive aujourd'hui? Un génie a-t-il eu raison de ton esprit? Ou bien es-tu malade? Viens! Repens-toi. Peut-être dieu acceptera-t-il tes remords, lui dit Ounays.
Voyant Abou Dharr rester dans son lit, son frère le hâta : "Lève-toi. La caravane est partie. La tribu s'éloigne".
Alors que les deux frères discutaient, leur mère arriva. Ils se turent.
- La mère : Mes fils, quelles sont vos opinions?"
- Ounays : A propos de quoi? Mère.
- La mère : A propos de la pluie.
- Ounays : Nous sommes d'accord avec ce que tu suggérerais.
- La mère : Je propose que vous alliez voir votre oncle maternel qui est un homme riche.
- Ounays : D'accord. Comme tu voudras. Que dieu améliore notre condition !
Abou Dharr et Ounays accompagnés de leur mère, se rendirent chez leur oncle. Celui-ci les accueillit avec grande hospitalité. Ils restèrent chez lui pendant longtemps. Le confort et le plaisir y remplacèrent les difficultés et la peine dans lesquelles ils se débattaient jadis. Lorsque les membres de leur tribu apprirent que leur oncle se montrait très bon envers ses deux neveux et qu'il les aimait comme ses propres fils, ils furent pris de jalousie et décidèrent de préparer un plan en vue de le faire se détacher d'eux. Ils réfléchirent ensemble sur les différents moyens de parvenir à leurs desseins perfides, et ils finirent par choisir un homme pour exécuter le plan de leur conspiration. Cet homme alla voir l'oncle d'Abou Dharr et s'assit à ses côtés calmement, la tête baissée. L'oncle d'Abou Dharr lui demanda : "Comment vas-tu?".
L'homme affecta un air triste et dit : "Je suis venu te voir pour une affaire importante. Si je n'avais pas une grande affection et un grand respect pour toi, je ne te dirais rien. Mais ma loyauté m'a obligé à venir pour t'en parler. Je voudrais te réveler ce que tu ignores afin que tu puisses voir toi-même ce qui se passe, car je vois que les faveurs que tu fais à certains sont récompensées par l'ingratitude".
L'oncle d'Abou Dharr sentit que quelque chose allait mal. Il s'inquiéta et dit : "Parle franchement et dis-moi tout".
L'homme dit : "Comment pourrais-je te dire que lorsque tu sors de la maison, ton neveu Ounays, tient compagnie à ta femme et lui parle secrètement. Je ne saurais te dire ce qu'il lui dit".
L'oncle d'Ounays protesta : "C'est une fausse accusation contre lui, et je ne crois pas du tout à ton insinuation".
L'homme répondit : "Nous aussi, nous aurions voulu que ce soit une fausse allégation et une pure calomnie. Mais malheureusement, je suis obligé d'affirmer, que c'est la vérité".
L'oncle d'Ounays lui demanda de lui fournir une preuve à l'appui de cette accusation. L'homme répondit : "Toute la tribu peut en témoigner. Tout le monde l'a vu et a le même sentiment. Si tu le désires, je pourrais te fournir d'innombrables témoignages de ma tribu".
Ayant entendu ces propos, le pauvre oncle commença à penser à son honneur et à son prestige. Il se sentit blessé dans sa dignité. L'homme sortit de chez lui après lui avoir fait cette révélation abjecte qui laissa sur lui l'effet d'une morsure de serpent.
L'oncle d'Ounays était maintenant convaincu de la véracité de l'accusation. Il fit beaucoup d'effort pour garder son sang-froid et son esprit en paix, mais en vain. Il se sentait, jour et nuit, triste, angoissé et comme saisi d'épouvante. Chaque fois que son neveu se trouvait devant lui, il détournait son visage. Un silence pesant régnait sur toute la maison.
Lorsqu'Abou Dharr remarqua les traits de tristesse envahissant le visage de son oncle, il lui demanda : "Cher oncle! Qu'est-ce qui t'est arrivé? J'ai remarqué que tu as changé depuis quelques jours. Tu nous parles très peu, contrairement à l'habitude, et tu as l'air très pensif et dépressif".
L'oncle répondit : "Il n'y a rien d'anormal".
Abou Dharr insista : "Non, il y a certainement quelque chose. Dis-moi s'il te plaît ce qui ne va pas. Peut-être pourrais-je te débarrasser de tes ennuis ou partager une partie de tes angoisses".
L'oncle dit : "Je ne peux pas décrire ce que les hommes de ma tribu m'ont appris".
Abou Dharr revint à la charge : "S'il te plaît, dis-moi ce qu'ils t'ont rapporté".
Son oncle finit par céder : "Ils disent que Ounays rencontre ma femme quand je sors de la maison".
Ayant entendu ces calomnies, Abou Dharr sentit le sang lui monter au visage et devint rouge de colère : "Tu viens de gâcher toutes les faveurs que tu nous as faites. Nous partirons tout de suite et nous ne te reverrons plus jamais".
Ils quittèrent ainsi leur oncle et s'établirent à "Batn Marwa", près de la Mecque. C'est là qu'Abou Dharr découvrit l'apparition du Prophète dans la ville de la Mecque. Il s'intéressa vivement à cet événement et voulut absolument en savoir plus.

***Sa conversion (-13 H)

Il est la troisième personne dans la liste des quatre pionniers qui ont en premier lieu embrassé l'Islam.
Un jour, il demanda à son frère Ounays d'aller à la Mecque et de trouver des renseignements sur le Prophète.
Ounays était sur le point de partir pour la Mecque lorsqu'on vit venir un homme qui se dirigea directement vers la maison d'Abou Dhar.
"D'où viens-tu?" lui demanda Abou Dhar.
"Je viens de la Mecque", répondit l'homme. "Quelle est la situation là-bas?", demanda encore Abou Dhar.
"On y parle d'un homme qui se dit être Prophète et recevoir des révélations du ciel" dit l'homme.
Abou Dharr poursuivit : "Qu'ont fait les Mequois de lui?".
"Ils l'ont démenti, torturé et ils ont mis les gens en garde de le rencontrer. Ils menacent et terrorisent quiconque le voit", répondit l'homme.
"Pourquoi les gens ne le croient-ils pas?" interrogea Abou Dhar.
"Comment le croiraient-ils alors qu'il vilipende leurs dieux, les traitent de stupides et qualifie leurs ancêtres de pervers!", répondit l'homme.
"Il dit cela vraiment?" demanda Abou Dharr intéressé.
"Ah oui. Et il dit que Dieu est Un...", confirma-t-il.
Abou Dharr se mit à réfléchir à propos de l'homme qui avait dit que Dieu est UN. Il continua à penser pendant un certain temps. Le visiteur le regarda et le trouvant pensif, il prit congé et partit.
Après son départ, Abou Dharr s'adressant à son frère, lui dit : "Va à la Mecque et essaie de trouver cet homme. Il affirme qu'il reçoit des révélations du Ciel. Quel est le mode de sa conversation? Vois s'il est sincère ou non dans ses paroles".
Ounays entreprit le voyage. Après avoir traversé différentes stations, il arriva à la Mecque et se dirigea vers la Ka`bah pour accomplir les rites de pèlerinage. Lorsqu'il sortit de la Ka`bah, il vit un attroupement. Il demanda à un homme qu'il croisa : "Qu'est-ce qu'il y a là?".
L'homme répondit : "Un apostat qui appelle les gens à une nouvelle foi".
Dès que Ounays entendit ceci, il accourut vers le lieu de rassemblement. Une fois sur place, il vit un homme dire : "Louanges à Dieu! Je fais Ses louanges et Lui demande secours. Je crois en Lui, je dépends de Lui et j'atteste qu'il n'y a de Dieu, en dehors de Lui, IL est sans partenaire".
Selon le récit d'al-Subaytî, Ounays entendit cet homme proclamer : "Ô gens! Je vous ai apporté les bénédictions de ce monde et de l'autre monde. Dites qu'il n'y a pas de dieu, sauf Dieu pour que vous soyez délivrés. Je suis le Messager de Dieu et je suis envoyé pour vous. Je vous mets en garde contre la punition du Jour du Jugement. Rappelez-vous que personne ne sera sauvé, en dehors de ceux qui se présentent devant Dieu avec un coeur humble. Ni les riches ne vous seront d'aucun secours, ni vos enfants ne pourront rien pour vous. Craignez Dieu, IL sera bon envers vous. Ô gens! Ecoutez-moi! Je dis clairement que vos ancêtres avaient dévié du droit chemin en adorant ces idoles et vous aussi vous êtes en train de suivre leurs traces. Rappelez-vous que ces idoles ne peuvent ni vous nuire ni vous être utiles. Elles ne peuvent ni vous arrêter ni vous guider".
Ounays fut étonné par le discours éloquent du Prophète (ا), mais il fut aussi surpris d'entendre les gens autour de lui tenir différents propos contre le Messager de Dieu.
Celui-ci ayant entendu ces attaques, dit : "Les Prophètes ne mentent pas. Je jure par Dieu en dehors Duquel il n'y a pas de dieu, que j'ai été envoyé pour vous comme Messager. Par Dieu vous mourrez comme si vous dormiez et vous serez ressuscités comme si vous vous réveilliez. Vous serez rappelés par Dieu pour rendre des comptes sur vos actes. Après quoi, vous entrerez éternellement, selon le verdict, en Enfer ou au Paradis".
Puis, il enfourcha son chameau et repartit. Il continua à penser à Mohammad (ا), le Prophète de Dieu, tout au long du voyage, et à se rappeler son discours jusqu'à ce qu'il rejoignît Abou Dhar.
Dès que ce dernier le vit, il lui demanda avec enthousiasme et impatience : "Qu'as-tu vu à la Mecque?"
"J'ai vu un homme, rapportait Ounays, qui appelait les gens à la noblesse de caractère. Ce qu'il dit n'est pas de la poésie.
- "Que disent les gens à son sujet" ? demanda Abou Dhar.
- "Ils disent qu'il est magicien, voyant et poète".
- "Ma curiosité n'est point satisfaite. J'ai besoin d'en savoir plus sur la mission de ce Prophète. Veux-tu prendre soin de ma famille pendant mon absence"?
- "Oui. Mais prends garde aux Mecquois".
Dès son arrivée à la Mecque, Abou Dharr ressentit une appréhension. Il décida, par conséquent, d'agir avec précaution. les Quraïshites étaient vraisemblablement courroucés par la remise en cause de leurs dieux. Abou Dharr était au courant de leur violence à l'égard des disciples du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), aussi n'eut-il pas de surprise en arrivant. Il se retint également d'interroger quiconque sur le compte de Muhammad, ne sachant distinguer l'ennemi du fidèle.
A la tombée de la nuit, il s'allongea dans la Mosquée sacrée. `Alî Ibn Abî Talib voyant qu'il était étranger lui offrit l'hospitalité. Au matin, Abou Dharr retourna à la Mosquée après avoir récupéré sa poche d'eau et son sac. Il ne posa aucune question et on ne lui en posa aucune.
Le jour suivant, Abou Dharr n'apprit rien de plus sur le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Le soir, alors qu'il se préparait à dormir dans la Mosquée, `Alî passait de nouveau par là. Il lui dit : "N'est-ce pas l'heure pour un homme de rentrer chez soi ?"
Abou Dharr accepta son invitation et passa sa seconde nuit chez `Alî . Une fois de plus, personne n'interrogea l'autre sur quoique ce soit.
Toutefois, au bout de la troisième nuit, `Alî lui demanda :
- "Ne vas-tu pas me dire ce qui t'amène à la Mecque" ?
- "A la condition que tu promettes de me conduire à ce que je cherche".
`Alî promit, alors Abou Dharr lui dit :
- "Je suis venu de loin afin de rencontrer le nouveau Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et écouter ce qu'il a à dire".
Le visage d'`Alî s'illumina de joie, puis il s'exclama :
- "Par Dieu, il est véritablement le Messager de Dieu !"
Il parla du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et de ses enseignements. Il ajouta enfin :
- "Quand nous nous lèverons demain matin, suis-moi où que j'aille. Si je sens un danger, je m'arrêterai comme si je voulais uriner. Si je continue à marcher, suis-moi et entre là où j'entrerai".
Abou Dharr ne ferma pas l'œil de la nuit, tellement il était impatient de voir et d'écouter le Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui). Le lendemain matin, il suivit de près `Alî , jusqu'à ce qu'ils se retrouvent en présence du Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui).
- "Que la paix soit sur toi, Ô Messager de Dieu", salua Abou Dhar.
- "Et sur toi la paix de Dieu, Sa miséricorde et Ses bénédictions", répondit le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui).
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) l'accueillit donc et l'invita à l'Islam en lui récitant quelques versets du Coran. Rapidement, Abou Dharr prononça l'attestation de foi et adopta la nouvelle religion sur le champ.

***Son prêche à la Mecque

Il raconte : "Après ma conversion, je suis resté avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) afin de me former à l'Islam et d'apprendre à lire le Coran. Il me dit :
- "Ne parle à personne ici de ton adhésion à l'Islam. Ils te combattraient".
- "Par celui qui détient mon âme entre ses mains, je ne quitterai pas la Mecque sans me rendre à la Mosquée sacrée et proclamer la Vérité au milieu des Quraïshites" jurais-je.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se tut. J'allais donc à la Mosquée où les Quraïshites étaient assemblés en pleine discussion. Je me mêlais à eux et criais du plus fort que je pus : "Ô gens des Quraïshites, je témoigne qu'il n'y a d'autre Dieu que Dieu et que Muhammad est son Messager".
Mes mots eurent un effet immédiat sur eux. Ils sautèrent sur leurs jambes et s'exclamèrent : "Attrapons-le, lui qui a abandonné sa religion".
Ils bondirent sur moi et me frappèrent sans merci. Ils avaient clairement l'intention de me tuer. Toutefois, Al-'Abbâs Ibn Abdulmuttalib, l'oncle du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), me reconnut. Il se pencha sur moi pour me protéger de leurs coups. Il leur dit : "Malheur à vous ! Voulez-vous tuer un homme des Ghifar, alors que vos caravanes passent par leur territoire ?"
Là seulement, ils me relâchèrent. Je retournais chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Lorsqu'il vit mon état, il dit : "Ne t'avais-je pas dit de garder le secret sur ta conversion" ?
- "Ô Messager de Dieu, dis-je. Mon âme avait besoin de s'exprimer, alors je l'ai laissée s'exprimer".
- "Va trouver ton peuple, ordonna le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Dis-leur ce que tu as vu et entendu. Invite-les à Dieu. Peut-être Dieu les comblera de bien par ton entremise et te récompensera à travers eux. Le jour où tu entendras que je me suis fait connaître ouvertement, alors viens à moi".

***Le prêche à sa famille

Il raconte : Je quittai la ville et retournai vers mon clan. Mon frère m'interrogea : "Qu'as-tu fait ?"
Je lui expliquais que j'étais devenu musulman et je croyais désormais à la vérité des enseignements de Mouhammad. Il me répondit : "Je ne suis pas opposé à ta religion. De fait, je suis moi aussi musulman et croyant".
Tous deux, nous allâmes chez notre mère afin de l'inviter à l'Islam. Sa réponse fut : "Je n'ai rien contre votre religion. J'accepte également l'Islam".

***Le prêche dans sa ville

La nuit tomba. Alors qu'ils étaient allongés sous leurs tentes pour se remettre de leur fatigue due au voyage, ils entendirent quelques hommes de leur tribu qui se trouvaient là se raconter des histoires et relater différents événements. Ils étaient occupés à d'interminables conversations.
Lorsqu'Abou Dharr tendit l'oreille pour savoir de quoi ils parlaient, il comprit qu'il était le sujet de leur discussion. Par la suite, ces hommes se levèrent et se dirigèrent vers sa tente. Abou Dharr dit à son frère Ounays : "Les hommes de la tribu s'approchent de notre tente. Sors pour les voir".
Ounays sortit tout de suite. Il vit quelques jeunes hommes de sa tribu rassemblés là. Ils se dirigèrent vers lui. Ils le saluèrent. Après avoir répondu à leur salutation, Ounays leur demanda le motif de leur visite. Ils répondirent : "Nous sommes venus simplement pour vous voir tous les deux".
Ounays rentra dans la tente et dit à Abou Dhar : "Les jeunes de la tribu sont venus pour en savoir plus sur notre voyage". Abou Dhar dit : "Fais-les entrer. Je vais leur parler. Peut-être réussirais-je à en faire des adorateurs de Dieu, l'Unique.
Ounays ressortit et dit aux jeunes : "Entrez! Mon frère Abou Dharr vous attend".
Ils entrèrent tous. L'un d'eux dit : "Ô Abou Dhar! Nous ne t'avons pas vu depuis longtemps, ce qui nous a beaucoup attristés".
Abou Dharr dit : "Chers jeunes gens! J'ai beaucoup d'affection et de sympathie pour vous dans mon coeur".
- Un jeune homme : Abou Dhar! Où étais-tu depuis si longtemps? Nous ne pouvions pas te joindre depuis quelque temps.
- Abou Dhar : J'étais allé à la Mecque. J'en suis revenu depuis quelques jours.
- Un autre homme : Nous sommes contents que tu sois allé à la Mecque.
- Abou Dhar : Je suis allé à la Mecque, mais je n'y ai évidemment pas offert de sacrifice à Hubâl ni ne me suis prosterné devant "Lât" et "`Uzzâ". Chers jeunes gens! Pourquoi aurais-je fait de telles cérémonies devant ces idoles qui n'ont pas de vie et qui ne peuvent faire ni de bien ni de mal à personne? Elles ne peuvent ni voir ni entendre, ni parer à une calamité qui s'abattrait sur elles. Ecoutez-moi bien! Je recours à Dieu dans toutes mes actions et affaires. IL est certainement Unique et sans égal ni partenaire. J'atteste que Dieu est le Seul à être digne d'adoration. IL est le Créateur de toutes choses et le Nourricier de toutes les créatures. Je vous demande donc de vous joindre à nous dans notre plan d'action et de reconnaître l'Unicité de Dieu comme nous".
En entendant ce discours inouï, tout le monde se mit à trembler. L'un des visiteurs dit avec étonnement : "Ô Abou Dhar! Que dis-tu là?!".
Abou Dharr reprit : Ecoutez bien ce que je vais vous dire. Bien que je ne puisse voir Dieu avec mes yeux, je Le vois partout avec mon oeil intérieur. On peut Le voir à travers toutes les choses dans le monde. Réfléchissez bien! Comment un objet peut-il être digne de faire l'objet de l'adoration de l'homme, alors qu'il est fait avec les mains de l'homme? Il n'est pas raisonnable d'adorer des idoles faites de pierre et de bois, et de les implorer de satisfaire nos besoins! Chers frères! Vous n'êtes pas sans savoir que ces idoles n'ont aucun pouvoir. Elles ne peuvent ni éloigner un malheur ni apporter le bien".
Une fois ces exhortations d'Abou Dharr terminées, les jeunes gens échangèrent des propos à voix basse puis prirent congé.

***Le prêche au chef de sa tribu Khafâf

Le chef de la tribu averti par ces jeunes dépêcha son esclave chez Abou Dharr pour le faire venir chez lui. En arrivant à destination, l'esclave dit : "Abou Dharr et Ounays sont convoqués chez le chef".
Abou Dharr l'informa qu'il pensait justement aller le voir. Après le départ de l'esclave, Abou Dharr s'arma de son épée et dit à son frère : "Allons voir Khafâf".
Ounays observa : "Frère! J'ai entendu de mauvaises choses sur toi par les gens. Je crains que cette rencontre soit inopportune. Quelque chose d'imprévu peut se produire".
Abou Dharr lui répondit : "Non! Cela n'arrivera pas. Je connais Khafâf très bien. C'est un homme sage. Dieu l'a doué de raison. Il est le plus intelligent de toute notre tribu".
Les deux frères sortirent et se dirigèrent vers la résidence de Khafâf en discutant.
Une fois arrivés à destination ils virent les notables de la tribu, assis en cercle autour du chef. S'adressant à l'assemblée, Abou Dhar salua : "Que la paix soit sur vous".
Les notables furent offusqués par la salutation islamique d'Abou Dhar, et furieux, ils lui dirent : "Qu'est-ce que cette salutation qu'on n'a jamais entendue avant?!".
L'un des notables ajouta : "C'est triste! Nous ne savons pas de quel côté va Abou Dhar".
Un autre reprocha : "Regardez! Il est assis avec son épée. Il n'a pas de respect pour le chef".
Un troisième homme rectifia : "Tu as raison! Mais il est un cavalier de la tribu et les guerriers sont toujours armés.".
Abou Dharr intervint : "Ecoutez-moi! Je vous respecte parce que vous êtes les nobles de la tribu. Nous sommes fiers de vous et nous vous tenons en estime. La salutation que je vous ai adressée est introduite par l'Islam".
Ensuite, Abou Dharr et Ounays prirent place juste devant le chef de la tribu, Khafâf. Celui-ci commença à parler sur un ton correct mais vif : "Ô Abou Dhar! J'ai appris que tu as été amené à adorer Dieu, Qui est Invisible. Les notables de la tribu sont choqués par cette attitude. Ils disent que tu insultes leurs dieux et prétends qu'ils sont des objets dépouillés de toute sagesse. Ô Abou Dhar! Nous te respectons, mais cela ne signifie pas que nous soyons enclins à tolérer qu'on insulte nos dieux. Je te demande de te défaire de tes idées nouvelles et de revenir à ta religion ancestrale, ou à défaut, de m'expliquer ta nouvelle foi afin que je puisse comprendre sa vérité. En retour, je te promets de l'accepter, si tu arrives à nous démontrer qu'elle est raisonnablement meilleure que la nôtre".
Abou Dharr répondit : "O, Chef de notre tribu! Nous te respectons et t'honorons, quoi que tu dises. Mais en même temps, nous voudrions t'expliquer que Dieu, l'Unique, que nous avons décidé d'adorer et en Qui nous croyons, est Celui-là même qui a créé le ciel et la terre, Qui donne subsistance à toutes les créatures, Qui contrôle la vie de tous objets animés et Dont le Pouvoir est illimité. Les idoles que nous adorions jusqu'à maintenant ont été fabriquées avec nos mains et à l'aide de nos ciseaux et marteaux. Est-il raisonnable de penser que celui que nous avons fabriqué avec nos mains puisse être notre créateur, notre nourricier et l'auditeur de nos prières? L'homme est le plus noble de toute la création. Comment sa dignité permet-elle qu'il incline la tête devant une pierre? Chef! Pense, s'il te plaît, sans passion à ce que je dis. Ces idoles n'ont pas le pouvoir même de se protéger de leurs ennemis. Ecoute-moi, Ô Chef! Un jour je suis allé auprès de Manât et je lui ai offert un verre de lait. Alors que j'étais encore là, un renard est venu. Il but le lait et urina sur Manât. Cet incident eut un grand effet sur moi, et je me suis dit comment un dieu peut être à ce point sans défense! Cela m'a montré clairement que Manât ne saurait être un dieu. Je suis sûr que tout homme raisonnable pensera que le Créateur du ciel est supérieur au ciel, et que le Fondateur de la terre est meilleur que la terre. Conformément à ce raisonnement, les idoles ne peuvent être meilleures que nous, et n'étant pas supérieures à nous, il est insensé pour nous de les adorer. Ô Chef! Je suis arrivé à la vérité que Dieu l'Unique est le Créateur et le Nourricier de tout l'Univers, et que Mouhammad al-Mustafâ qui a été envoyé à la Mecque est Son Messager. Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) possède de telles hautes qualités que personne dans le monde ne peut l'égaler. Les Quraych qui sont ses pires ennemis admettent sa sincérité, sa véracité et ses qualités. Bien qu'ils sachent parfaitement que Mouhammad est contre leurs dieux et leur religion, ils l'ont surnommé al-Sâdiq al-Amîn (le Véridique, le Sincère), comme je viens de l'apprendre dernièrement. ةcoutez! La lumière rayonne de son visage et la sagesse découle de ses mots".
Dès qu'Abou Dharr termina son discours, un vacarme s'éleva de partout. "Quel gentil discours fait Abou Dhar, là! Nos dieux sont donc des sourds-muets! Abou Dhar a insulté notre foi et humilié nos dieux".
Quelques-uns dans l'assistance prirent la défense d'Abou Dhar : "Nos amis! Ne dites pas de bêtises. Nous disons sincèrement que tout ce qu'Abou Dharr a dit nous semble juste, et la raison nous commande d'accepter la vérité. Nous sommes sûrs que nous ne pouvons avoir meilleure guidance que celle qu'Abou Dharr nous a apportée".
Une autre voix s'éleva : "L'Arabie a besoin d'un réformateur et personne ne s'avère être meilleur réformateur que celui que nous a présenté Abou Dhar".
Une autre voix encore approuva : "Le discours d'Abou Dharr est très raisonnable".
Puis une voix très forte s'éleva, perçant les tympans des oreilles : "Ô Abou Dhar! J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Mouhammad est Son Messager!".
Constatant ces différentes opinions, Khafâf, le chef de la tribu, après mûre réflexion, leva la tête et dit : "Chers hommes de la tribu! Ecoutez-moi bien attentivement! Vous avez entendu tout ce qu'Abou Dharr a dit. Il est de notre devoir de réfléchir à son discours très soigneusement et de voir quelle part de vérité il contient. La précipitation est déconseillée. Il serait insensé de rejeter les suggestions de quelqu'un avant de les avoir examinées. Mes amis! Vous êtes conscients de la confusion dans laquelle nous sommes plongés et des crimes dans lesquels nous sommes impliqués. Les riches exploitent les pauvres et il n'y a pas de limites aux péchés et au mal que nous commettons. Je suis arrivé à la conclusion que je doive accepter et épouser ce qu'Abou Dhar dit. Maintenant, il vous appartient de former votre opinion vous-mêmes. Ecoutez-moi tous : J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et j'atteste que Mouhammad est Son Messager".

***Le prêche sur 'Asfân

Après avoir infusé l'esprit de l'Islam dans la tribu de Ghifâr, Abou Dharr concentra son attention sur 'Asfân. Arrivant à cet endroit, il prêcha l'Islam aux gens. Etant donné que cette région constituait un passage très fréquenté par les Quraych et qu'Abou Dharr éprouvait un sentiment de malaise envers ces derniers en raison des tortures qu'ils lui avaient fait subir, il mit un peu de rigueur pour les faire se convertir à l'Islam. Lorsqu'un groupe de Quraych arriva à cet endroit, il lui présenta l'Islam et un grand nombre de ce groupe embrassa la nouvelle Foi.

***Le début de l'émigration des musulmans vers Médine

Ounays apporta à son frère Abou Dharr ces bonnes nouvelles et lui dit : "L'Islam s'est répandu à Médine. Les Aws et les Khazraj ont embrassé l'Islam!".
Abou Dharr annonça : "Le Messager de Dieu ira très bientôt les rejoindre et émigrera à Médine".
Ounays regarda, d'un air surpris, son frère et lui demanda : "T'a-t-on déjà apporté cette information?".
Abou Dharr répondit : "Non, Pas plus que je ne savais rien jusqu'à ton arrivée, de la conversion des habitants de Yathrib (Médine) à l'Islam".
- Ounays : Mais alors, comment sais-tu que le Messager de Dieu émigrera à Yathrib?
- Abou Dhar : Il m'avait dit, le jour même où je l'avais vu pour la première fois, qu'il irait à une ville de dattiers, et je pense que cette ville est Yathrib. Le Prophète avait dit la vérité.
- Ounays : Est-il possible que sa tribu (les Quraych) le laisse partir avec les Musulmans sans penser qu'il reviendrait avec une armée pour l'attaquer?
- Abou Dhar : Les Quraych pourraient le laisser ou ne pas le laisser partir, peu importe. Mais lui en tout cas, il émigrera bientôt à cette ville. Evidemment, Seul Dieu sait quand et comment cela arrivera.

***L'attente du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) sur le chemin de Médine

Lorsque les Ghifâr apprirent que le Saint Prophète était sur la route de Médine venant de la Mecque, ils furent très heureux. Abou Dharr sentit venir une vague de bénédiction vers les Musulmans. Il attendait avec impatience, comme les autres membres de sa tribu, l'arrivée du Saint Prophète à Médine. Les gens se rassemblèrent autour de lui pour lui poser des questions sur le Messager de Dieu, son tempérament, son visage etc. Il leur répondait : "Vous allez le voir très prochainement. Il est le meilleur de tous et dépasse toute l'humanité dans ses mérites".

***L'accueil du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)

Abou Dharr se lança sans tarder vers le chameau du Messager de Dieu et en attrapa les rênes".
Le Saint Prophète descendit du chameau et récita le Saint Coran. Sa voix pénétra tout de suite les coeurs des masses qui l'attendaient impatiemment. Puis, il commença à prêcher. Les gens s'avancèrent par fournées vers lui pour prêter serment d'allégeance. Abou Dharr était débout tout près du Saint Prophète, et ressentait une fierté et une joie indescriptibles.

***L'émigration vers Médine

Abou Dharr qui n'avait pas pu l'accompagner à Médine resta dans sa tribu si longtemps qu'il ne put participer aux trois grandes batailles de l'Islam : la bataille du Badr en l'an 2 de l'Hégire, de Ouhoud en l'an 3 et d'al-Ahzâb en l'an 5.
Après la bataille d'al-Ahzâb, un verset coranique fut révélé qui conduisit Abou Dhar à partir pour Médine. En effet, un jour, alors qu'il faisait les récitations de l'après-prière du Maghrib dans la mosquée de sa ville, il entendit un homme réciter le verset : "Ô vous les Croyants! Vous indiquerai-Je un marché qui vous sauvera d'un châtiment douloureux?" (61/10). Ayant réfléchi sur la signification de ce verset, il fut soucieux du Jihâd (Guerre Sainte), et il dit à Ounays : "Je partirai à Yathrib demain".
- Ounays : C'est bien! Vas-y. Que Dieu t'y conduise sain et sauf! Mais dis-moi quand comptes- tu revenir?
- Abou Dhar : Je ne reviendrai pas. Je consacrerai le reste de ma vie au service du Saint Prophète.
- Ounays : Ô frère! Tu es devenu un vrai croyant et la foi semble avoir pénétré ton coeur et ton âme. Ta tribu et les tiens ont énormément besoin de toi ici. Ton départ représentera une grande perte pour nous. Je crois donc que tu devrais renoncer à ton projet de partir pour Médine, et passer ta vie avec nous.
- Abou Dhar : Le Saint Prophète est meilleur que les gens d'ici. J'ai déjà manqué trop à de devoirs : Le Saint Prophète a livré la Bataille de Badr, et je n'ai pas pu y assister. Il a combattu à Ouhoud et je n'ai pas pu l'y joindre. Il s'est engagé dans la Campagne d'al-Ahzâb et je n'ai pas pu être à ses côtés. Jusqu'à quand devrais-je être au service de ma tribu en me privant des bénédictions découlant du martyr? Ce que j'ai fait jusqu'à maintenant est largement suffisant. A présent, je ne suis pas disposé à renoncer, même l'espace d'une fraction de seconde, à mon idée de partir pour Yathrib.
- Ounays : A mon avis, tu devrais rester chez toi comme d'habitude. Le Saint Prophète t'appellera lui-même lorsqu'il aura besoin de toi. Réfléchis! Il y avait beaucoup de personnes qui étaient dans leurs maisons et qui sont parties vers Médine lorsque le Saint Prophète les a appelées.
- Abou Dhar : Le délai d'attente est écoulé. Même si le Prophète ne m' appelle pas, j'ai quand même une obligation dont je dois m'acquitter, et cela sans attendre que l'on m'y convie. Je n'attendrai plus, j'irai sans invitation.
- Ounays : D'accord! Mais pas de précipitation. Prends les provisions nécessaires pour le voyage.
- Abou Dhar : Je n'ai besoin d'aucune provision. Quelques morceaux de pain sec me suffiront. Abou Dharr abandonna ainsi terre et maison pour gagner Médine.
Une fois arrivé à destination, il eut l'honneur de rejoindre le Prophète et de rester en sa compagnie.
Il avait l'habitude de passer toute la nuit à la Mosquée du Prophète et de rencontrer les gens pendant la journée. Il mangeait avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et il ornait sa vie matérielle de piété et de vertu. Il se consacrait pleinement à l'apprentissage de Hadith (Tradition du Saint Prophète) par coeur. Après son arrivée à Médine, Abou Dharr était tombé malade à cause du changement de climat. Le Saint Prophète apprit la nouvelle de sa maladie et vint le voir.
Il lui dit : "Abou Dhar! Tu dois rester quelques jours à l'extérieur de Médine, là où les chameaux, les moutons et les chèvres du Trésor public broutent. Et prends note que tu ne dois manger comme aliment que du lait pendant ton séjour à cet endroit".
Aussitôt qu'il reçut cet ordre du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Abou Dharr partit avec son épouse pour l'endroit désigné. Sa maladie fut dure à supporter pendant quelques jours, mais peu à peu il recouvra sa santé, ce qui lui permit de consommer son mariage avec son épouse.

***La bataille de Taboûk (9 H)

Au moment du départ de l'armée des Musulmans vers la Bataille de Taboûk, Abou Dhar se trouvait aux côtés du Prophète. Mais son chameau étant trop faible et trop maigre, il ne put pas aller à la même allure que la caravane. Il réussit quand même à marcher sur la trace de celle-ci, mais avec un retard d'une distance de trois jours de voyage. Il fit tout son possible pour rejoindre la caravane mais sans succès. Il se sentit très affligé de ne pas pouvoir se joindre aux troupes.
Selon une autre version, lorsque Abou Dharr fut resté derrière la caravane, quelqu'un attira l'intention du Prophète sur la difficulté qu'il avait rejoindre les troupes. Le Saint Prophète répondit : "Laisse-le se débrouiller tout seul. Il réussira si Dieu le veut". Ainsi la caravane avança, laissant Abou Dharr dans la perplexité et l'anxiété. Parfois, il pensait parfois revenir à Médine, et parfois il se disait qu'il fallait à tout prix parvenir à Taboûk, car l'idée de rester loin du Prophète le tourmentait. Il pressait son chameau avec excitation pour qu'il avance, mais ce dernier n'avançait pas à cause de sa faiblesse. Constatant qu'il était inutile d'essayer de forcer son chameau fatigué d'avancer, il en descendit et le déchargea pour porter lui-même ses bagages sur son propre dos et il se mit à marcher à pied. Comme il faisait très chaud à cette saison, il avait, tout le temps, une soif terrible et insupportable. Aussi se mit-il à la recherche d'eau. Lorsqu'il aperçut un peu d'eau de pluie au fond d'une fosse, il y accourut, et sans perdre un moment, il y en puisa dans le creux de sa main pour désaltérer. Mais l'eau était si fraîche qu'il pensa subitement qu'il ne convenait pas d'en boire avant que le Saint Prophète ne le fasse. A cette idée, il rejeta l'eau de sa main pour remplir une aiguière afin de l'apporter au Saint Prophète.
Malgré sa soif et son épuisement extrêmes, il continua seul sa route en portant précieusement l'outre remplie d'eau. Lorsqu'il arriva à la frontière de Taboûk les Musulmans l'aperçurent et informèrent le Prophète de l'arrivée d'un voyageur sinistré. Le Prophète dit sur-le-champ : "C'est mon compagnon Abou Dhar. Allez vite me l'amener". Entendant cet ordre du Prophète, les compagnons s'exécutèrent et emmenèrent Abou Dharr auprès du Messager de Dieu.
Après s'être enquis de sa santé, le Prophète lui demanda : "Ô Abou Dhar! Tu as de l'eau sur toi. Pourquoi donc, tu as l'air tellement assoiffé?".
- Abou Dhar : Certes, Maître, l'eau est là, mais je ne peux pas en boire.
- Le Prophète : Et pourquoi cela?
- Abou Dhar : Ô Seigneur! Sur mon chemin, j'ai trouvé de l'eau fraîche au pied d'une colline, mais ma conscience ne m'a pas permis d'en boire avant toi. C'est pourquoi je l'ai apportée pour toi. J'en boirai une goutte après que tu en auras bu.
Le Saint Prophète lui fit alors cette prédiction : "Ô Abou Dhar! Dieu te couvrira de Sa Miséricorde. Tu vivras et tu quitteras ce monde seul. Tu seras ressuscité seul le Jour du Jugement. Tu entreras dans les cieux seul. Un groupe d'Irakiens seront bénis grâce à toi, car, après, ta mort, ils te laveront, t'envelopperont dans un linceul, et prieront sur toi".

***Après la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), il quitte Médine pour la Syrie

A la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), la douleur empêcha Abou Dharr de rester à Médine. Il se retira alors dans le désert syrien, où il vécut pendant les califats d'Abou Bakr et Umar. Cela dit il assista à l'entrée à Beyt Al Maqdis avec 'Omar.

***Il retourne près de Médine pendant le califat de 'Othmân

Il se trouvait à Damas durant le califat de 'Othmân. Il fut attristé et consterné de voir le désir des musulmans pour ce monde et leur goût du luxe. 'Othmân l'invita à Médine. De même, il désapprouvait la soif des musulmans pour les biens et les plaisirs matériels. Ses coreligionnaires le critiquaient, d'ailleurs, pour les insultes qu'il proférait à leur égard. 'Othmân lui suggéra alors de se rendre à Rubdhah, un petit village près de Médine. Il s'y isola des gens, renonçant à leurs préoccupations terrestres.

***Sa mort (32 H.)
En l'an 32 de l'Hégire, Abou Dharr mourut à Rabdha (a trois jours de Médine, proche de Dhat 'Irq (limite de sacralisation, "miqat", pour les gens venant du côté de l'Iraq). [Mou'jam Al Bouldan d'Al Yaqout] ) où il s'était retiré.
Abdallah ibn Massoûd présent au fin fond du désert à son enterrement relata l'évènement de TAbouk (9 H) et dit " 20 ans après TAbouk, la prophétie du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) s'est révélée. En effet, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) avait dit : "Tu es celui (Abou Dhar) qui marche seul, qui mourra seul et qui sera ressuscité seul ".

***Ses mérites
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Le ciel n'a pas ombragé, ni le monde n'a porté une personne plus droite qu'Abou Dhar. Il marche sur terre avec l'attitude immatérialistique de Jésus, le fils de Marie". (at-tirmidhi, Ahmad, al-Hakim, Ibn Sa'd, Al-Haythani)
Le Prophète avait dit : "Abou Dharr est l'homme le plus véridique de la nation".
Ou encore :"Abou Dharr est pareil au Prophète 'Isâ (Jésus) par son ascétisme", et "Celui qui voudrait connaître l'austérité et la modestie de 'Isâ, devrait aller voir Abou Dhar".
Il est écrit dans Tabaqât Ibn Sa'd qu'un jour, le Saint Prophète demanda à un groupe de compagnons : "Qui parmi vous viendra me voir auprès de Kawthar dans la même condition dans laquelle je l'aurai laissé?".
Abou Dharr répondit : "Moi!".
Le Prophète acquiesça : "Tu as raison, c'est-à-dire tu mourras dans le même état de foi dans lequel je t'aurai laissé".
***Sa description physique
Très brun de peau et d'une chevelure abondante.





ALLAH YADJ3ALNA MINKOUM AMINE

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MessagePosté le: Mar 18 Jan - 02:33 (2011)    Sujet du message: EL SAHABA " RADIYA ALLAHOU 3ANHOUM" الصحابة Répondre en citant

Abou Soufyân Ibn Al-Hârith




***Son nom et sa généalogie

Abou Soufyân Ibn Al-Hârith.
Le père d'Abou Soufyân, Al-Hârith, n'était autre que le frère de 'Abd Allâh, tous deux fils de Abd Al-Muttalib.

***Sa naissance

Abou Soufyân Ibn Al-Hârith naquit à la même époque que le Prophète béni.

***Son enfance

Ils avaient grandi ensemble (avec le Prophète) et vécurent longtemps dans le même foyer. En plus d'être son cousin, Abou Soufyân était le frère de lait du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Halimah, la nourrice qui avait élevé le jeune Muhammad dans le désert s'était également occupé d'Abou Soufyân pendant un temps.
Durant toute leur enfance et jeunesse, Abou Soufyân et Mouhammad (paix et bénédiction de Dieu sur lui) étaient des amis intimes.

***Le refus de l'Islam

Quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) finit par rendre public son appel à l'Islam. Il mit alors en garde les membres de son clan contre ce qu'ils encourraient en persistant à vivre dans la mécréance, l'injustice et l'immoralité. Cela eut pour effet d'embraser le coeur d'Abou Soufyân, désormais rongé par l'envie et la haine. Les liens de parenté disparurent. La fraternité et l'amour d'autrefois cédèrent la place à la révulsion et à la haine.
A l'époque, Abou Soufyân était réputé être l'un des meilleurs guerriers et cavaliers Qurayshites ainsi que l'un des plus accomplis poètes. Dans les batailles qui l'opposaient au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et à ses fidèles, il usait à la fois de son épée et de son talent d'orateur. Abou Soufyân s'investit pleinement dans tout ce qui pouvait nuir aux musulmans : batailles, tortures, persécutions. Il utilisa également sa poèsie pour dénigrer le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui.
Pendant près de vingt années, cette rancoeur consuma son âme. Ses trois autres frères - Nawfal, Rabi'ah et 'Abd Allâh - avaient tous accepté l'Islam mais lui persistait dans son refus.

***Sa conversion

En l'an huit de l'Hégire, peu avant la libération islamique de La Mecque, la position d'Abou Soufyân commença à fléchir. Il expliquait ce changement ainsi : "L'Islam gagnait en force et en vigueur et quand j'appris que le Prophète avançait pour libérer La Mecque, le monde s'effondra autour de moi. Je me suis senti pris au piège. Je me demandais : Où fuir ? Avec qui ? Je dis à mon épouse et à mes enfants de se préparer : Apprêtez-vous à quitter La Mecque. L'arrivée de Mouhammad est imminente. Si les musulmans me trouvent ici, ils ne m'épargneront pas et je serai certainement tué.
"Il faut que tu te fasses une raison maintenant - répondit ma famille -. Les Arabes et les non-Arabes ont juré obéissance à Mouhammad et ont accepté sa religion. Tu persistes à t'opposer à lui alors que tu aurais pu être le premier à le soutenir et à l'aider".
A force de persuasion, ma famille m'incita à revoir ma position vis-à-vis de l'Islam. Allâh finit par réveiller mon affection pour Mouhammad et ouvrir mon coeur à sa religion. Je me levai et dis à Madhkur, mon serviteur de préparer nos montures. J'emmenais avec moi mon fils Ja'far. Au grand galop, nous nous dirigeâmes vers Al-Awba entre La Mecque et Médine, car on m'avait dit que Mouhammad y avait établit son campement. A mesure que j'approchais de l'endroit en question, je croisais des groupes de musulmans se dirigeant vers La Mecque. De crainte de n'être reconnu, j'évitais leurs chemins et couvris mon visage. Je poursuivais lentement ma progression jusqu'à ce que j'aperçoive la monture du Prophète. Me découvrant, j'allai droit vers lui pour lui annoncer en personne ma soumission à l'Islam. Il me reconnut. Mais, il détourna son visage de moi. Je me replaçai face à lui. Il évita mon regard et se détourna une fois de plus.
Il ne faisait aucun doute à ce moment précis que le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) ainsi que ses compagnons se seraient réjouis de ma conversion. Témoins de la froideur du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) à mon égard, Abou Bakr, Umar Ibn Khattab et les autres musulmans, tous m'évitèrent plus ou moins violemment.
Umar, notamment renforça l'animosité des Ansâr en expliquant qui j'étais.
"Ô ennemi de Dieu, me lancèrent les Ansâr, tu as persécuté le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui), et tu as torturé ses compagnons. Tu as transporté ton hostilité envers le Prophète aux confins de la terre".
Les Ansâr continuèrent à me censurer d'une voix forte tandis que les autres musulmans me considéraient avec animosité. Je vis alors mon oncle Al-'Abbâs, auprès duquel j'allai chercher refuge.
"Ô mon oncle. J'avais espéré que ma conversion susciterait la joie du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), de par ma parenté et mon rang au sein de mon peule. Tu sais quelle a été sa réaction. Parle-lui en mon nom, dis lui qu'il peut être satisfait de moi".
- Non, par Dieu, répondit mon oncle. Je n'irai pas le trouver après l'avoir vu se détourner de toi à moins qu'une opportunité se présente d'elle-même. J'honore le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), et je nourris un grand respect pour lui.
- Ô mon oncle, à qui alors vas-tu m'abandonner ? plaidai-je.
- Je ne peux rien de plus pour toi que ce que je viens de te dire, dit-il.
L'angoisse et la douleur me saisirent. Je vis 'Alî Ibn Abî Tâlib et lui présentai mon cas. Il répondit de la même manière que mon oncle.
Je retournai voir mon oncle afin de lui dire : "Ô mon oncle, si tu ne peux adoucir le coeur du Prophète à mon égard, ne peux-tu au moins empêcher cet homme de dresser les autres contre moi.
- Décris-moi le, demanda mon oncle."
Ma description lui permit de reconnaître Nu'ayman Ibn Al-Hârith An-Najjari. Il l'envoya chercher et lui dit : "O Nuayman ! Abou Soufyân est le cousin du Prophète et mon neveu. Certes, le Prophète est en colère contre lui aujourd'hui, mais un prochain jour il sera satisfait de lui. Alors laisse-le en paix ".
Mon oncle continua ainsi jusqu'à ce que Nu'ayman s'assouplisse et finisse par dire : "Je ne le mépriserai plus".
Lorsque le Prophète fit halte à Al-Juhfah (à environ quatre jours de marche de La Mecque), je m'assis au seuil de sa tente, mon fils Ja'far debout près de moi. En sortant de sa tente, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) me vit et détourna son visage. Pourtant, je ne désespérai pas. Où que nous campions, je m'asseyais à sa porte avec mon fils.
Cependant, mon endurance première s'estompa et je finis par déprimer. C'était plus que je ne pouvais supporter et de m'exclamer: "Par Dieu, soit le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) me montre sa satisfaction, soit je pars errer dans le désert avec mon fils jusqu'à ce que nous mourions de faim et de soif".
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) entendit mon invocation. Il sortit de sa tente, me regarda avec douceur et au-delà de toutes mes espérances il me sourit".
Enfin, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) se radoucit et parla à Abou Soufyân : "Maintenant, je n'ai plus rien à te reprocher". Il confia le nouveau converti à Ali Ibn Abi Tâlib en lui demandant : "Montre à ton cousin comment accomplir les ablutions et enseigne-lui la Sounna. Ensuite, amène-le-moi".
Quand Ali revint, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit : "Dites à tout le monde que le Messager de Dieu est satisfait d'Abou Soufyân et qu'ils doivent par conséquent également l'être de lui".

***La prise de la mecque

Abou Soufyân poursuivit : "Plus tard, le Prophète entra à La Mecque et avec son entourage, j'entrai également. Il alla à la Mosquée Sacrée et avec lui j'y allai également, veillant à ne jamais me séparer de lui

***La bataille de Hounayn

Il (que Dieu l'agrée) raconte: "Pour la Bataille de Hounayn, les arabes avaient constitué une armée contre le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) comme jamais auparavant. Ils étaient déterminés à mettre fin à l'Islam et à neutraliser les musulmans.
Le Prophète sortit avec un grand nombre de ses compagnons pour les affronter. Je l'accompagnai et lorsque je vis les polythésites affluer, je dis : "Par Dieu, aujourd'hui, j'expierai toute mon hostilité passée envers le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Il pourra alors certainement voir en moi ce qui satisfait Dieu et ce qui le satisfait".
Au moment du face à face, les polythésites menaient largement les musulmans. Certains des nôtres commencèrent à perdre leur ardeur au point de déserter. Une terrible défaite planait sur les musulmans. En dépit de cela, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) resta ferme au coeur de la bataille sur sa mule Ach-Chahbâ aussi imposant qu'une montagne, maniant l'épée pour sa défense et celle des autres, Je sautai de mon cheval et combattis près de lui. Dieu sait que je désirai le martyr aux côtés de Son Messager. Mon oncle, Al-'Abbâs, prit les rênes de la mule du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et se tint à ses côtés. Je pris position de l'autre côté. De la main droite, je repoussai les attaques contre le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et de la gauche je tenais ma monture.
Quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) vit mes coups dévastateurs, il demanda à mon oncle : "Qui est-ce ?
- C'est ton frère et ton cousin : Abou Soufyân Ibn Al-Hârith. Sois satisfait de lui, Ô Messager d'Allâh.
- Je le suis et Allâh lui a accordé son pardon pour toute l'hostilité qu'il nourrissait contre moi.
Mon coeur bondit de bonheur. J'embrassai ses pieds dans leurs étriers et pleurai de joie. Il se tourna vers moi et me dit : " Mon frère ! Sur ma vie ! Avance et frappe !"
Les mots du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) m'encouragèrent à plonger dans les positions des polythésites jusqu'à les mettre en déroute et en fuite".

***Ses remors continus

Après Hounayn, Abou Soufyân Ibn Al-Hârith continua à faire la satisfaction du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et à jouir de sa noble compagnie. Cependant, honteux de son passé, jamais il ne le regardait directement dans les yeux, ni fixait son visage.
Abou Soufyân était rongé par le remords des jours passés où il faisait partie des ennemis d'Allâh et de Son Messager. Aussi passait-il ses jours et ses nuits à réciter les versets du Coran, cherchant à le comprendre, appliquer ses lois et profiter de ses avertissements. Il renonça au monde afin de se consacrer corps et âme à Allâh. Un jour, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) le vit entrer dans la mosquée et demanda à son épouse : "Sais-tu qui est-ce, Aicha ?
- Non, Ô Messager d'Allâh.
- C'est mon cousin. Abou Soufyân Ibn Al-Hârith. Regarde, il est le premier à entrer dans la mosquée et le dernier à y sortir. Ses yeux ne quittent pas ses lacets".

***La mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui)
Abou Soufyân souffrit intensément de la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et versa des larmes amères.

**Sa mort

Un jour, pendant le Califat de 'Omar, que Dieu l'agrée, Abou Soufyân sentant sa fin approcher se rendit à Al-Baqî', le cimetière proche de la mosquée du Prophète où de nombreux compagnons sont enterrés. A la surprise de tous, il creusait une tombe. Trois jours plus tard, Abou Soufyân était alité chez lui, entouré de sa famille. Comme on le pleurait, il les rassura : "Ne pleurez pas sur moi. Par Allâh, je n'ai rien fait de mal depuis ma conversion à l'Islam". Sur ces paroles, il s'éteignit.


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