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CAFE PHILO
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titi



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MessagePosté le: Mer 9 Fév - 21:04 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Revue du message précédent :

"On saisit donc que le pouvoir est neutre en soi mais que c'est bien ce qu'on met dedans ou la façon dont on l'utilise qui le rend positif ou négatif "

 "Mamma mia wach hada".

ouiiiiii comme toute chose avant qu'on s'en serve c'est au point départ "0" et selon ce qu'on va faire avec qui va le rendre du côté positif ou négatif ou tout simplement le laisser au point "0"
Neutre c'est au sens absolu.
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MessagePosté le: Mer 9 Fév - 21:04 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 9 Fév - 23:51 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Peut-on toujours positiver?

« Positiver » est fort employé de nos jours ; on peut dire que c'est un verbe à la mode. Ce mot n'est pas encore admis dans la langue française et on ne le trouve pas dans les dictionnaires. C'est un néologisme inventé par le magasin Carrefour pour un slogan publicitaire: « avec Carrefour, je positive. ». Venu de l'adjectif « positif », il signifie : «adopter une attitude positive, prendre les choses du bon côté, voir les choses avec optimisme. » Que ce terme soit très souvent employé implique que l'attitude elle-même est à la mode ; une chanson tube a pour titre la positive attitude (un petit air anglais est donné par la place incongrue de l'adjectif) ; la question « peut-on toujours positiver ? » est d'ailleurs posée de telle manière qu'elle suggère un regret voire une culpabilité : « il faudrait positiver, mais malheureusement ce n'est pas toujours facile … ». Certains de nous estiment qu'il est important de « positiver » et que ce verbe désigne l'effort à faire pour sortir d'une impasse. Quand on est dans la difficulté, il est préférable de gérer au mieux ce qui nous arrive ; on peut relativiser son problème, faire le tri dans les possibilités d'en sortir, maîtriser son désarroi. Certains ont un tempérament, une histoire personnelle qui les rendent plus ou moins apte à dépasser leurs ennuis. On peut aussi utiliser et travailler une méthode qui complète et développe cette faculté en nous. D'autres participants se révoltent contre ce qu'ils appellent la « dictature du bonheur » : dans notre société, il s'agit d'être heureux et de le paraître, pour ne pas gâcher la vie des autres. L'injonction à « positiver » peut être une manipulation des gens à qui cela profite : « avec Carrefour, je positive ». C'est une sorte « d'opium du peuple », dit l'un de nous. Vouloir être satisfait à tout prix de notre vie masque la réalité ; ce côté anesthésique qui consiste à rester optimiste devant n'importe quelle situation est une dérive possible. L'exemple est pris du travailleur qui souffre des conditions de son travail et qui essaie de trouver des aspects positifs à ce qu'il vit. Il ne cherchera pas à se battre pour améliorer ses conditions de travail, jusqu'au jour de rupture, qui peut se produire de diverses façons. « On a le droit d'être malheureux », affirme un participant. Ce droit peut nous permettre de recevoir la compassion des autres et de connaître la solidarité. Ce sont des valeurs plus importantes que de se faire croire qu'on est heureux. Peut-être que, plus que positiver, il s'agit de trouver un sens à ce que l'on vit, de comprendre ce qui se passe et qui ne nous met pas forcément dans le bien-être. Il n'est pas question de travestir la réalité pour la faire coïncider avec les intérêts dominants. Si l'on prend le cas extrême du deuil, il est sûr qu'il est impossible de voir un bon côté à la mort de quelqu'un qu'on aime et chacun affrontera cette déchirure avec son propre caractère. Toute attitude dans ce cas, quelle qu'elle soit, a droit à notre respect, de la personne qui n'exprime rien et semble indifférente à celle qui se suicide. Donc pas d'attitude stéréotypée : le droit de vivre nos affects avec ce que nous sommes, dans notre intégrité. N.B. : ne pas confondre « positivité » au sens d'un regard optimiste posé sur les choses, avec « positivisme » qui fait directement référence à la doctrine philosophique d'Auguste Comte (XIXème siècle), qui est un matérialisme rationaliste.

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MessagePosté le: Mer 9 Fév - 23:53 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

L'allégorie de la Caverne




Nous avions prévu de travailler sur le très célèbre texte de Platon, l'allégorie de la caverne, que nous avions à disposition depuis 3 semaines. Le texte a été trouvé difficile : l'allégorie est pourtant une forme qui veut justement être didactique et présenter sous une forme métaphorique une idée abstraite. Il est vrai que la forme dialoguée, généralement adoptée par Platon, est un peu déroutante.

Certains ont émis l'idée que le texte valorise le philosophe aux dépens des autres. L'idée que certains seulement sont poussés (l'une de nous propose que le « on » qui arrache l'être humain à la caverne, c'est sans doute lui-même et sa voix intérieure) à rechercher la vérité est un constat. De la même manière, dans le Monde de Sophie, Jostein Gaarder compare les hommes à des puces dans la fourrure d'un lapin : les philosophes seraient les puces qui grimperaient le long des poils pour voir mieux la lumière.

Une autre question soulevée est que l'allégorie pourrait dissuader de faire de la philosophie car l'ascension vers la lumière apparaît longue et douloureuse (cf. le vocabulaire du texte : « blessés, souffrir, rude, violences ») et de plus le retour parmi les autres hommes fait risquer la mort …On peut aussi penser que cette aventure humaine qu'est la réflexion philosophique est présentée comme exigeante et périlleuse mais par là-même passionnante.

A propos du philosophe de Platon ont été évoqués L'Albatros de Baudelaire, trop « grand » pour vivre bien parmi les autres hommes, Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier où Robinson s'arrache aux entrailles de la terre pour renaître « nouveau », et l'un de nous cite une phrase pessimiste de Frédéric Schiffter, qui conteste radicalement l'optimisme platonicien: « l'évadé reste enfermé dans ses ténèbres ».
De quoi réfléchir …

Ci-dessous un autre travail sur « l'allégorie de la caverne ».


Séance particulière: nous accueillons Valéry Laurand, professeur de philosophie à la faculté de Paris IV, pour un commentaire et un débat autour de la fameuse allégorie de la caverne que l'on trouve dans la République de Platon au Livre VII.

Quelques notes prises au cours de cette séance.

Mr Laurand fait remarquer en introduction que “l'allégorie de la caverne “ est un des passages clés de la philosophie. En effet, elle retrace, à travers un récit symbolique, le cheminement de l'homme vers la connaissance. L'homme qui sort de la caverne est l'homme qui naît au monde, comme l'enfant sort de l'utérus maternel. Platon nous fait assister ensuite à la libération progressive de l'esprit humain. La première condition de cette libération est de ne plus savoir où est la vérité. L'homme, considérant les images au fond de la caverne, croit posséder un savoir; il est dans une ignorance qui s'ignore. Sorti de la caverne, il considère les objets sensibles et accède à la “doxa”, soit “l'opinion “ au sens platonicien du terme; rappelons-nous que chez Platon l'opinion est une forme inférieure de la connaissance. L'homme désormais connaît son ignorance et par un effort de raisonnement philosophique, il va pouvoir, en observant le sensible et à partir de ses contradictions, aborder le réel. Il est désormais dans une connaissance qui se connaît comme telle, et qui est ponctuellement une intuition intellectuelle, presque mystique de l'objet intelligible (l'essence) et du Bien qui l'éclaire, comme le soleil rend visible aux yeux du corps les objets sensibles qui lui doivent leur vie. C'est ce qui explique la symbolique du soleil dans l'allégorie. La connaissance philosophique, selon Platon, est celle de l'être en soi, c.à.d. de ce qui “est” véritablement. C'est une connaissance intuitive, grâce à laquelle, en faisant l'effort de nous détacher des perceptions sensibles et des opinions, nous pourrions avoir accès à l'absolu des Idées (ce que Platon appelle “ l'anhypothétique “).

Faisant allusion au retour du philosophe auprès des prisonniers enchaînés, Platon souligne la mission sociale du philosophe et son engagement auprès des autres hommes, à ses risques et périls, comme en témoigne la vie de Socrate, le maître de Platon. Il n'y a pas de discours philosophique qui ne soit adressé aux autres hommes pour les mettre au courant de ses propres recherches. Et B.H.Lévy écrit dans La Barbarie à Visage Humain : “La philosophie ne vaudrait pas une heure de peine si elle ne prenait d'abord la forme et la figure du Politique “. Enfin, pour Platon, le philosophe est à la recherche de la sagesse; il n'est pas le sage, mais l'homme en recherche.




Sad Sad Je n'aime pas trop BHL à part ses belles chemises. mdr
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MessagePosté le: Mer 9 Fév - 23:59 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

« Vivre, c’est faire vivre l’absurde. »



Etrange étymologie que celle de l'adjectif « absurde »: il vient du latin absurdus, qui signifie « dissonant » en parlant d'un bruit. Ce bruit serait si incongru qu'il pourrait sortir (ab) un sourd (surdus) de sa surdité. Le sens courant est donc « stupide, contraire à la raison ». Mais avec Camus (1913-1960) -la phrase proposée pour thème est de lui-, le mot « absurde » prend une autre signification et veut dire « qui n'a pas de justification rationnelle, qui n'a pas de sens ». Il peut être employé également comme nom et doit être compris comme « le caractère absurde » de la vie, de l'homme, de l'existence. Il y a là une prise de position métaphysique (ou anti-métaphysique) qui est le fondement de l'existentialisme. Cette philosophie (Sartre et Camus en France) s'oppose à l'essentialisme, selon lequel l'être humain a, au moment où il naît, une nature définie, à partir de laquelle il devra construire son existence. Inversement, dans l'existentialisme, c'est en existant que l'homme se dotera d'un caractère et d'un comportement qui lui seront propres. L'essentialisme présuppose un créateur, ou une puissance extérieure aux humains et responsable de leur nature. Il est donc pré orienté, sa vie a un sens « pré défini », comme le dit un participant. Reste à comprendre ce que Camus veut dire par « faire vivre l'absurde ». L'expression nous paraît ambivalente. Soit elle nous pousse à l'acceptation de l'absurde dans nos vies, soit elle nous engage à donner sens à ces vies qui a priori en sont dépourvues. A la question posée : qu'est ce que pour nous « l'absurde ?», deux réponses : « c'est l'idée que nos vies ne servent à rien » et c'est « l'absence d'une explication à notre existence ». La question paraît fondamentale; si la conscience que notre vie est absurde paraît constituer un handicap pour certains d'entre nous, d'autres trouvent, avec Pascal, que cette conscience fait notre grandeur : « C'est être grand que de connaître qu'on est misérable » (Pascal, Les Pensées). Cette acceptation d'une condition humaine dépourvue de sens est source de littérature : le théâtre de Ionesco, les textes de Raymond Devos, en tirent un comique amer et poétique, et le mythe de Don Juan, l'homme éphémère qui défie les Puissances éternelles, une grandeur tragique. Certains d'entre nous trouvent qu'accepter l'absurde permet de vivre pleinement notre existence telle qu'elle est, sans illusion, et sans mensonge. D'autres estiment que nous pouvons donner nous-mêmes du sens à notre existence : rendre les autres heureux par exemple, ce qui se rapproche de la « solidarité humaine » que propose Camus. Sisyphe, pour Camus, est le type même du héros absurde puisqu'il est condamné par les dieux à rouler un rocher jusqu'en haut d'une montagne, que le rocher redescend aussitôt; pourtant Camus termine son essai(Camus, Le Mythe de Sisyphe) par ces phrases : « la lutte vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme; il faut imaginer Sisyphe heureux.» A remarquer que très peu d'entre nous ont contesté l'idée que la vie n'a pas de sens en elle-même. Un seul d'entre nous a dit clairement que l'évolution de la vie lui paraît manifester un sens vers un perfectionnement des êtres vivants. Serions-nous très majoritairement existentialistes ?

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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 00:10 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

S'engager, est-ce renoncer à sa liberté?





La personne qui a proposé le sujet demande de concevoir l'engagement de façon large : engagement personnel, social, politique. Très souvent en effet ¨être engagé » signifie défendre de grandes causes. La question ici consiste donc à se demander dans quelle mesure il est possible d'observer, sur la durée, une fidélité à un engagement donné, sans finir par le ressentir inévitablement comme un sacrifice insupportable.
Nous avons pris l'exemple du jeune homme qui veut se marier mais s'angoisse à l'idée de la fidélité demandée par sa future femme. L'engagement est une sorte de contrat : c'est en effet étymologiquement la conséquence d'une garantie offerte -un gage-, pour appuyer une promesse.
Renoncer à sa liberté de son propre chef suppose une liberté de choix dont on il n'est pas question lorsque l'on est engagé d'office dans la vie. Sur la base de cette distinction et la latitude de pouvoir user librement de sa propre liberté -y compris pour décider de la limiter-, le point de départ de notre réflexion a consisté à rappeler la part d'avantages et d'inconvénients inhérente à chaque choix qui se pose à nous chaque jour dans notre vie, et à souligner la nécessité qui incombe à chacun de bien se renseigner au préalable, sur "le montant des charges" qui s'y rattache, afin de ne pas avoir à le regretter plus tard: les renoncements à prévoir n'ont rien de commun si l‘on met en parallèle une souscription pour un service de téléphonie à la carte, résiliable à tout moment, et une signature pour cinq ans à la Légion ou une signature en bas d'un acte de mariage. Il convient de bien y réfléchir.
Bien réfléchir également à la signification que revêt pour moi cet engagement, de sorte que la charge des sacrifices qu'il induit n'annule pas la satisfaction que je ressens à me consacrer à lui: l'important est peut-être de rester en accord avec soi-même, de garder en soi le sentiment d'apporter quelque chose pour justifier tout ce que l'on consent pour sa cause.
Enfin, une fois "engagé", il nous paraît qu'il faille ne jamais se départir d'une vigilance par rapport à une implication qui tend souvent à influer sur notre objectivité, à la manière d'une déformation professionnelle insidieuse, et à affaisser de l'intérieur une liberté qu'on se faisait fort de défendre contre toute contrainte imposée de l'extérieur: être lié physiquement, au quotidien, à une cause ne signifie pas nécessairement se soumettre mentalement à elle... Tel le Diego de Michel Berger, « libre dans sa tête »...
Par-delà la notion d'engagement éclairé, qui véritablement digère, pour les avoir décelés et intégrés au préalable, les renoncements qui s'y rattachent, nous nous sommes demandé également si cette notion d'engagement, de renoncement volontaire, ne constituait pas le fondement commun de toute forme de civilisation. De quels moyens en effet, un homme totalement esseulé disposerait-il pour user de sa liberté sans l'apport de ses semblables ?
Ici donc, l'engagement se révèle créateur de liberté.
Plus encore, l'engagement nous est apparu comme une sorte de couronnement de la liberté, conçue comme une potentialité demeurée stérile si elle n'était pas concrétisée par un engagement lui conférant une raison d'être.

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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 00:12 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant



Suffit-il d'être indépendant pour être libre?






Libre et indépendant : deux mots que l'on rapproche souvent. L'indépendance est le contraire de la dépendance, du verbe latin dependere, être attaché à quelque chose ou quelqu'un. Le mot de liberté, souvent considéré comme un synonyme d'indépendance, paraît cependant désigner un champ plus vaste, moins précis, moins concret. La question posée semble définir des rapports entre les deux termes. La nécessité de l'indépendance pour acquérir la liberté est reconnue par la formulation. Mais cette condition est-elle suffisante ?

Nous rappelons que dans l'Antiquité gréco-latine est « libre » celui qui n'est pas esclave. Ici il s'agit bien d'une absence d'entraves au sens propre du terme. L'indépendance se définit par rapport à toutes sortes de liens qui nous relient aux autres et aux choses: liens financiers, amoureux, sociaux, culturels…l'indépendance totale peut-elle exister ? Nous ne le croyons pas. Dans la mesure où nous avons besoin des autres pour vivre, nous sommes liés à eux. Mais c'est alors qu'intervient la liberté. Une participante fait remarquer que si on a besoin des autres, l'autre a besoin de nous. Donc il s'agit d'un échange et l'indépendance est garantie si l'échange est équitable.

Si on regarde l'indépendance d'un pays – et on pense à la fameuse Guerre d'Indépendance que menèrent les colons d'Amérique du Nord contre l'Angleterre et qui aboutit à la création des Etats-Unis d'Amérique –, celle-ci est la possibilité de prendre de soi-même des décisions politiques et de faire des choix. Là aussi, l'indépendance débouche sur une liberté.

L'indépendance est donc une étape sur le chemin de la liberté. Dans le cas individuel comme dans le cas collectif, l'indépendance n'est jamais que relative. Elle ouvre sur la liberté, et celle-ci reste à définir pour chaque nation et pour chacun de nous. La liberté nous paraît prolonger l'indépendance d'un individu comme d'un groupe : elle est la possibilité de faire des choix, même si faire un choix est déjà restreindre le champ de notre activité. Elle est cette liberté intérieure qui repose sur une connaissance de nous-mêmes et qui nous permet de résister aux pressions des groupes sociaux quels qu'ils soient, des contraintes physiques et économiques. Elle peut nous mener à résister même aux lois de notre société, si ces lois nous paraissent inacceptables. Comme Candide à la fin du conte de Voltaire, nous pouvons définir un espace de liberté à l'intérieur duquel il nous sera plus aisé d'obéir à nos propres lois.

Une fois établie une indépendance qui nous permet de mener une vie où nous sommes responsables de nous-mêmes, il nous reste à conquérir notre liberté intérieure, fondée sur le « connais-toi toi-même » de Socrate, qui nous fait échapper à l'aliénation si fréquente où nous restons étrangers à notre moi, et nous ouvre la possibilité d'avancer dans le choix d'une morale personnelle. Tout le long de notre vie, bien au-delà de notre indépendance, notre liberté peut grandir.

Quelques notes sur l'évolution de la notion de liberté dans le monde occidental

I La liberté de droit Dans l'Antiquité gréco-latine, l'homme libre se définit par rapport à l'esclave. La liberté est sociale. L'homme libre est un homme non soumis à un autre par la loi. Cette notion s'élargit très vite à la collectivité et devient politique : un peuple libre est celui qui se gouverne lui-même ou qui n'est soumis à aucun autre peuple.

II La liberté de fait On s'aperçoit par la suite que même dans la liberté de droit, un pauvre n'est pas aussi libre qu'un riche. Certaines conditions matérielles et intellectuelles sont nécessaires pour faire ce qu'on a décidé. Mais même dans ce cas, ce qu'on décide est-il vraiment un acte libre ?

III La liberté du vouloir
1° Liberté et contraintes On voit très vite que la liberté n'est pas l'absence de contraintes : toute situation, en effet, en comporte. “La liberté configure le paysage de nos contraintes”, écrit Sartre. La liberté du citoyen est censée être choisie par lui grâce au Contrat Social, défini par Rousseau : chacun obéissant aux lois du groupe, qu'il a librement choisies, n'obéit donc qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant.
2° Liberté et obéissance à soi-même L'obéissance à soi est une liberté à condition que le “soi” soit confronté à une universalité :“obéir à soi sans n'obéir qu'à soi”.
3° Liberté et déterminisme
Le déterminisme pourrait être la négation de toute liberté. Mais on observe que l'avenir de l'homme n'est pas contenu dans son présent : “la durée humaine est créatrice” nous dit Bergson. Kant établit une nuance: nous sommes déterminés sur le plan de la réalité sensible, mais libres sur le plan de la réalité intelligible. Conclusion : La liberté passe d'une notion extérieure à une notion morale, intellectuelle et finalement ontologique. Marc le Goff écrit: « la liberté est notre être et notre devoir. Elle consiste dans l'obligation d'avoir à construire notre humanité. »


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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 00:18 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Neutral Neutral Aya Alilou fais un éffort !!!!
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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 01:48 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Thèmes proposés au débat
1° L'imagination aide beaucoup l'intelligence.
2° Les personnes qui ont un caractère faible peuvent-elles être sincères ?
3° La violence est-elle congénitale ou acquise ?
4° La joie est-elle naturelle ?
5° La tradition
6° La sensibilité, force ou faiblesse ?


Le thème n° 6 a été choisi
La sensibilité, dit la participante qui a proposé ce thème, est souvent prise en mauvaise part comme une façon mièvre de ressentir tel événement, ou comme une crainte qui empêche d'affronter certaines réalités.
L'un de nous fait préciser qu'il s'agit bien de parler d'une propriété « psychologique » des êtres humains et non « physiologique », que nous nous situons dans le domaine moral et non physique. Oui, mais… Tous ces mots « sensibilité, sens, sentiment, sensation, sensualité » et d'autres encore, proviennent du verbe latin sentire, qui signifie lui aussi à la fois « éprouver par les sens » et « éprouver par son intelligence, juger, comprendre » ; c'est que nous n'appréhendons le monde qu'à travers nos sens et ce n'est qu'ensuite que nous analysons les sensations éprouvées. L'histoire de ces mots nous montre une fois de plus qu'il n'existe aucune cloison étanche entre le physique et le moral mais qu'au contraire les deux sont intimement liés. A ce titre, nous avons signalé le livre de Diderot (18ème siècle) qui dans la Lettre sur les Aveugles à l'usage de ceux qui voient essaie de montrer comment des différences physiologiques peuvent déclencher des différences affectives et intellectuelles. Nous avons signalé aussi différents exemples et expériences sur le rapport étroit entre nos sens et notre morale : si nous ne voyons pas de nos yeux un spectacle de violence, nous en sommes beaucoup moins affectés.
Revenons au sujet propre : la sensibilité est la réaction à des événements extérieurs ou intérieurs à nous-mêmes. Elle peut être plus ou moins forte selon les personnes. Quand on dit qu'une personne est « sensible » cela signifie qu'elle réagit fortement aux événements. Cette réaction vive est surtout prêtée aux femmes (par exemple, les hommes en Occident ne doivent pas pleurer, tandis que les femmes peuvent laisser couler leurs larmes). Cette opinion machiste transcrit l'idée qu'une vive sensibilité est un manque de maîtrise de soi et que la sensibilité gêne le rapport avec la réalité et empêche de l'affronter. Elle peut en effet nous faire éviter de considérer la violence, ou tout ce qui n'est pas selon nous bon et beau dans le monde, pour rester dans une sorte de carapace protectrice. Certains d'entre nous ont dit qu'à cause de leur sensibilité, ils ont abandonné la carrière de soignants tandis que d'autres ne pouvaient même pas l'envisager.
Mais inversement l'insensibilité nous a paru un masque qui lui aussi est une carapace contre les atteintes que l'on pourrait subir. La sensibilité peut être très créatrice. Elle permet à des gens d'intervenir contre la violence alors même qu'une maîtrise rationnelle les en empêcherait : rappelons-nous l'héroïne du film La Passante du Sans-souci qui n'écoute que son cœur pour sauver l'enfant maltraité par des soldats nazis. Son élan dicté par son émotion réussit. On peut signaler aussi que la sensibilité est une des qualités essentielles de l'artiste et permet de créer l'œuvre d'art. La sensibilité, dit un participant, est une preuve d'amour pour les autres et pour le monde. Dans ce sens, la sensibilité est une force productive.
A la fois force et faiblesse, la sensibilité devrait passer par un filtre intérieur pour limiter ses excès. Comme toujours il faudrait obéir à Socrate, « se connaître soi-même », et croire à sa perfectibilité.


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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 01:50 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Embarassed Embarassed Désolée j'aurais aimé vous écrire tout ça en arabe mais allah ghalab!!!
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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 01:55 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Devons-nous tenir nos promesses?


Thèmes proposés au débat
1° Les illusions.
2° La charité voit le besoin, non la cause.
3° Devons-nous tenir nos promesses ?
4° Qu'entend-on par négligence ?
5° Est-ce que s'intéresser à l'autre est être curieux ?
6° L'angoisse.
7° Les qualités et les défauts.



La question pose un problème de « devoir » : « devons-nous », mais la morale traditionnelle a déjà répondu : assurément, il faut tenir ses promesses. Pourquoi donc poser cette question ? C'est que la philosophie ne donne pas de leçons de morale et ne saurait dicter un comportement. La philo invite à réfléchir méthodiquement sur un problème et peut-être qu'à l'issue de cette réflexion, chacun pourra cerner plus précisément sa position sur la question et adopter sa propre façon de se comporter, donc sa propre morale, qui ne sera pas forcément la morale commune.
Alors que penser de ce devoir qu'on nous impose : tenir les promesses faites ? Dans un premier moment du débat, les réponses sont obéissantes à l'opinion commune, la doxa, disent les Grecs.
Pourtant, si la question se pose, c'est qu'une promesse engage l'avenir et que personne ne peut être sûr de l'avenir. La question pourrait être alors : doit-on promettre ? Quand on fait des promesses, et même quand on se fait des promesses à soi-même, il y a un face à face : soi avec soi, ou soi face à l'autre. L'autre ou soi-même attend cette promesse et c'est parfois la réponse à cette attente qui entraîne des promesses inconsidérées, celles que l'on appelle « promesses de Gascon ». C'est une promesse pour faire plaisir, celle qui donne de l'espoir.
Certes ce type de promesse peut être une manipulation, par laquelle on va plaire et séduire la personne ou le groupe en face de soi. Mais il s'agit là d'un cynisme qui est finalement assez rare et qui n'existe que chez un séducteur, ou une séductrice, sans scrupule, ou chez certains hommes politiques plus soucieux de pouvoir que de sincérité. Mais le plus souvent, les deux personnes, ou la personne et le groupe, ou la personne et elle-même, qui sont face à face, partagent l'espoir ouvert par la promesse. Par exemple, l'alcoolique qui se promet à lui-même ou à la personne qu'il aime, qu'il ne boira plus est dans cet espoir et le fait envisager à ceux qui l'entourent. Mais dans le groupe expérimenté des Alcooliques Anonymes, on ne s'engage, je crois, qu'à essayer de ne plus boire.
Un autre problème est posé par la promesse que la société exige du couple qui va se marier : ils doivent se promettre fidélité, aide et assistance. Or quel que soit le couple, et même si les deux personnes sont âgées, que sait-on de son évolution au cours du temps ? Est-il raisonnable de demander une promesse aussi grave qui engage des personnes sur un grand laps de temps ? Il arrive que de façon raisonnée une personne mariée décide de rompre sa promesse. Peut-on condamner ce choix libre ? La société civile l'accepte maintenant et permet la séparation ou le divorce. Elle a même instauré le PACS qui, s'il engage toujours les partenaires à s'aider et s'assister mutuellement, a renoncé à la promesse de fidélité. Il y a là une sorte de reconnaissance que certaines promesses ne peuvent être tenues à long terme, même si elles ont été faites avec sincérité.
Au total, il semble plus raisonnable de ne pas faire de promesse car on ne maîtrise jamais l'avenir. Mais il est certain que l'enthousiasme ou des élans affectifs ou la foi en soi-même, quelque chose ou quelqu'un peuvent s'exprimer sous forme de promesse. Sans doute vaut-il mieux éviter les affirmations trop pleines de certitude dans ce domaine et garder son élan spontané tout en signalant les limites de nos engagements humains.



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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 02:01 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

COMPLETEZ AVEC VOS SUJETS. Embarassed EN ARABE CA SERAIT BIEN.
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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 03:31 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Qu’est-ce qu’un café philo ? Ça ne devrait pas exister !

Le café philo est un concept contradictoire – bien plus : un nœud de contradictions :

C’est un lieu de liberté de parole – mais où chacun peut critiquer ce que les autres disent ;
On y vient pour y « faire de la philosophie » - mais la plupart des participants n’en ont jamais fait ;
Un débat philosophique est chose sérieuse – mais tout le monde y trouve une distraction, non un travail ;
Les participants discutent – et se retrouvent bons amis : c’est aussi une soirée amicale
La preuve : c’est que dans nos cafés philo, la soirée philosophique se conclut, chaque fois que cela est possible, par un pique nique où tout le monde partage ce qu'il ya dans sa tête et dans son assiette.
Bref : il y aurait trop de contradictions pour que ça existe … Et pourtant ça marche. Il en existe dans de nombreuses villes de France, à l’étranger. Certains fonctionnent depuis longtemps (Le café des Phares, à Paris, le premier en date.

Ces contradictions ne suffisent pas ? On peut en énumérer d’autres :

La discussion est libre, et ce sont les participants qui choisissent les sujets de leurs débats – mais il y a une règle pour distribuer la parole à tous ceux qui la désirent ;
La tolérance est de rigueur - mais on n’y admettra pas les affirmations racistes ou xénophobes ;
Le café philo est philosophique – mais les participants y discutent aussi de sujets de société ;
Les personnes de tous les âges et toutes les origines sociales ou autres y sont égales – les différences de culture ne sont pas un obstacle, elles sont une richesse ;
Tous les cafés philo sont indépendants – mais ils établissent entre eux des relations amicales et informelles pour se retrouver de temps à autre.
Même le lieu de réunion ne correspond pas nécessairement au nom : si beaucoup de cafés philo se réunissent dans des cafés, d’autres ne le font pas.
Et chez des particuliers.


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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 05:52 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Effacé....OUPS
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MessagePosté le: Jeu 10 Fév - 06:05 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Somme nous victime sous l’emprise de l’objet ?

Voilà la question qui a structuré les échanges de ce dernier dimanche du mois de janvier. L’auteur du sujet a ouvert la discussion en spécifiant « l’objet » du sujet comme objet matériel. Le pouvoir du « matériel » sur nous. Qui dirige qui ? Sujet qui a fait évoquer rapidement l’importance de l’objet « outil » dans l’histoire de l’humanité, indubitablement induite par les deux citations ayant accompagné l’introduction du sujet du débat : Hannah Arendt: "La machine se distingue de l'outil en ce que la machine guide la main et parfois la remplace tout à fait". Victor Hugo: "Où vont tous ces enfants" extrait de l'oeuvre: "Les Contemplations": "Accroupis sous les dents d'une machine sombre, monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre" : deux citations qui alimentent bien l’idée que les objets crées pouvaient mettre en danger son créateur.

Le fameux tableau « La révolution mange ses enfants » me vient à l’esprit. Si Victor revenait : Quel regard porterait-il sur l’ordinateur et sur ces objets de la technique qui ne remplacent non seulement la force physique mais qui remplacent aussi le travail de traitement d’information de nos cerveaux ? Que dirait-il de nos enfants qui restent collés à leur jeux vidéo comme les mouches à ces rubans collants qu’on mettait au plafond ?

Malgré l’effort de limiter le sujet d’emblée à l’objet de la sphère « matérielle », nous avons utilisé beaucoup de temps à définir « l’objet ». Il ne suffit pas d’une matérialité pour acquérir le statut « d’objet ». L’objet émerge sous l’effet du regard de l’homme et l’ancrage de l’objet se fait dans le désir du regardant.

Le zeste psychanalytique a eu la validation des neurosciences et d’Aristote. Il semblerait que celui-ci ait énoncé quatre critères pour définir un objet : « cause matérielle », « cause formelle », « cause efficiente » et « cause finale » (Il sera utile de trouver les références pour ces définitions ! Je zappe et laisse aux autres le soin de trouver sur internet…)

Dans l’idée du regard qui « crée » l’objet, nous évoquons le travail de F. Dagonet qui invite, selon ce que j’ai cru comprendre (c’est un auteur que je ne connais pas) de développer l’attention à l’objet. Dans le processus de l’attention, nous considérons notre capacité de donner « vie » à l’objet : il devient porteur d’un peu de notre âme.

J’ai été très sensible à l’évocation de la serpillère, mais j’aurais bien aimé mettre en question l’idée de la volonté de cet objet culte de la vie d’une femme (en voie de disparition, celle-ci. L’objet serpillère, faut-il le préciser ? Au risque de me laisser ranger dans la catégorie des féministes: la serpillère passe, les femmes restent….) La frustration de ne pas avoir eu la parole (inévitable puisqu’il y avait beaucoup de monde ce dimanche !) a été adoucis par la satisfaction d’entendre de la bouche des autres d’autres éléments qui composent notre « dépendance » à l’objet : le souvenir lie l’objet à une personne, une époque. Celui du moulin à café a eu pour moi l’effet de la madeleine de Proust…

Nous avons aussi évoqué notre vulnérabilité qui nous laisse s’accrocher à l’objet extérieur à défaut de pouvoir s’accrocher pendant des moments de flottement d’insécurité identitaire. (Nous avons évoqué la frénésie d’achat de vêtement des femmes suscitant dans le groupe un de ces petits moments délicieux de mouvement de réassurance identitaire!). Mais aussi, comment l’utilisation compulsive d’un objet pouvait tuer l’ennui qui, bien souvent, n’est qu’un refus de voir ce qu’il y a à faire dans le monde de peur de ne pas y arriver… Un passe-temps stérile qui va nous dévorer avant d’être né ? Est-ce qu’on a vraiment dit cela?

L’effet « compte rendu » opère : j’ai commencé la troisième mi-temps. Essayons de se recentrer sur ce qui a été évoqué….i l’objet n’est pas utilisé pour tromper l’ennui, il servira de transformer l’impossible en possible. Une affirmation audacieuse cherche à valider que l’objet nous transforme en sujets. Nous sommes dans l’épaisseur du sujet qui dépasse quelque peu ma capacité de travail « d’ordonnateur » que devrait être celui du rédacteur du compte rendu. L’objet rend possible l’atteinte d’un projet qui valide la trajectoire d’un sujet. Pierre-Yves (je le nomme parce qu’il a été nommé par une intervenante) a réagi magistralement à une tentative de rendre linéaire une séquence sujet – objet – projet compliquée par l’articulation d’espace temps/territoire pour restituer la complexité, la circularité : je regrette ne pas avoir pu noter le début de son intervention qui avait le défaut de dépasser en longueur ma capacité de concentration. Quand le discours parlé est trop dense, je n’arrive plus à suivre s’il est trop long. Or, je trouvais le début de son intervention particulièrement pertinent et je regrette de ne pas pouvoir le restituer. I

l me semble avoir entendu dans son raisonnement ce que j’apprécie dans la vie : cette circularité « spéculaire » qui fait progresser le monde, ou la rétroaction circulaire, pour utiliser un vocabulaire issu de la physiologie. Il s’y agissait peut-être juste de la mise en parole en jargon « philo » de ce dont nous a parlé le neuroscientifique au sujet de l’ancrage de l’objet externe dans l’intériorité du sujet regardant, déjà évoqué plus haut.

Cela pose donc clairement le problème de la restitution d’une parole et la difficulté à faire des comptes rendus: pour comprendre, je dois faire la traduction de ce que j’ai entendu dans mon « langage » propre (à ne pas confondre avec la langue, mais un vrai bagage « culturel » dans un sens très large) et puis pour transmettre, on cherche à utiliser les mots qui transmettent sans trahir avec plus ou moins de bonheur …

Après beaucoup de temps utilisé à définir « l’objet », il nous restait peu de temps pour disserter sur l’emprise de l’objet dans et sur notre vie. Mais le mouvement allait clairement vers la relation de pouvoir, Nous avons évoqué rapidement l’asservissement volontaire à l’objet. A chacun de se poser la question : je possède ou suis-je possédé ? Nous pouvons donc constater : même la relation aux objets matériels interroge notre capacité d’affirmer notre liberté de choix, notre liberté de sujet pensant. Mais l’emprise inaugurale de l’objet sur son utilisateur, n’est-elle pas nécessaire à chacun pour la prise en main de l’objet?

Nous avons évoqué l’importance de la «maîtrise » de l’objet, et cette maîtrise est dépendante de la transmission et de l’apprentissage. La tyrannie de l’objet (« Die Tücke des Objekts », un de ces mots qu’on traduit difficilement !) stimule l’intelligence humaine. Elle donne la butée nécessaire à sa pensée qui l’aide à pouvoir se dépasser. Pour faire le lien avec l’ennui : l’emprise positive est l’état amoureux d’une relation entre l’Homme et l’outil qui doit pouvoir se transformer en cohabitation créatrice. L’emprise négative, c’est l’isolement dans une captivité à deux, moi et l’objet, ou l’un n’existe plus sans l’autre.

Que peut-on ajouter d’autre ? J’ai assez parlé : à vos claviers ! pouette pouette la dame




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MessagePosté le: Sam 12 Fév - 02:08 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Okay Okay Bravo Bravo Maman tu reprends tes vieilles habitudes avec les cafés philo je suis content pour toi.
Mon salut à Eugène et à Andréa Very Happy trop forts.
Je vais participer comme je peux..... ourais Very Happy.


"Devons-nous tenir nos promesses? " tiens donc la tienne maman ça serait déjà bien.
Sans rancune je t'aime quand même Maman d'amour, tu aimes bien la franchise eh bein en voilà Smile

La sensibilité, force ou faiblesse ?celui là je te le laisse volontier, c'est ton truc.

......Tout pouvoir s'accompagne-t-il de violence et de domination? .... Celui là est pour moi hein Mamoute???

Pour ça "Suffit-il d'être indépendant pour être libre? " Very Happy on va demander à khalou Pirou d'sinscrire papa.

gaga Y'a plein de sujets pour papa.

Il faut mettre d'autres maman.
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Dernière édition par Erwan le Sam 12 Fév - 02:56 (2011); édité 2 fois
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MessagePosté le: Sam 12 Fév - 02:39 (2011)    Sujet du message: CAFE PHILO Répondre en citant

Smile Maman relis les répliques à khalou Ammar sans t'énerver.
je suis plutôt pour,mais avec toi un peu moins, tu es très evasive." répondre sans répondre" pardon Maman.
c'et bien mais tu extrapoles avec zèle.
khalou est précis mais toi tu fais tache d'huile .Mais bien quand même maman.
Pourtant c'est ton truc Very Happy tu ne devais pas être ton assiette.
Maman poste autre chose ya mieux.
Very Happy Papa veut s'inscrire pour café philo.

Khalou Pirou c'est la rubrique que j'aime le plus sur ce site, hormis les autres he he he he .
Kenavo.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:09 (2016)    Sujet du message: CAFE PHILO

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